Mylène est aide-soignante depuis cinq ans. Sous couvert de l’anonymat, elle accepte de témoigner : "J’ai été employée par plusieurs maisons de retraite du département et force est de constater que les directions pensent plus à la rentabilité qu’au bien-être des personnes âgées". Selon elle, le manque de personnel et le manque de formation sont les principaux facteurs de dérives dans les maisons de retraite.
"Les auxiliaires de vie doivent aller vite et ne peuvent prendre le temps de construire un travail d’autonomie, ou simplement de communiquer, avec la personne âgée. Travailler en flux tendus avec des personnes qui exigent du temps est le meilleur moyen pour qu’il y ait de la maltraitance. Il faudrait au moins une aide-soignante pour quatre résidents. En journée, nous sommes à peine dix pour près de cent résidents ! Les méthodes de certains de mes collègues me dégoutent et, pourtant, j’arrive à les comprendre. Non pas qu’ils ont raison de maltraiter les personnes âgées, mais qu’à force de subir soi-même la pression du travail, il est difficile de ne pas la décharger sur quelqu’un d’autre. C’est la triste réalité de l’appât du gain", conclut-elle.
A.D.






Commentaire