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Issam Benzeghiba - DR

La jeunesse est une idée neuve en politique

Issam Benzeghiba - DR

"Manque d’expérience", "trop jeune", "trop léger", "trop sensible", "pas assez costaud", "pas les épaules"

Voilà à peu près les lieux communs qu’on entend lorsqu’on s’engage dans la vie de la cité à moins…de 40 ans.

 

Et pourtant, l’expérience n’est pas une question d’âge, tout comme l’envie, la détermination et la qualité du travail ne dépendent pas non plus de l’année de naissance. On attend d’eux autant que leurs ainés mais en ne leur pardonnant rien du fait de leur âge. Autant d’exigence à leur égard et moins d’indulgence à la fois. Allez comprendre…

On réalise de suite en tant qu’élu que, bien que jeune, on fait partie du "pot commun" des "politiques" et que cette spécificité de l’âge ne trouve pas à se valoriser dans un système comme le nôtre.

Par analogie, on pourrait établir le lien avec celui de l’enfance et de l’âge adulte où le seul souci de la société est de faire grandir au plus tôt les enfants et d’en faire des adultes avant l’heure en ne mesurant pas que pour chaque étape il y a un temps dévolu, des apprentissages bien sûr et une consolidation à accompagner.

 

Jeune, on est bien isolé dans les assemblés élues, de facto il faut se fondre dans le moule et surtout prêter allégeance au discours commun et au conformisme ambiant sous le regard toujours condescendant des "anciens", des matois qui en ont vu d’autres et nous le font bien comprendre avec plus ou moins de tact et d’intelligence d’ailleurs.

Mais au panier alors les idées nouvelles !

 

La jeunesse est touchée de plein fouet par les différentes crises que l’on connait. Elle ressent avec plus de force les caprices du marché et d’un système de plus en plus dérégulé ; que ce soit celui du travail, du logement... Se soucier de la jeunesse n’est pas autre chose que d’anticiper demain à l’échelle du pays, la jeunesse sera toujours moteur fort logiquement et mécaniquement elle hérite et assume déjà les conséquences du passé.

 

Pierre-Mendès France disait que "La jeunesse n’est pas une classe ; elle participe à l’ensemble des catégories du pays. Mais dans chacune de ses catégories, dans chacune de leurs activités, la jeunesse subit, plus profondément que les autres parties de la Nation, les conséquences bonnes ou mauvaises des décisions qui sont prises par l’État".

 

Alors comment fait-on pour la représenter, pour lui donner un autre porte-voix que celui utilisé lors des manifestations ? Au moment où une régénération de la classe politique est en route un peu partout, en Espagne, Italie, au Canada, on peut légitimement se poser la question de savoir "et chez nous c’est pour quand ?".

 

On nous fatigue à longueur d’année en nous indiquant que les Français sont "prêts". Mais au final, prêts à quoi ?

 

Notre pays, notre région, notre métropole, nos communes ont des atouts formidables. Une ressource humaine pleine d’envie, d’idées, laissons-là s’exprimer. Faisons-en sorte de lui laisser une place, un lieu d’expression, une tribune… De nombreuses initiatives connaissent un succès certain, je veux parler des Conseils des Jeunes notamment, qui existent dans plusieurs villes de la Métropole et notamment à Lyon ; où il faut bien le dire la participation citoyenne (au sens large) est bien plus avancée qu’ailleurs. Saluons aussi l’installation du Comet (Conseil métropolitain des jeunes) qui a eu lieu le mois dernier.

 

Alors ces jeunes qui s’engagent, il faut les aider, les pousser, les inciter… Le "renouvellement" tout le monde le défend, tout le monde en parle mais pas grand monde ne se l’applique. La vie politique lyonnaise connait petit à petit ce renouvellement et ce rajeunissement. Tant mieux !

 

Le sujet est d’importance et il ne s’agit pas de rester dans l’incantation, de faire du "jeunisme", de la "discrimination positive" ou encore de pointer telle ou telle formation politique, mais simplement de redire que demain se fera nécessairement avec cette jeunesse ou tout du moins pas sans elle. Le non-cumul devait aussi aider en ce sens mais là encore les reculs successifs (et à venir ?) freinent l’émergence d’une "new generation". La jeunesse ne doit pas être l’éternelle "grande oubliée" ni la "grande espérée" mais plutôt la "grande désirée".

 

Il devient urgent de la considérer, de l’intégrer aux décisions qui sont prises au risque qu’elle ne continue de se détourner de la vie de la cité et peut-être même définitivement. Alors oui, la jeunesse (comme le bonheur) est une idée (et une priorité) résolument neuve !

 

Issam Benzeghiba est élu PS à Meyzieu et est professeur agrégé d'économie



Tags : benzeghiba |

Commentaires 12

Déposé le 21/04/2016 à 10h36  
Par popof Citer

hamtidemarseille a écrit le 18/04/2016 à 10h59

Bien sûr qu'il convient de considérer cette jeunesse, c'est le mal de la France de parler que des retraites comme s'il fallait résoudre la crise par les retraites et non par l'emploi pour nos jeunes...
Nos jeunes sont oubliés, n'en déplaise à ce monsieur qui rappelle 68. Cet étendard là n'est plus valable, le monde a changé. Il faut accepter et prendre conscience rapidement que sans nos jeunes, pas d'avenir. Ce n'est pas en les traitant de fainéants qu'on avancera.
Quel honte, où est donc le coeur des français ?
Mettons le paquet là où il le faut à l Education pour tous, mettre la notion d'égalité à sa place. On est un pays des droits de l'homme n'est ce pas ?
Allez..revenons à l'essentiel, se dire que la jeunesse a de l'espoir, et de voir simplement un jeune qui sourit de nos jours en France devrait nous transmettre l'espoir.
Ce n'est pas de l angélisme, c est être dans le vrai.
M. BENZEGHIBA est un jeune prof de science économique, il sait certainement de quoi il parle.
Il y est tousles jours dans la réalité de nos jeunes.
Allez faire un tour dans nos écoles, pour les plus sceptiques et vous saurez.

il est dans la réalité des lycéens!
ceux qui n'ont pas encore connu le monde du travail ou la sélection post bac... et qui d ailleurs ne votent pas encore pour la plus part

on ne peu pas se dedouaner de nos responsabilité en disant que les jeunes ont raison..
non, ils n ont pas encore assez de recul et ne connaissent pas certaines réalité ou vérité, comme payer un loyer, des impôts, ... être un compétiteur sur le marché du travail, un bon collaborateur...

se serait de la acheter que de croire qu ils ont raison, sans essayer de prendre du recul et d analyser la situation

les jeunes viennent avec du ressentie, des émotions,... pas de vérité, ni des réalité
ils réagissent a chaud.. sans prise de recul.. a un message que leur délivrent les pro-sinistroses de notre pays (les politiques, les profs, les syndicats,...)

Mai 68 a permis de mettre sur le devant de la scène des jeunes... qui ont finalement roulé pour eux, et ont confisqué le pouvoir et la parole... aujourd'hui, ces jeunes ont 75ans,... et sont toujours la! au meme endroit

si les "vieux" avaient eu le cran de vouloir faire bouger les choses, on n en serait pas la aujourd'hui! nous avons eu le droit de voter et de changer les choses avant que ces enfants de 18ans n ai le droit de voter!! et qu avons nous fait??? rien!

donc on assume, on vote, et on se révolte..

NB: je ne crois pas que nuit debout soi la solution... pas de leader, pas de responsables, donc pas de messages clairs...

Déposé le 20/04/2016 à 12h07  
Par VP69 Citer

Je veux bien paraitre jeune et me dire que j'ai encore tant à faire dans ce qui me reste de vie. Je déborde d'énergie mais je sais bien que cela est bien éphémère. J'ai œuvré à construire ma vie et au vu d'ou je viens, je crois que j'ai bien réussi.
Si je dis cela c'est bien pour penser à la jeunesse qui se construit et qui n'aura pas les mêmes atouts.
Les postes clef en politique ou dans la société sont défendus par des gens qui cumulent et s'enrichissent et qui n'aiment rien partager.
Toutes les idées sont bonnes et peuvent enrichir le débat. Nous formulons les nôtres mais ou recueille t-on celles des jeunes? Les réseaux sociaux sont t-ils pour eux les seuls lieux d'expression?
L'explosion du système et l'anarchie pourrait venir de ces réseaux qui pourraient désinformer et intoxiquer cette jeunesse qui verrait là la seule écoute à leurs préoccupations.

Déposé le 18/04/2016 à 10h59  
Par hamtidemarseille Citer

Bien sûr qu'il convient de considérer cette jeunesse, c'est le mal de la France de parler que des retraites comme s'il fallait résoudre la crise par les retraites et non par l'emploi pour nos jeunes...
Nos jeunes sont oubliés, n'en déplaise à ce monsieur qui rappelle 68. Cet étendard là n'est plus valable, le monde a changé. Il faut accepter et prendre conscience rapidement que sans nos jeunes, pas d'avenir. Ce n'est pas en les traitant de fainéants qu'on avancera.
Quel honte, où est donc le coeur des français ?
Mettons le paquet là où il le faut à l Education pour tous, mettre la notion d'égalité à sa place. On est un pays des droits de l'homme n'est ce pas ?
Allez..revenons à l'essentiel, se dire que la jeunesse a de l'espoir, et de voir simplement un jeune qui sourit de nos jours en France devrait nous transmettre l'espoir.
Ce n'est pas de l angélisme, c est être dans le vrai.
M. BENZEGHIBA est un jeune prof de science économique, il sait certainement de quoi il parle.
Il y est tousles jours dans la réalité de nos jeunes.
Allez faire un tour dans nos écoles, pour les plus sceptiques et vous saurez.

Déposé le 17/04/2016 à 17h51  
Par Jeunesse rebelle Citer

C'est sur,95/100 de carriéristes ,s'octroyants des augmentations,s'accordants des retraites qu'on ne peut imaginer, tous frais payés ,ect.... N'ont pas envie de passer la main,si ils ne font pas partis de ce cercle restreint ,qui ne pensent plus qu'au fric et aux pouvoirs. Car,la fonction présidentielle ainsi que son gouvernement n'a plus les mêmes pouvoirs qu'auparavant quand on étaient français. L'Europe a était construite pour le bonheur de la finance mondiale et non pas pour les peuples.sinon, nous aurions tous les mêmes contraintes ,les mêmes droits ,les mêmes acquis ect... Là où la finance c'est trompé ,c'est que les fondations de l'Europe sont devenu très instables,car sans l'adhésion des peuples elles est voués à l'échec.

Déposé le 17/04/2016 à 16h03  
Par mic123 Citer

Ce monsieur n'était pas né en 1968.....la jeunesse était dans la rue,.... d'ailleurs le propre de la jeunesse est de contester tout ce qui est établi....c'est bien,mais être jeune ne veut pas dire être toujours meilleurs que les autres comme dans toute société il y a des jeunes qui raisonnent et puis il y a les autres qui préfèrent suivre et faire du chahut....

Déposé le 17/04/2016 à 00h00   Depuis l'application iPhone Lyonmag  
Par ramier Citer

Moi je n'embaucherait plus de jeunes qui manifestent contre le travail sans avoir jamais travaillés ! Qu'ils restent donc au RSA ces fainéants !

Déposé le 16/04/2016 à 13h32  
Par chris Citer

Bel article, plein de vérités et de questionnements que nos élus, cumulards jusque tard, devraient se poser.Comment ne voient-ils pas les dégats commis chez nos jeunes !!

Déposé le 14/04/2016 à 22h45  
Par Gajo Oli Citer

Lcture agréable, les élus PS qui ne sont pas déconnectés de la réalité sont si rares. Primordial après la défaite qui s'annonce en 2017 et la reconstruction à venir

Déposé le 14/04/2016 à 22h03  
Par Zaww Citer

La jeunesse c'est bien, mais c'est comme en foot : tant qu'on est bon, même à 70 piges, il faut rester aux manettes.

Le deal pour faire tourner un pays ou une collectivité, ce n'est pas d'être un homme, une femme, un jeune, un vieux, un blanc, un noir, mais d'avoir les bonnes compétences et d'être irréprochable.

Après, à travers ses écrits, ce M. Benzeghiba me plaît de plus en plus !

Déposé le 14/04/2016 à 18h12   Depuis l'application iPhone Lyonmag  
Par rien a voir Citer

@NonMais, avant de déblatérer des bêtises plus grosses que vous vous feriez mieux de relire l'édito. Il parle visiblement de jeunes en POLITIQUE! Ceci dit je pense que celui qui n'est pas dans la réalité c'est plutôt vous!

Déposé le 14/04/2016 à 16h50  
Par nonMais Citer

je ne sais pas ou M. Benzeghiba a entendu ca... mais personnellement, jamais.. et je suis loin d avoir 40ans!!

alors oui, pour être cadre supérieur et exiger 50k par an, il vaut mieux être un peu expérimenté!

ce que monsieur ne voit, ne connait pas.. et ne peux donc pas dénoncer, c est qu aujourd'hui, on demande de plus en plus de double diplôme : école d'ingé + école de commerce, par exemple
.. mais après, il s agit de neige.. de faire ses preuves

il y a des boites qui sont justes des bourreaux et des machines a détruire l individus.. mais je vous rassure... elles ne sont pas légion, bien au contraire

alors peut être que prof d eco et élus offre une vision pessimiste et précaire de la vie
mais pour les autres, je peux vous garantir que ce n est vraiment pas le cas!
aller demander en fin de cursus aux étudiants de CPE, ECAM, EM, IDRAC, INSA, ... la très très grande majorité ont déjà un contrat de travail prêt avant diplôme...

ouvrez les yeux, sortez de chez vous
confrontez vous a la réalité!

NB: j ai des amis chefs d entreprise qui n arrive pas a embaucher!!!!!!! dans le bâtiment, le transport, l industrie... soi les salaires sont trop bas, soit les horaires trop difficile (arriver a 8h sur un chantier par exemple)

Déposé le 14/04/2016 à 12h51  
Par Sinoa Citer

Et qu'en pense les élus de gauche qui s'accrochent ? Gérard Collomb en tête ?

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