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Dominique Hervieu, directrice de la Biennale de la Danse : “Filippetti ne m’a pas rassurée”

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Dominique Hervieu, directrice artistique de la Biennale de la Danse, était ce jeudi l’invitée de Jazz Radio dans l’émission Ça jazz à Lyon, proposée en partenariat avec Lyonmag.

Pour sa 15e édition, la Biennale de la Danse de Lyon a changé de visage. Guy Darmet a laissé sa place à la nouvelle directrice de la Maison de la Danse, Dominique Hervieu. Qui a déjà remporté son pari de réussir l'ouverture par un défilé dimanche dernier. Mais elle reste prudente : "Ah non il faut attendre. Il y a trois semaines tout de même avec 35 spectacles, 19 créations, 15 premières mondiales… Donc il y a encore beaucoup de surprises à voir. Mais c’est vrai que je suis un peu soulagé par le passage du défilé qui est un moment très important pour Lyon. Les choses que j’ai pour la première fois mises en place, par exemple le spectacle gratuit place Bellecour avec Mourad Merzouki devant 10 000 personnes, ont été un vrai succès."

 

Comme toujours, un spectacle ne récolte jamais l'unanimité. Certaines voix se sont élevées pour dénigrer le défilé. Mais Dominique Hervieu les considère tout en prenant soin de ne pas les mettre en avant : "D’après mes collègues, c’est un peu chaque année la même chose. "C’est toujours moins spectaculaire que l’année d’avant"… Il y a 300 000 personnes dans la foule, c’est normal que les goûts s’expriment. On m’a dit de ne pas du tout m’inquiéter parce que chaque année c’est pareil. Mais en tout cas, chez les gens que j’ai vu et les participants, c’est le plaisir qui domine et l’enthousiasme pour cette manifestation."


Malgré quelques critiques, le défilé aura attiré pas moins de 300 000 personnes. Dominique Hervieu peut-elle s'attendre à avoir la même affluence aux spectacles ? : "C’est un peu plus compliqué que ça. C’est le rêve bien sûr et l’objectif. On arrive autour de 100 000, ce qui est un record. Pour la danse, c’est tout à fait exceptionnel. C’est proche des chiffres du festival d’Avignon par exemple. On devrait cette année être dans les mêmes niveaux."

 

Nouvelle directrice artistique, nouvelles directives. Dominique Hervieu a toutefois voulu donner un ton inédit en gardant l'héritage de son prédécesseur : "La couleur, c’est la couleur de la diversité. Garder comme Guy Darmet ce goût pour des esthétiques très contrastées comme le hip-hop et les danses de Bali. Ce sont de grands écarts esthétiques, je pense que c’est une des forces de la Biennale de Lyon : ne pas exclure de style de danse."

 

Parmi cette multitude de spectacles, certains auront une résonance médiatique plus importante. Dominique Hervieu en a conscience : "Moi j’ai eu un vrai coup de cœur avec Bali puisque ce sont des formes que j’ai beaucoup étudiées. Je pense que c’est aussi important qu’il y ait un grand moment de culture ouverte sur le monde. C’est à dire sortir un peu de l’ethnocentrisme et voir des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir et qui font partie d’un patrimoine immatériel. Ce sont des fondamentaux de la culture et je pense que c’est très important de montrer ça aujourd’hui.

Évidemment j’aime toutes les créations. Je les ai programmées avec confiance. On peut penser à Maguy Marin qu’on attend et qui sera un grand moment."

 

Le problème de la danse, par rapport à la musique des Nuits de Fourvière ou au cinéma du Festival Lumière, c'est qu'elle n'est pas forcément grand public. Quels efforts ont été faits pour s’ouvrir au public ? : "Ce n'est pas vraiment des efforts, c’est plus une écoute qu’il faut avoir auprès des artistes. Eux sont dans des formes très ouvertes qui convie le spectaculaire, le politique, l’intimité, la force critique, qui vont vers d’autres disciplines comme le théâtre ou la magie."

 

Aurélie Filippetti, ministre de la Culture était présente dimanche lors du défilé. Le futur de la Biennale a été évoquée en cette période de vaches maigres au ministère. S'est-elle montrée rassurante ? : "Non elle a été très prudente. Le budget 2012 a épargné les arts vivants. Je ne sais pas si pour 2013 ce sera la même chose. Elle a vraiment indiqué qu’il y aurait des resserrements mais je ne sais pas si ça influera sur les arts vivants."

 

Et la maison de la danse qui doit ouvrir en 2018 à la Confluence ? : "Gérard Collomb lui en a touché un mot surtout. Mais elle est un peu dans la même tonalité, c’est-à-dire "voyons d’abord où on en est" mais elle a une vraie considération pour la danse à Lyon. Elle sait que ce projet est légitime. On parle souvent de Lyon comme de la capitale mondiale de la danse donc elle a été très sensible à cette dimension et donc à l’écoute."

 

La Biennale durera jusqu’au 30 septembre.



Tags : ça jazz à lyon | Biennale danse |

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