Transports 18-03-2013 à 13:08
Une annonce de retard, la hantise des usagers de la ligne D - LyonMag
Un voyage somme toute banal de fin de journée, après de longues heures passées au travail...
Puis, soudain, les lumières qui s'éteignent, un silence assourdissant
(jusqu'à une demi-heure, selon certains témoins), suivi d'un agent qui
vous invite à terminer le trajet à pied, dans l'obscurité et au milieu
des rails. C'est la nouvelle mésaventure qu'ont subie les usagers de la
ligne D du métro lyonnais, jeudi soir, en pleine heure de pointe - 18
heures. Au total, près de 2500 personnes ont été évacuées. En cause, un
problème d'alimentation électrique au niveau de la station Vieux-Lyon,
qui a engendré l'arrêt complet de la ligne. Les rames n'ont repris leur
va-et-vient qu'à 22h30, soit quatre heures et demie plus tard.
C'est
le sixième incident d'ampleur recensé sur cette ligne depuis décembre, la plus fréquentée de province.
Sur la page Facebook des TCL, ça se déchaîne : certains parlent d'une
"orgie de pannes", de "pénibles aléas" et de "défaillances graves"... pour n'évoquer que les messages au langage châtié. A ces incidents
graves, s'ajoutent la série des retards et autres perturbations du
quotidien, qui commencent à titiller doucement la patience des clients.
Le réseau est-il trop vétuste ? Le personnel de maintenance fait-il
correctement son travail ? Telles sont les questions - légitimes - que
se posent les usagers, qui ont connu une nouvelle augmentation des
tarifs en début d'année.
Des incidents qui restent inexpliqués
Du côté de Keolis, l'exploitant de la
ligne, on tente de maîtriser l'incendie. "Ce type d'incident électrique,
tel qu'on l'a connu jeudi, n'est tout simplement jamais arrivé sur le
réseau, de mémoire d'ouvrier de maintenance. Ce n'est pas le genre de
problème qui peut être anticipé. On ne peut pas parler de vétusté ; nous
effectuons au quotidien une maintenance préventive qui représente
plusieurs millions d'euros d'investissement chaque année, et nous
n'attendons pas que le matériel tombe en panne pour le changer".
Au
service communication, on cherche certes à redorer l'image de Keolis,
mais on ne nie pas non plus l'évidence : "Il y a eu effectivement depuis
décembre plusieurs incidents sur la ligne D. Aujourd'hui, on a du mal à
l'expliquer. Les différents problèmes rencontrés depuis décembre ont
tous des causes différentes, et c'est vrai qu'on se pose des questions
sur notre façon de faire de la maintenance préventive".
A chaque
fois des causes différentes? Pas toujours, si l'on en croit la CGT-TCL.
Ainsi, selon le syndicaliste Julien Despierres, deux des incidents ont
eu lieu durant des grèves des régulateurs du PC métro. "Pour assurer le
service minimum, la direction les a remplacés par des cadres de
l'entreprise habilités, mais pas forcément compétents. Si des pannes se
sont produites, c'est parce qu'ils n'ont pas réagi à temps à différents
cas de figure. Lorsqu'on n'est pas assez rapide, le système se bloque et
les agents doivent se déplacer sur les voies du métro pour remettre le
système en marche".
Et de poursuivre : "Le raisonnement de la
direction est très simple : parce que c’est une ligne automatique, nous
pouvons nous passer de personnel, les probabilités font le reste. La
réflexion est assez brutale, mais quand il y a des incidents de la
sorte, les conséquences sont malheureusement inévitables. Comment
assurer le rapatriement des rames bloquées, faire les reconnaissances de
tunnel et procéder aux évacuations des voyageurs en tunnel et dans les
stations avec 1 seul agent de ligne pour 2 ou 3 stations ? C’est une
mission qui triple le temps de remise en exploitation, sans compter
l’obsolescence de la radio et de la vidéo."
En attendant, chez
Keolis, on tente de retrouver la confiance des usagers et de souligner,
aussi, ce qui a bien marché jeudi soir : "On a mis tout de suite en
ligne des éléments d'information, via notre site web, Facebook, et
Twitter (pas vraiment efficace pour les usagers coincés sous terre
ndlr). Un plan de remplacement du métro, avec des bus en surface, a été
mis en place 6 minutes après le déclenchement de l'incident. On est le
seul réseau à savoir mettre en place un tel plan quand un métro tombe en
panne. A Paris, lorsque cela arrive, il n'y a aucune solution de
remplacement. On comprend que les clients se posent des questions sur
l'état du réseau. Mais il faut comprendre que, quand on assure 1 400 000
voyages par jour, il y a de temps en temps des problèmes techniques".
Les usagers devront se satisfaire de ces excuses et de ces explications ;
les TCL ont exclu tout geste commercial à leur égard.
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Commentaires 8
Déposé le 19/03/2013 à 12h13
Par Serge le Lama-..- Citer
Déposé le 18/03/2013 à 22h26
Par Cedpro Citer
Cela dit, récemment installé à Lyon, je trouve quand même que les lignes sont généralement fiables.
Déposé le 18/03/2013 à 15h45
Par comparons Citer
Quand au prix il est plus important que celui de Paris...
Déposé le 18/03/2013 à 13h58
Par WAalain Citer
Déposé le 18/03/2013 à 13h56
Par unlyonnais Citer
Déposé le 18/03/2013 à 13h31
Par Max Citer
Nous étions coincés entre vieux lyon et gorge de loup (les deux stations les plus éloignées je crois) et comme nous étions à mi-chemin, nous sommes sortis les derniers. Nous sommes restés bloqués 1h15 dans le noir et sans infos...
Pas de communications, pas d'excuses, pas d'indemnisation (pour ceux du wagon qui ont raté un train par exemple).
Déposé le 18/03/2013 à 13h24
Par Merci Hollande! Citer
Déposé le 18/03/2013 à 13h17
Par Géraldo11 Citer