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Le siège d'Interpol - LyonMag

Lyon : Interpol veut s’agrandir et compte sur l’aide (financière) des collectivités

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L’organisation internationale doit convaincre l’État et les collectivités de mettre la main à la poche.

Dans quelques jours, un visiteur particulièrement discret va rendre visite au maire de Lyon. Georges Képénékian doit accueillir dans son bureau le chinois Meng Hongwei, l’actuel président d’Interpol. Au-delà du plaisir que les deux hommes vont avoir à faire connaissance, la visite n’est pas totalement désintéressée. Au contraire. En fait, si Hongwei se déplace à l’Hôtel de Ville, c’est pour tenter de convaincre son interlocuteur de mettre la main au portefeuille. En tant que patron d’une collectivité locale, Képénékian va comme plusieurs de ses collègues être sollicité pour participer au financement des travaux que l’organisation internationale envisage de réaliser sur le site de son siège lyonnais.

 

Interpol à Lyon, ce sont aujourd’hui quelques 700 fonctionnaires internationaux. La majorité d’entre eux travaillent au sein du bâtiment historique situé en bordure du parc de la Tête d’Or.

Faute de place, d’autres sont installés un peu plus loin, au coeur de la Cité internationale. Cette situation est loin d’être idéale. Notamment en matière de sécurité. Du coup, Interpol réfléchit à la possibilité de pousser les murs. Ça tombe bien. Le bâtiment qui a été inauguré en 1989, voici bientôt trente ans, mérite un sérieux lifting. On pourrait donc faire d’une pierre deux coups à travers une opération complexe mêlant à la fois la restructuration du bâtiment actuel et son extension. Au départ, le bâtiment a été conçu pour accueillir 350 agents. Au fil du temps, Interpol a grandi. Aujourd’hui, ce ne sont déjà pas moins de 450 fonctionnaires qui y travaillent (sans compter ceux qui ont leur poste de travail à la Cité internationale).

 

Du côté d’Interpol, on dispose semble-t-il d’un projet déjà bien ficelé. Il s’agirait de totalement restructurer le bâtiment existant et de réaliser une importante extension. Qui connaît le site sait qu’il reste du terrain libre autour. Au regard des missions de plus en plus complexes que doit mener Interpol, on peut facilement imaginer que d’autres fonctionnaires rejoindront son siège dans les années futures. Pas question dès lors de voir trop petit. Le projet prévoit entre 950 et 1000 postes de travail. Soit plus du double que la capacité prévue à l’origine.

 

Pour Lyon, la réussite de ce projet est capitale. Il pérenniserait définitivement la présence d’Interpol dans la ville. Depuis que l’organisation a installé un nouveau centre à Singapour, l’hypothèse de son exil vers la ville-nation revient régulièrement. On se souvient que Singapour n’a pas lésiné sur les moyens quand il s’est agi de nous piquer le nouveau centre anti-criminalité qui devait au départ être construit au Carré de Soie. En outre, Interpol est une source de richesse non négligeable pour la ville. De nombreuses réunions internationales sont organisées chaque année au siège. Elles accueillent pas moins d’une dizaine de milliers de visiteurs pour presque autant de nuitées pour l’hôtellerie locale. On ajoutera que la grande majorité de ces visiteurs transitent par Saint-Exupéry. Dès lors, il n’est absolument pas question de rater une deuxième fois le coche.

 

De son bureau de la place Beauvau, Gérard Collomb est bien décidé à ne pas laisser passer cette opportunité pour la ville. Le coût des travaux va se calculer en dizaines de millions d’euros. Interpol ne pourra pas tout financer. L’État et les collectivités - la ville, la Métropole, la Région- vont être sollicités. Tel avait déjà été le cas voici trente ans quand l’organisation internationale avait choisi de quitter la banlieue parisienne (Saint-Cloud) pour s’installer à Lyon. À l’époque, l’État avait octroyé une exonération de la TVA. Une telle décision dépend du ministère des finances.

On peut toutefois compter sur le ministre de l’Intérieur pour plaider ce dossier auprès de son collègue de Bercy. Il faut également régler les éventuels problèmes liés à la constructibilité actuelle du terrain. Là encore, des solutions peuvent être trouvées. Le terrain idéalement situé en bordure du Parc de la Tête d’Or avait été cédé gratuitement et aussitôt rendu constructible. Enfin, chaque collectivité va être sollicitée pour apporter son obole qui se chiffrera en millions d’euros.

 

À l’heure des économies et de la rigueur budgétaire, les discussions promettent d’être serrées. C’est le Préfet Henri-Michel Comet qui est chargé de mener à bien ce délicat dossier qui devient bien évidemment prioritaire. À la suite du président chinois, Meng Hongwei, il ne devrait pas tarder à prendre contact avec Georges Képénékian, David Kimelfeld (Métropole) et Laurent Wauquiez (Région).



Tags : interpol |

Commentaires 2

Déposé le 02/10/2017 à 13h47  
Par bravo! Citer

Ah...!

c'est pour ca qu'Andre soulier en faisait la pub hier: il faut que les collectivités allongent la monnaie.

Elles seront contentes avec 450 millions en moins de l’Etat.

On a un plan Com de roi, et bien ficelé, Madame!

Déposé le 02/10/2017 à 12h04  
Par Madame Irma Citer

ils ont qu'a allé au carré de soie il y a de la place la bas.

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