La France Insoumise a revendiqué 2000 personnes venues ce jeudi applaudir Anaïs Belouassa-Cherifi et Florestan Groult à la Bourse du Travail. En réalité, ce dernier meeting de la campagne des candidats LFI aux municipales lyonnaises et aux métropolitaines a surtout tourné à la prise de parole d'1h42 du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon, fourre-tout pour s'en prendre aux médias, à la mémoire de Quentin Deranque, et pour parler davantage de Victor Hugo plutôt que de ses poulains locaux.
Pourtant, en 20 minutes, Anaïs Belouassa-Cherifi avait réussi à chauffer la salle en critiquant tour à tour Jean-Michel Aulas et Grégory Doucet, comme pour s'inviter dans un duel que les sondages lui interdisent.
"Les Verts ont mené un mandat uniquement pour une partie de la population, en oubliant les classes populaires. Ils ont mené des politiques en consultant, mais sans vraiment écouter. Le 15 et le 22 mars, si vous voulez une ville au service des habitants, votez insoumis, votez Anaïs Belouassa-Cherifi", scandait la députée de la 1ère circonscription du Rhône.
Et l'ancien président de l'OL ? "C'est une coquille vide, c'est un pion de la droite et de la Macronie agonisante. Il n'a pas de vision, il n'a pas de programme, il ne sait pas comment comment financer ces grands projets inutiles, il ne sait même pas comment les mettre en œuvre", poursuivait Anaïs Belouassa-Cherifi, promettant au public "plus de 200 mesures pour ne laisser personne sur le bas-côté".
Puis venait le moment tant attendu par les Lyonnais venus en nombre ce jeudi - pour le meeting à la jauge la plus importante de la campagne lyonnaise.
Après trois bises à celle qui fut sa secrétaire générale de campagne, Jean-Luc Mélenchon agrippait au pupitre pour ne plus le lâcher.
Il a beaucoup été question de Mélenchon vu par Mélenchon ce soir. Ou de Mélenchon vu par les autres vu par Mélenchon. Les médias donc ont été copieusement allumés par l'ancien candidat à la présidentielle durant plusieurs dizaines de minutes, allant jusqu'à revendiquer son droit de choisir ceux qu'il autorisera à le suivre en 2027, voire au-delà s'il remportait la présidentielle.

Au milieu de saillies sur Javier Millei, Donald Trump et même Jeffrey Epstein, Jean-Luc Mélenchon passait par l'inévitable affaire Quentin Deranque. Et les liens entre LFI et la Jeune Garde, soupçonnée d'avoir participé au lynchage du militant nationaliste le 12 février dernier à Lyon. "Il s'agit d'un service d'ordre défensif. Alors on me dit 'quelle différence vous faites entre la défensive et l'offensive ?'. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise, je n'en sais rien, je n'ai jamais fait tout ça ! Je sais seulement que les êtres humains sont les êtres humains et que quand une bagarre commence, on ne sait jamais comment elle va finir. C'est pourquoi je vous dis : pas de bagarre ! Voilà le message", déclarait-il.
Il a aussi été question de Victor Hugo, de l'arme nucléaire, de la paix avec la Russie. De la Franche-Comté aussi.
Et Anaïs Belouassa-Cherifi ? Une seule petite mention de Jean-Luc Mélenchon en 1h42 de discours. Et Jean-Michel Aulas ? Un tacle bien senti, en embarquant la mémoire de Quentin au passage : "Ce n'est pas parce qu'il a été le président du club que vous aimez que c'est une raison suffisante pour que vous oubliiez qu'il a voulu faire afficher sur la mairie le portrait d'un fasciste".
Le "vieux" s'est plutôt bien rodé avec un an d'avance pour 2027 avec cette tirade globe-trotter qui pourra être ressortie pratiquement en l'état dans n'importe quelle autre ville ces prochains mois. La "jeune" espère bien que les 2000 personnes venues à la Bourse du Travail penseront davantage à elle dans l'isoloir que ne l'a fait Jean-Luc Mélenchon sur scène.