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Pascal Wilder - LyonMag

Pascal Wilder, président de la fédé du Rhône des taxis indépendants : “A Lyon, 150 à 200 taxis sont en danger”

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Pascal Wilder, président de la Fédération du Rhône des Taxis Indépendants, était l’invité ce jeudi de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.

Une grande mobilisation des taxis est prévue jeudi. Comme dans plusieurs grandes villes de France ces dernières semaines ou ces prochains jours, le but est de s’opposer à la nouvelle loi de financement de la sécurité sociale.
A Lyon, les taxis se sont rassemblés à 7h à Gerland. Les estimations font état de 700 à 1000 voitures.
"On va faire une opération escargot en laissant une voie de libre pour que les secours puissent passer. Le but n’est pas de bloquer totalement la circulation. Ca va faire un blocage artificiel, malheureusement on en est conscient. On démarre en direction du pont Pasteur, on prend l’autoroute A7, on repart sur le pont Gallieni, l’avenue Berthelot, le boulevard des Tchécoslovaques, le boulevard Vivier-Merle puis la rue Servient. On s’installera tout autour de la préfecture. Puis on sera reçu à l’Agence Régionale de Santé à 13h30 et à la Préfecture à 15h. Les rendez-vous dureront entre 30 minutes et une heure. Enfin on raccompagnera les collègues venus de loin à l’autoroute."

Cette nouvelle loi de financement 2013 de la sécurité sociale inclut qu’à partir de l’an prochain les hôpitaux pourront éventuellement lancer des appels d’offres pour le transport des patients qui vont vers les consultations ou les hospitalisations.
"Ca on n’en veut pas, explique Pascal Wilder. On préfère prévenir que guérir pour rester dans un thème médical. La loi est sortie, les décrets d’application ne sont pas encore sortis donc on veut peser, on veut négocier. Car à ce jour, on nous a sorti les textes sans aucune négociation."

Quelles sont les craintes des taxis ?
"On craint de perdre totalement notre travail. On sait que sur ces appels d’offre, un petit taxi ne pourra jamais être au top pour répondre face aux gros groupes comme les Hospices Civils de Lyon. On a déjà vécu ça avec les transports scolaires où on a entièrement perdu le marché. Mes collègues, surtout les ruraux, c’est 100% de leur chiffre d’affaire qui part. On estime qu’on a entre 150 et 200 taxis de la ville de Lyon  qui ne font que ça aujourd’hui. Et il y a encore la moitié des taxis qui font ça de temps en temps. On ne pourra plus vivre. Alors on ne mettra peut-être pas la clé sous la porte tout de suite, mais dans les années à venir… On ne viendra pas grossir les rangs du chômage car on ne cotise pas mais on viendra grossir ceux du RSA. Est-ce que c’est la bonne solution ?"

Si le gouvernement veut prendre cette décision, c’est parce que la cour des comptes estime que le budget des courses des taxis indépendants pèse trop lourd sur les caisses de la sécurité sociale.
"On est entièrement d’accord. Mais le problème c’est qu’ils veulent optimiser les transports d’une manière qui va nous mettre en difficulté financière et amener une très mauvaise qualité de service. Nous on a des propositions à faire. Quelque chose de très simple par exemple : le transport partagé. Eux ils aimeraient le faire de manière très théorique en transportant des gens sans regarder les pathologies mais simplement le lieu d’habitation. Ils les prendraient le matin et les ramèneraient le soir, même si les patients n’ont que 10 minutes de soins. Je pense que ce n’est pas une bonne qualité de service.
Nous ce qu’on propose, par exemple pour le centre de dialyse, c’est que lorsqu’ils ont deux patients qui habitent dans le même secteur, ils optimisent eux-mêmes le service en les recevant en même temps.
On nous demande de nous organiser, il faut aussi que les médecins soient peut-être un peu plus regardants sur leurs prescriptions, même si on perd quelques courses. Mais on est tous redevables, on paye tous des cotisations sociales. Il faut mieux gérer mais pas au détriment de la qualité."


D’autres opérations escargots seront organisées si rien ne bouge ?
"On prévoit de monter en puissance et l’ultime recours, ca sera d’envoyer tous les taxis à Paris."



Tags : ça jazz à lyon | taxis |

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