Poussé vers la sortie pour arranger certains candidats en vue des sénatoriales de septembre, il dit stop.
C’est une rupture politique majeure pour la fédération socialiste du Rhône. Dans un communiqué publié ce vendredi, Gilbert-Luc Devinaz annonce son départ du Parti socialiste après plusieurs décennies d’engagement.
Une décision qu’il présente comme le résultat d’une "longue réflexion" liée à l’évolution du fonctionnement du parti.
Celui qui avait succédé à Gérard Collomb dans le siège de sénateur socialiste rhodanien pointe en premier lieu les modalités de constitution de la liste socialiste du Rhône pour les prochaines élections sénatoriales.
Selon lui, contrairement à ce qui a été pratiqué dans d’autres fédérations, les militants du Rhône n’ont pas été appelés à choisir leurs candidats. Il reproche au Conseil national du PS d’avoir validé le 30 juin une liste imposée par le Bureau national, privant les adhérents de leur droit de vote. Et ce, pour permettre à Hélène Geoffroy, boutée hors de sa mairie de Vaulx-en-Velin en mars dernier, de prendre son mandat.
"Lorsqu’un parti applique des règles différentes selon les territoires, lorsqu’il substitue des décisions prises d’en haut à la délibération collective, il ne s’agit plus d’une simple entorse aux statuts", écrit-il.
Un malaise plus profond
Au-delà de cet épisode, Gilbert-Luc Devinaz estime que le problème est plus ancien. Il regrette un affaiblissement du pluralisme interne et une fermeture progressive du débat au sein du Parti socialiste. Selon lui, les différentes sensibilités du mouvement auraient progressivement laissé place à des logiques d’appareil et de majorité interne.
Le sénateur critique également des débats qu’il juge trop centrés sur les équilibres internes du parti alors que les Français attendent, selon lui, des réponses sur le pouvoir d’achat, les services publics, la transition écologique ou encore la cohésion nationale.
Gilbert-Luc Devinaz vise aussi la préparation de la prochaine élection présidentielle. Il reproche aux dirigeants socialistes de ne pas avoir défini, avec les militants, une procédure "claire, transparente et démocratique" pour désigner le futur candidat ou la future candidate du parti.
"Un parti politique ne peut prétendre défendre la démocratie dans la République s’il renonce à la faire vivre en son sein", affirme-t-il.
Malgré son départ, l’ancien élu de Villeurbanne assure rester fidèle aux valeurs du socialisme démocratique.
Il cite notamment la justice sociale, l’égalité, la solidarité, la laïcité et la défense des services publics, estimant que ces principes "n’appartiennent à aucun appareil" mais vivent à travers les militants, les élus locaux et les acteurs de terrain.
"Quitter le Parti socialiste est une décision difficile. Mais la fidélité à des convictions est plus forte que la fidélité à une organisation lorsque celle-ci ne respecte plus les principes qu’elle prétend défendre", conclut-il.
Reste chez toi, et essaye de profiter de la retraite, tu l'as pas mérité par ta sueur, stop aux profiteurs d'état
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