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Guillaume Decitre - LyonMag

Guillaume Decitre sur son plan d’économies : “Pour que Decitre fasse le dos rond pendant la crise”

Guillaume Decitre - LyonMag

Guillaume Decitre, PDG du groupe Decitre, était l’invité ce jeudi de Jazz Radio pour l'émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.

Une page va se tourner pour Decitre. A Lyon, la librairie historique du 6 place Bellecour va fermer. Elle avait été ouverte en 1907. C’est un crève-cœur ?
"Alors ce n’est pas un crève-cœur parce qu’on a toujours notre très belle librairie du 29 place Bellecour. On va regrouper notre librairie des langues avec celle-ci. Mais effectivement, elle est là depuis 100 ans, je l’ai connu enfant. Il y a un côté nostalgique même si on a ouvert il y a un an une librairie à Confluence, c’est la vie des affaires !"

Comment va se passer ce regroupement place Bellecour ?
"Depuis plusieurs années, les clients nous disaient "Vous avez deux librairies place Bellecour, ça serait bien de les regrouper parce que ce serait plus pratique pour nous". Avec l’arrivée à Confluence et la conjoncture qui n’est pas très simple, on a pris cette décision. Toutes les activités seront regroupées au 29 et le 6 fermera dès le 5 mai. On rouvrira celle du 29 le 11 mai après des travaux, on va repenser la librairie pour qu’elle soit plus agréable pour nos clients.

La deuxième grosse mesure de ce plan d’économies, c’est la mise au chômage partiel de vos 400 salariés répartis sur les neuf librairies de Decitre. Comment le ressentent-ils ?
"Alors on n’appelle plus ça chômage partiel mais activité partielle. Concrètement, comme beaucoup d’entreprises en France, on a vu une petite baisse d’activité (4%) dans nos magasins.  Et comme l’activité est saisonnière, l’essentiel des ventes se fait entre fin août et fin décembre, on demande à toutes nos équipes de travailler 10% de moins avec un salaire maintenu. L’Etat prend à sa charge les 10% restants. C’est du win-win-win : pour le client, le service Decitre est conservé – pour l’entreprise, ca permet de faire des économies conséquentes – pour l’Etat ca évite des plans de licenciement. Je m’engage à ne pas en faire pendant un an et demi. La période nous permet de faire le dos rond et en parallèle, on a tout un tas d’activités qui croissent comme Internet, Confluence ou les livres numériques."

Comment le prennent les équipes ?
"Très largement, les équipes de Decitre comprennent ce qu’il se passe. Il y a toujours un petit peu d’inquiétude. Il faut comprendre qu’une entreprise doit se développer. Decitre n’est pas du tout sur le point de déclarer faillite. Mais le marché du livre est en pleine mutation et il faut qu’on ait des moyens pour s’adapter."

Sur 2012, le marché du livre a connu une baisse de 3%. On résiste plutôt mieux que l’automobile ou l’immobilier. Il y a cependant la montée en puissance du livre numérique, on a dépassé les 100 000 ebooks vendus depuis quelques mois.
"Dans nos magasins, il y a cinq ans, on vendait 90% de livres et 10% de papeterie. Aujourd’hui,  on est plutôt sur du 80-20. On est donc absolument convaincu que du livre papier, il va s’en vendre encore très très très longtemps. On veut continuer à offrir un service de libraire de grande qualité avec des équipes extra tout en gagnant de l’argent pour payer tout ce qu’on doit payer."

S’installer à Confluence, c’était une bonne idée ? Parce qu’on entend certains magasins dire que c’est très calme à part durant les vacances scolaires et les week-ends.
"On est ravi d’être à Confluence. On voit une activité durant la semaine qui est plus calme que ce qu’on avait imaginé mais le week-end, on a plus de monde que ce qu’on avait imaginé. Je rappelle que l'on est dans un quartier en plein expansion et il faut se projeter sur une échelle de temps qui n’est pas de quelques mois mais de plusieurs années."

Il y a quinze jours, vous avez été reçu avec les autres professionnels du livre par François Hollande. J’imagine que vous lui avez fait part des difficultés rencontrées par votre secteur. A-t-il pu vous rassurer ?
"Il y a un certain nombre de mesures qui a été annoncé quelques jours après par la ministre de la Culture à l’occasion du salon du livre. Moi je suis assez pragmatique donc j’attends quand même de voir concrètement ce qui va se mettre en place. On a des sujets de concurrence potentiellement déloyale, notamment avec les Etats-Unis, sur lesquelles je pense que le gouvernement a un vrai rôle à jouer."

Les Lyonnais vont continuer à acheter des livres selon vous ?
"Avec la sortie de quelques grands titres, on a fait un très beau mois. Des centaines de milliers de personnes viennent à Decitre tous les mois, je les remercie."



Tags : ça jazz à lyon | Decitre |

Commentaires 4

Déposé le 17/10/2013 à 11h49  
Par Justicia Citer

Interview lénifiante et hypocrite :
"On est ravi d’être à Confluence."
"Très largement, les équipes de Decitre comprennent ce qu’il se passe. Il y a toujours un petit peu d’inquiétude. "
"Alors on n’appelle plus ça chômage partiel mais activité partielle. "

"C’est la vie des affaires !"

Oui, les affaires avant tout, les salariés après, les licenciés harcelés.

Déposé le 11/10/2013 à 16h20  
Par Economie Citer

Combien les fonds de pensions possèdent-ils de part dans la structure Decitre ?

Déposé le 11/10/2013 à 15h05  
Par Justicia Citer

La société qui possède Decitre, via Guillaume Decitre, a son siège social au Luxembourg.

Déposé le 27/09/2013 à 15h58  
Par Justicia Citer

Decitre n'a pas attendu la crise pour faire des licenciements injustifiés. Une consultation du greffe des Prud'hommes de Lyon serait édifiante, et ferait un bon article.

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