Des tapes sur l’épaule, des sourires pour la photo, la story pour Instagram. Mais au final, tu tournes le dos, et ils ne sont déjà plus là.
Et puis, il y a les soutiens structurants, les soutiens solides comme un Nokia 1re génération, les soutiens profonds comme un trou sur la route pas comblé par la Métropole.
Un soutien qui dépasse toutes les politiques. Celui de Karim Benzema pour Jean-Michel Aulas fait partie de ceux-là.
Et clic clac, le racisme de classe de cette bourgeoisie de gauche est vite apparu, sautant sur un parallèle plus que douteux avec les élections américaines et une chanteuse de variétés qui a soutenu une candidate face à Donald Trump.
Le seul rapport entre ces deux élections, c’est qu’elles se situent chacune sur la planète Terre. Le reste n’est que spéculation pour se rassurer avant le couperet de la défaite.
L’effet "Taylor Swift", du nom de l’idole de ma fille, est complètement hors sujet.
Karim Benzema est un véritable gone grand lyonnais, un enfant de Bron, porté sa carrière entière par l’Olympique lyonnais et le rôle tutélaire de monsieur Aulas.
À une époque où Benzema était prometteur mais encore fragile, parfois contesté et fragilisé, mais toujours soutenu par monsieur Aulas. Il l’a protégé, accompagné.
Ce lien ne se décrète pas, il s’est construit dans la durée, dans l’épreuve, dans la loyauté.
Le soutien de Karim Benzema n’est donc pas un calcul, il ne vise aucune place, il parle avec son cœur, comme s’il voulait que chacun sache le grand homme qui a toujours été là pour lui.
Comparer ce soutien à celui de Taylor Swift dans une élection présidentielle américaine, c’est oublier, volontairement ou non, un paramètre pourtant décisif : la position du candidat soutenu.
Aux États-Unis, la star de la pop s’était engagée pour une candidate qui n’était pas donnée favorite, dans une élection nationale hypertrophiée, polarisée, écrasée par un corps électoral de plus de 160 millions de votants. Dans ce contexte, l’impact d’un soutien, aussi puissant soit-il symboliquement, se dissout mécaniquement dans la masse, la volatilité et la saturation médiatique.
À Lyon, nous sommes dans une toute autre configuration.
Karim Benzema soutient un candidat déjà largement en tête, crédité de 46 à 47% des intentions de vote, avec plus de vingt points d’avance sur son principal challenger. La seule question est de savoir s’il va gagner dès le premier tour.
C’est une élection municipale. Un corps électoral resserré, d’environ 270 000 inscrits, avec une participation qui sera nécessairement supérieure à la période Covid de 2020. Une géographie politique connue. Des équilibres politiques. Des reports de voix qui seront décisifs.
Dans ce cadre-là, le soutien de Benzema n’a pas pour fonction de "créer" une dynamique. Il vient la confirmer, voire l’amplifier.
C’est un phénomène parfaitement documenté en science politique (et oui, j’aime lire les politologues, sauf Renaud Payre), mais trop souvent ignoré dans le commentaire à chaud : l’effet d’entraînement fonctionne fréquemment davantage au bénéfice du favori que du challenger.
On ne prête qu’aux riches, dit l’adage. Les soutiens populaires et symboliques renforcent alors le sentiment d’inéluctabilité, ce climat diffus mais puissant qui nourrit le vote utile, parfois dès le premier tour.
On aime les vainqueurs.
Autrement dit, ce soutien ne relève ni de l’émotion pure ni du marketing politique. Il agit comme un signal. Un marqueur. Une balise.
Il explique avec ses mots, très simplement : Jean-Michel Aulas est aujourd’hui le point de rencontre naturel de tous ceux qui ne veulent ni la reconduction de la majorité sortante, ni la dispersion des voix vers les extrêmes.
C’est le fameux vote utile, qui va avoir lieu dès le premier tour, surtout avec la réforme du scrutin lyonnais, la fameuse loi PLM.
Parce qu’il est en tête.
Parce qu’il est crédible.
Parce qu’il est perçu comme le favori sérieux, stable et rassembleur.
Benzema ne choisit pas un camp au hasard. Il parle avec son cœur et sa passion.
Le reste – les comparaisons hâtives, les fantasmes avinés au vin bio, les délires sous quinoa café – fait sans doute sourire. Mais il passe à côté de l’essentiel.
À Lyon, quand Benzema parle, ce n’est pas un tweet. C’est un but qui tue le match.
Farid Ben Moussa
Conseiller municipal de Vénissieux
Et le soutien de Farid Ben Moussa à Jean-Michel Aulas, c'est quoi ?
Signaler RépondreCochez la bonne réponse :
1/ une adhésion basique du type "on peut gérer la Ville comme on gère un club de foot ou on gère Benzema, c'est pas plus compliqué. Au pire à la fin on s'en va en vendant tout, mais on garde l'immobilier qui vaut de l'or grâce à l'argent public".
2/ une adhésion un peu plus sophistiquée, du type "Aulas est en tête, autant lui manger dans la main et espérer pour la suite, sur un malentendu ça peut marcher".
Qu’est-ce qu’on en a foutre des relations d’amitié des candidats avec tel ou tel personnage médiatique ?? C’est censé nous attendrir pour nous convaincre ? Ben Moussa vient d’ajouter sa couche personnelle à l’indigence de cette campagne… Il peut peut-être se permettre 6 ans de macronisme tendance réac, tout comme les bénis oui-oui de Doucet peuvent se permettre 6 ans de macronisme tendance "progressiste"… Le fameux « ni / ni » du gigolo de la finance qui racole large. Mais la plupart des Français ne peuvent plus se permettre le libéralisme, qu’il soit bleu, vert, brun ou blonde, sponsorisé par Nike ou Starbucks.
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