Voilà déjà 13 jours qu'a commencé timidement 2026, cette année dont Béatrice de Montille craint la venue depuis son échec aux municipales de 2020 dans l'équipe d'Etienne Blanc. Et en un clin d'œil, la première semaine de l'année est passée.
C'est comme si plus les heures défilaient, plus la chance se réduisait de voir un mauvais coup frapper la campagne de Jean-Michel Aulas dont elle fait partie. "Une campagne c'est un projet, une incarnation et une dynamique", explique-t-elle, plus sûre aujourd'hui de sa science de la politique.
Difficile de nier que depuis septembre dernier, les signaux semblent virer au vert, après avoir longtemps clignoté au rouge en l'empêchant de franchir le seuil de la légitimité élective. Une avance considérable dans les sondages alliée à des adversaires de gauche divisés et engourdis par l'exercice du pouvoir.
Si Béatrice de Montille reste prudente c'est qu'"en plus de tout ça il y a tout le contexte que vous ne maitrisez pas". Le futur n'est donc pas certain, mais le passé s'est soudainement mis à parler en sa faveur. Un mélange de chance et d'énormes efforts déployés pour ravir une place en politique et s’imposer dans un marché un peu saturé.
Béatrice de Montille résume ça par une formule : "Make your own luck : crée ta propre chance."
En août 2023, à Cannes pendant un rassemblement du micro parti de David Lisnard qu'elle soutient, elle partage la chambre d'hôtel d'une adjointe dans une ville de la Métropole lyonnaise. "Je suis pressentie pour prendre la suite de mon maire aux prochaines élections" lui dit cette future amie politique. "Moi, je vais lancer mon association", s'entend répondre Béatrice de Montille. C’est la naissance de "Lyon au cœur", son association, possible tremplin politique.
"C'était une façon de se mettre à travailler comme une candidate sans être candidate". C'est surtout le début d'une longue étude de marché pour se lancer en politique : rencontrer des Lyonnais, faire des réunions, écouter, chercher des soutiens. Et cela va finir par payer : "Un jour de janvier 2025 je déjeune avec une personne qui me dit que je devrais rencontrer Aulas. Mais ça faisait un an que je cherchais à entrer en contact avec lui. Elle me donne le mail de son assistante qui me propose une réunion en visio. Je déteste ça, je refuse. A la place j'obtiens un rendez-vous en vrai, et le jour du rendez-vous tombe 48h après sa déclaration au Figaro où il dit réfléchir à une candidature à la mairie de Lyon".
En marketing stratégique ça s'appelle être "time to market" : proposer son produit au bon moment sur le marché.
Visiblement Jean-Michel Aulas a acheté. Béatrice de Montille tempère, et marche sur des œufs : "Rien ne dit que je serai première adjointe s'il gagne". Mais leur fibre entrepreneuriale commune facilite les choses. "Récemment je lui ai demandé quel était son rapport d'étonnement sur son année d'engagement politique. Bon, je ne lui ai pas dit comme ça, sourit-elle, mais l'idée était d'avoir son retour. Et il est similaire au mien : il a été conquis par la force et l'engagement du tissu associatif lyonnais".
La lune de miel n'a pas été dégradée par un énième appel au rassemblement des droites, toutes les droites, par le sénateur Etienne Blanc qui a obligé Jean-Michel Aulas à le débrancher. Béatrice de Montille était pourtant restée proche du parlementaire.
Aujourd’hui la phase où se réunissaient les groupes de travail thématiques va devenir moins chronophage. Elle va pouvoir se concentrer sur la liste qu’elle doit mener dans le 3e arrondissement, faire campagne en équipe sur son territoire. Mais le regard toujours fixé sur le sablier en espérant que rien ne vienne abimer la mécanique du succès.
"Je sens que le sable coule dans le sablier", attention aux sables mouvants ;-)
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