Gerland ne doit pas s'habituer à l'inacceptable

Gerland ne doit pas s'habituer à l'inacceptable
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"Zombie Land", "Walking Dead"… Tout l’été, des habitants de Gerland ont utilisé ces références pour décrire ce qu’ils voient désormais dans leur quartier.

Derrière ces mots, parfois maladroits, il y a surtout une inquiétude profonde : la multiplication des scènes de consommation de crack au parc du Château des Mères, au square Ancel, place des Pavillons, mais aussi à proximité d’autres lieux fréquentés quotidiennement par les familles et les enfants.

Nous entendons cette inquiétude et mesurons sa gravité. Car derrière cette situation, il y a deux détresses : celle des riverains, qui doivent pouvoir vivre sereinement dans leur quartier, et celle de personnes souvent plongées dans une extrême précarité, confrontées à des addictions particulièrement destructrices.

À Lyon, la situation est préoccupante. Le rapport publié en juin 2026 par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives souligne la forte visibilité des consommations dans l’espace public chez des personnes en grande précarité, ainsi que leurs conséquences sociales, dans un contexte où les dispositifs de soins et d’hébergement sont déjà saturés.

Les familles doivent pouvoir emmener leurs enfants au parc sans craindre une seringue. Les habitants doivent pouvoir traverser une place ou s’asseoir dans un square sans être confrontés à des scènes de consommation, ni être empêchés dans leurs déplacements par des dealers.

C’est une exigence légitime et indiscutable des Gerlandais.

Tout l’été, la police municipale et la police nationale étaient présentes dans le quartier. Chaque mercredi, des professionnels de la réduction des risques et des dommages vont à la rencontre des personnes qui consomment des drogues pour prévenir les surdoses, limiter les risques sanitaires, créer le lien de confiance qui conduit vers le soin. Ce travail d’"aller-vers" a fait ses preuves, il doit être renforcé.

Mais cela ne suffit pas. Il faut une réponse plus forte, plus rapide et plus systémique pour sécuriser les habitants et traiter durablement les problèmes de fond.

La réponse au narcotrafic doit changer d’échelle : davantage de moyens pour les forces de sécurité et la justice, davantage d’enquêtes pour démanteler les réseaux, davantage de présence sur le terrain et une véritable stratégie pour empêcher la reconstitution des points de vente. Il faut s'attaquer aux réseaux qui alimentent la dépendance et génèrent de la violence et des drames sociaux.

Nous avons vu les effets de la brigade spécialisée de terrain à la Guillotière, nous en demandons une à Gerland pour rassurer la population et retrouver un quotidien apaisé.

Nous avons également besoin d'une grande politique nationale de santé publique contre les addictions, avec des moyens à la hauteur de la situation : davantage de places en addictologie, de professionnels de santé, d'équipes mobiles formées pour aller vers les personnes les plus éloignées des soins, de solutions d'hébergement et de mise à l'abri, d'un accompagnement psychiatrique renforcé, et d'un véritable parcours permettant de sortir durablement de la dépendance.

Il faut aussi avancer sans tabou sur des haltes soins addictions, pour accueillir les consommateurs et les amener vers le soin. Les exemples de Paris et de Strasbourg, comme ceux de nombreuses villes européennes, montrent que ces haltes fonctionnent : elles réduisent les risques et dommages sanitaires et contribuent à améliorer la tranquillité publique, en diminuant les consommations de rue. Notre ville est prête à accueillir une halte de soins addictions, aux côtés des acteurs lyonnais du soin et de la réduction des risques qui portent un projet depuis plusieurs années.

La mairie du 7ᵉ et la Ville de Lyon prennent leur part à la mesure de ce qu’ils peuvent faire.

Notre collaboration avec l’État doit aller plus loin.

Face à l’emprise du narcotrafic, nous avons besoin d'un État qui se mobilise sur l'ensemble du phénomène : la sécurité, bien sûr, mais aussi la santé, l'hébergement et l'accompagnement des personnes, aux côtés des acteurs de terrain, des habitants et des acteurs économiques. Gerland est un quartier historique qui change, qui accueille de nouvelles familles, des étudiants, des entreprises, de nouvelles écoles. Son évolution ne peut pas souffrir d'une image de quartier relégué, sous l'influence du narcotrafic. Nous n’accepterons pas cela.

Nous devons tenir les deux bouts de la chaîne : combattre les trafiquants et lutter contre la grande précarité.

Gerland ne doit pas s'habituer.

Gerland mérite une réponse publique et coordonnée à la hauteur de l'enjeu.

Fanny Dubot

Maire Les Écologistes du 7ᵉ arrondissement de Lyon, conseillère métropolitaine.

3 commentaires
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Logique le 04/09/2026 à 08:23

Il a aussi a venissieux ou c'est devenu la même chose. Tant qu'il y'aura des drogues a vendre dans ces secteur cela ne changera pas. Il faut attaquer les point de deal tout simplement.

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Solidarité 69 le 04/09/2026 à 08:15

Et un centre d'addictions contre la drogue qui fait des ravages dans le cerveau qu'est EELV-LFI ?

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maarrianne le 04/09/2026 à 08:10

On peut vraiment faire confiance aux escrologistes pour régler ces problèmes de sécurité... on peut voir leur brillants résultats tous les jours à Lyon....

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