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Romain Blachier - DR

Je n’habite pas en province !

Romain Blachier - DR

Pauvre naïf que je suis ! Je croyais pourtant que je vivais à Lyon, entre Saône et Rhône, entre Beaujolais, Côtes du Rhône, Côteaux du lyonnais et eaux du Grand Lyon.

C'était jusqu'à ce que j'apprenne, il y a de cela une paire de décennies, par des copains parisiens, puis la télé, puis le web, puis chaque jour ou presque, que loin d'être Lyonnais, j'étais en province.
Oui en province, pas à Lyon ! Eh ben ! La stupéfaction m'a étreinte de ses doigts gourds.

Une fois libéré de celle-ci (nous sommes restés bons amis) je me suis demandé où était ce curieux endroit que la province.
Du latin provincia, qui désigne au gros une colonie, la province est en fait la zone, vaste et française autour de Paris et de sa banlieue. C'est pas plus compliqué qu'une phrase de Gnafron mon gone !
Les provinciaux, le nom des gens qui habitent ce lieu mal déterminé, sont divers mais toujours typiques. Ce sont de braves gens au visage buriné qui oscillent entre air pur et rudesse derrière laquelle se cache en fait un cœur d'or, surtout les gens du nord qui ont un soleil dans le cœur et sont rigolos au cinéma avec Dany Boon ou à la télé avec les Ch'tis à Miami.

Il y a aussi d'autres variétés de provinciaux comme les Corses qui sont fiers et ombrageux mais font de très bonnes charcuteries dans une île très belle. Ou les Bretons qui t’accueillent toujours avec le cidre et la galette. Ah il y a aussi les Marseillais qui sont si baratineurs mais qui ont un accent marrant. Ou les Auvergnats qui tiennent des brasseries et sont si pingres. Les Lyonnais ? Ah c'est moins défini mais ils sont froids et ils mangent des quenelles...

La province est un bel endroit plein de gens typiques mais on s'y ennuierai si on écoute quelques grandes plumes: "La fenêtre, en province, remplace le théâtre et les promenades", disait Gustave Flaubert et même pas dans son dictionnaire des idées reçues.
Les Goncourt eurent la plume plus acérée encore : ils couchèrent sur le papier que pour un provincial, la pluie devenait une distraction. Heureusement qu'il restait les grands artistes parisiens pour daigner faire quelque tournée afin de distraire le bon peuple qui s'ennuie en ces terres lointaines.

Au jeu des citations Lyon fut, au temps de sa vie de belle endormie, considérée autrefois comme la capitale de la province. La phrase est, on le sait peu, du méconnu Albert Thibaudet, spécialiste de Montaigne et politiste qui eu quelques moments de succès jusqu'à son décès en 1936.
Mais reconnaissons aussi une chose: le "provincial" est souvent lui aussi partie prenante dans cette histoire de cliché : il ne doit surtout pas dire qu'il aime Paris et doit trouver lui aussi divers poncifs sur les habitants qui résident dans la capitale et ses périphéries. Muni d'une voiture (ou d'un tracteur dans l'imaginaire du Parisien ?) il aura tendance à klaxonner tout appareil à moteur qui afficherait une provenance d'une subdivision de l'Ile-de-France quelconque.
Bref cette subdivision paternaliste Paris/Province est stupide mais reflète hélas une certaine réalité mentale. Pourtant le monde a bien changé depuis Flaubert. Surtout à Lyon. D'ailleurs j'men fiche je ne suis ni Parisien ni provincial, je suis Lyonnais. Prends ça Gustave !

Retrouvez tous les billets de Romain Blachier sur son site.

Romain Blachier



Tags : blachier |

Commentaires 39

Déposé le 22/07/2013 à 11h45  
Par romainblachier Citer

Daniel a écrit le 21/07/2013 à 22h15

Né à Lyon, j'atteste bel et bien que ma ville mérite son surnom de belle endormie.

Pour la vie diurne, on vit aussi bien à lyon qu'à Paris. Voire mieux. Les transports sont de meilleurs qualité et on va globalement plus vite d'un point A à un point B.

Par contre la vie nocturne, c'est autre chose. Alors oui, c'est un peu animé le vendredi et le samedi, mais pour une agglo de plus d'un million d'habitants, c'est pas exceptionnel. Le reste de la semaine, c'est mort de chez mort dés 23h, même avant en hiver.
Il n'y a vraiment pas beaucoup de boites de nuit valables intra muros et, quoi qu'on en dise, très peu de vie la nuit (et la nuit, c'est pas diner un peu tard au restaurent). A part la rue des soiffards, il est très difficile pour un néophyte d'identifier les endroits ou il pourra aller s'amuser la nuit, tant ils sont éparpillés.
Une théorie cependant : j'ai pu constater que les lyonnais étaient beaucoup plus casaniers que les parisiens quand ils bossent le lendemain. Peut être que si y'a pas trop de quoi faire la nuit, c'est parce qu'il n'y a pas de demande.

Lyon a eu beaucoup de surnom mais pas celui-là. Par contre elle a longtemps eu la réputation en effet de ne pas avoir de vie nocturne. Aujourd'hui c'est assez différent, même si il faut fouiller un peu c'est vrai, même si le phénomène que vous décrivez sur les veilles de travail est exact.

Déposé le 22/07/2013 à 11h43  
Par romainblachier Citer

Benoît de Valicourt a écrit le 21/07/2013 à 22h10

Mais ça veut dire quoi être Lyonnais ? Parce qu' à part dégraisser un costume tâché dans un bouchon par un tablier de sapeur à cause de deux gones turbulents, je me demande bien pourquoi il y aurait une différence entre un Lyonnais et un Bordelais à l'heure de la mondialisation dans un pays où finalement les distances font qu'on ne se sent plus habiter à dache tant l'on peut trabouler d'un bout à l'autre de l'Hexagone sans oublier ses racines tout en acceptant d'être avant tout Français !

Sérieux Benoit, après toutes ces années à faire de la politique à droite pour notre ville, vous considérez que Lyon est n'importe quelle ville? Pas moi.

Pour répondre à la question sur l'identité, on peut être européen, lyonnais, français et se sentir à l'aise dans ces trois identités.

Déposé le 22/07/2013 à 11h10  
Par Pas fier d'être lyonnais Citer

Cela ne veut rien dire d'être lyonnais, d'ailleurs souvent on n'y peut rien. J'ai de la chance j'aurais pu naître sur les trottoirs de Manille. C''est quoi ses conneries?" Fier d'être lyonnais? Ah ! Bon, comment peut-on être lyonnais ? Y a-t-il un examen, un concours que l'on a réussi pour être ainsi fier?
Ceci dit le Lyonnais que je connais bien puisque j'en fait partie, est un être froid, indifférent, quand on lui adresse la parole, il vous prend pour un dingue, il appelle la police. Allez voyagez, visitez d'autres villes, à l'étranger, vous apprendrez, vous verrez des gens sympa, abordables et pas coincés. Je hais ce chauvinisme de bas étage qui repose avant tout sur la bêtise, et l’ignorance, qui crée des conflits sans cause réelle, des conflits inutiles. Vive l’humanité, c’est tout et beaucoup

Déposé le 22/07/2013 à 11h03  
Par Il a habite dans un "territoire"! Citer

Non vous habitez "dans les territoires" comme on dit au PS!

Déposé le 22/07/2013 à 10h31  
Par lindilou69 Citer

un debat qui n a pas lieu d etre mais les parisiens auront toujours ce sentiment d etre au dessus , pourtant Lyon n'a rien à envier à Paris ...

Déposé le 22/07/2013 à 09h26  
Par Les idioties du socialisme Citer

En tant que socialiste qui prône l'égalité pour tous et lutte contre toutes les stigmatisations, il ne devrait pas exister de noms de ville différents de Paris afin de ne pas stigmatiser les populations provinciales.

Déposé le 21/07/2013 à 23h10  
Par maman246 Citer

tout a fait d'accord JE SUIS LYONNAISE!!!!!

Déposé le 21/07/2013 à 22h15  
Par Daniel Citer

Né à Lyon, j'atteste bel et bien que ma ville mérite son surnom de belle endormie.

Pour la vie diurne, on vit aussi bien à lyon qu'à Paris. Voire mieux. Les transports sont de meilleurs qualité et on va globalement plus vite d'un point A à un point B.

Par contre la vie nocturne, c'est autre chose. Alors oui, c'est un peu animé le vendredi et le samedi, mais pour une agglo de plus d'un million d'habitants, c'est pas exceptionnel. Le reste de la semaine, c'est mort de chez mort dés 23h, même avant en hiver.
Il n'y a vraiment pas beaucoup de boites de nuit valables intra muros et, quoi qu'on en dise, très peu de vie la nuit (et la nuit, c'est pas diner un peu tard au restaurent). A part la rue des soiffards, il est très difficile pour un néophyte d'identifier les endroits ou il pourra aller s'amuser la nuit, tant ils sont éparpillés.
Une théorie cependant : j'ai pu constater que les lyonnais étaient beaucoup plus casaniers que les parisiens quand ils bossent le lendemain. Peut être que si y'a pas trop de quoi faire la nuit, c'est parce qu'il n'y a pas de demande.

Déposé le 21/07/2013 à 22h10  
Par Benoît de Valicourt Citer

Mais ça veut dire quoi être Lyonnais ? Parce qu' à part dégraisser un costume tâché dans un bouchon par un tablier de sapeur à cause de deux gones turbulents, je me demande bien pourquoi il y aurait une différence entre un Lyonnais et un Bordelais à l'heure de la mondialisation dans un pays où finalement les distances font qu'on ne se sent plus habiter à dache tant l'on peut trabouler d'un bout à l'autre de l'Hexagone sans oublier ses racines tout en acceptant d'être avant tout Français !

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