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Jean-Michel Aulas - Photo DR

OL : ce que cache le coup de gueule de Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - Photo DR

"Des pharaons et dinosaures" qui ont "pourri le vestiaire" : le président de l’Olympique Lyonnais n’y va pas par quatre chemins pour reprendre la main sur son club et sur le vestiaire.

La conjoncture économique est telle que l’OL, à l’image des autres clubs français et européens, est tenu de réduire son train de vie et sa masse salariale. Supporters et observateurs s’attendaient bien à une nouvelle politique du club, moins dépensière, avec des départs, quelques arrivées, éventuellement. Mais certainement pas dans les conditions qu’est en train d’imposer Jean-Michel Aulas. Car dans un entretien accordé au quotidien Le Progrès paru ce jeudi, le président de l’Olympique Lyonnais, cherche très clairement à remettre de l’ordre dans la maison bleue et rouge. Et pour le moment pas d'objectif précis en vue : on parle simplement d' "Europe".

Un vestiaire apaisé et des joueurs qui jouent

La double page a été réalisée Christian Lanier, journaliste au quotidien régional, et que Lyonmag a rencontré à plusieurs reprises. Joint par téléphone jeudi matin, il est encore étonné de l’entretien que Jean-Michel Aulas lui a accordé la veille au matin : "Il voulait réagir à un article du Progrès sur la reprise floue de l’OL. L’entretien a duré près d’une heure. Il était très remonté, il avait beaucoup de choses à dire. Au début, c’était chaud et après c’est devenu plus courtois. Mais c’était surprenant et inhabituel car, en général, il ne charge pas les joueurs." Cette fois-ci, il a accablé quatre de ces joueurs qui font partie des mieux rémunérés de l’effectif : Cris, Kim Källström, Aly Cissokho et Michel Bastos. Si la diatribe concernant les deux derniers n’est pas surprenante car l’OL espère leur départ depuis l’été dernier, celle évoquant les comportements de Cris et Källström est beaucoup plus surprenante au vu de leurs états de service depuis plusieurs années (depuis sept ans pour le capitaine et défenseur central, six ans pour le Suédois.)
"Deux ou trois pingouins ne veulent jouer que pour leur portefeuille. J’ai demandé aux joueurs d’être exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes. Je ne veux plus de mauvais état d’esprit dans le vestiaire", peut-on lire notamment. "Il rentre très clairement en guerre contre les gros salaires", nous explique Christian Lanier.

Tourner (enfin) la page Claude Puel

Avec ces quatre départs annoncés par Jean-Michel Aulas, le président pense ainsi oublier les années Claude Puel. Et certaines de ces décisions. "Cris ne peut plus rester avec nous. Claude Puel l’avait fait resigner car il le craignait. Le duo Koné-Lovren n’a pas trouvé ses marques car Cris a freiné leur évolution", explique-t-il. Mais accabler Puel sur le cas de Cris est un peu gros. L’OL a commis une erreur d’avoir prolongé de deux ans le contrat du Brésilien en 2010 alors qu’il vient de fêter ses 35 ans. On doute qu’il ait apprécié la sortie présidentielle. Il doit encore une année et ne partira sans doute pas sans qu’elle lui soit payée ou qu’elle soit honorée. Pour Kim Källström, le club indiquait, en novembre dernier, après lui avoir prolongé son contrat jusqu’en juin 2014 "qu’il fait partie des cadres sur lesquels l’OL compte pour encadrer ses jeunes et apporter ses qualités, sa grande expérience du très haut niveau". Avec 51 matches disputés la saison dernière, on a du mal à croire à un manque d’investissement de sa part et il est intéressé pour un départ. Pour Cissokho et Bastos, le cas est différent. Jean-Michel Aulas va totalement dans le sens des supporters qui reprochent notamment au Brésilien, plébiscité par Puel et acquis à Lille pour 18 millions d’euros, de choisir ses matches. Et la réaction du joueur n’a pas tardé : sur son compte Twitter, il annonce qu’il "préfère partir pour ne plus causer" de problèmes.

Agiter le mercato des gardiens en Europe

Cet entretien, rare pour le président Aulas qui n’a pas pour habitude de réagir à la "Loulou" Nicollin, est aussi l’occasion pour JMA de réaffirmer son influence sur les joueurs, qui le craignaient au début des années 2000. Avant le départ du groupe pour le stage d’été à Tignes, le président a d’ailleurs fait part de ses états d’âme à l’équipe : "Je crois que je n’ai pas été flou", insiste-il. Et Rémi Garde est une part importante de cette influence. Arrivés de jeunes joueurs dès sa première année (Dabo, Fofana, Umtiti), une seconde saison en chef de Tola Vologe, la découverte en moins… Le coach de l’OL a maintenant toutes les cartes en main pour être le relais d’Aulas dans le vestiaire, même pour les mauvais moments. Le premier d’entre eux concernera peut-être le départ d’Hugo Lloris. En indiquant que le portier international français était à vendre au 15 juillet au plus tard pour 20 millions d’euros, le président souhaite ainsi faire bouger le marché très fermé des gardiens de but. Mais si Hugo Lloris part à Barcelone, Milan, Arsenal ou Tottenham, ce n’est pas une petite pointure qui le remplacera dans les cages de Gerland, notamment en Ligue Europa. Cédric Carrasso, Stéphane Ruffier ou encore Benoit Costil, grand portier en devenir du Stade de Rennes sont sur les tablettes. L’option Rémy Vercoutre, comme l’a indiqué Rémi Garde, n’est enfin pas écartée par JMA, même si on ne le sent pas réjouit à l’évocation de cette idée : "On verra pour savoir s’il se sent à la hauteur. Rémy a fait pas mal de conneries la saison dernière, donc on verra (…) Mais je n’ai pas de raisons de penser que Rémy ne sera pas à la hauteur."
Jean-Michel Aulas réalise donc ici une sortie maitrisée, pour faire réagir joueurs, entraineur(s) et surtout supporters, qui s’attendent à un nouvel élan pour 2012-2013. "C’était un peu prémédité à mon avis", commente Christian Lanier. "Il avait prévu son coup pour reprendre la main."



Tags : Jean-Michel Aulas | ol | olympique lyonnais |

Commentaires 3

Déposé le 05/07/2012 à 23h21  
Par CHOCHOTTE Citer

ben voyons !
toujours la faute des autres comme d'hab

Déposé le 05/07/2012 à 23h20  
Par ARCHI Citer

Bien, tout le monde à l’air de trouver les déclarations d’Aulas formidables.
Je ne partage pas cet avis.
Encore une fois, empêtré dans les problèmes jusqu’au coup, JMA nous fait une sortie médiatique toute personnelle.
Si il y a une stratégie derrière tout cela, qu’elle est-elle vraiment ?
Est-ce à l’heure d’un mercato qui n’avance pas, faute de pognon, qu’il est nécessaire d’assommer et d’humilier sur la place publique des joueurs dont on souhaite se débarrasser sur l’autel du bilan salariale que l’on a soi même mis en place et paraphé.
J’y vois une double inefficacité.
D’une, le président, dans cette diatribe, pense réaffirmer une autorité qui n’est en fait, que la face cachée, voir clownesque de ses manquements des dernières années. Il simule à gros traits sa volonté d’affirmer une autorité perdue. Que n’a-t-il attendu toutes ces années? Il vient couvrir Garde (encore un de ses choix incertains) et montre, par la même, que ce dernier n’a pas maîtrisé le vestiaire.
De deux, quand on a pas le sou, on ne commence pas par dénigrer le « produit » que l’on veut mettre sur le marché en claironnant la liste des vices cachés. C’est de l’ordre de la connerie totale. Depuis des années, l’OL ne sait plus acheter, mais pire, il ne sait plus vendre et gaspille des millions d’euros par brouettes entières. Je ne ferai pas la liste des joueurs sur-achetés et partis pour que dalle.
Le déficit chronique est là, l’OL ne sait plus faire.
Quand à l’élégance de cette prise à parti, qu’en dire, si ce n’est qu’elle frise la vulgarité. JMA a perdu le peu de classe ou de vernis qu’il avait.
Que dire aussi des ses dithyrambes et ronds de jambes à l’égard du Psg depuis sa prise en main par les Quataris. les voila devenus nos meilleurs amis.
Tout est devenu formidable en L1 grâce à leurs millions de dollars (dont nous ne verrons pas l’ombre d’un billet). Nous les caressons dans le sens du poil, alors que c’est nous qui sommes devenus leur clébard.
Alors nous faisons gentiment le beau en levant docilement la papatte, avec toutes les flatteries utiles, pour essayer péniblement de se faire prêter des joueurs du banc, que nous n’avons même plus les moyens d’acheter, voire de salarier.
Quelle misère, quel ridicule.
N’y a-t-il pas, ailleurs dans le monde ce qu’il nous faut pour construire une équipe, que d’aller quémander auprès du PSG ?
Je ne comprends rien à toutes ces gesticulations. Certains on l’air de s’en satisfaire en imaginant qu’Aulas est le plus rusé de tous et que la botte secrète du Grand Stade va retourner la situation à notre avantage.
Ben, mes chers amis, une fois construit, il faudra bien les payer ce sacré stade pharaonique, et pendant de nombreuses années.
Nous ne construisons un terrain de foot avec des tribunes autour, pas une corne d’abondance.
5 juillet 2012 à 17 h 05 min

Déposé le 05/07/2012 à 23h20  
Par OiO Citer

c'est le crépuscule des dieux ...... oui sieur Aulas, hélas pour vous mais vous y avez largement contribué

qui donc a signé les contrats ?

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