Le sort d’un renardeau aperçu depuis plusieurs jours dans le quartier des Trois Renards, à Tassin-la-Demi-Lune, suscite l’inquiétude du centre de soins L’Hirondelle.
Selon l’association installée à Saint-Forgeux, l’animal serait particulièrement peu craintif envers l’homme. Certaines personnes auraient tenté de jouer avec lui ou de l’attraper, et plusieurs morsures auraient été signalées.
L’Hirondelle affirme que la solution retenue par les services de l’État serait désormais l’abattage du renard, afin de permettre une recherche de rage. Une décision que le centre de soins conteste et qu’il demande de réexaminer.
L’Hirondelle propose une mise en quarantaine
"Aujourd’hui, nous demandons simplement que ce renardeau ne soit pas abattu, et qu’il puisse être placé en quarantaine à L’Hirondelle", indique l’association.
Le centre assure disposer des compétences, des autorisations et des installations nécessaires pour capturer l’animal, l’isoler puis évaluer son état avant toute décision définitive.
L’Hirondelle estime par ailleurs que l’hypothèse de la rage est "extrêmement peu probable" au regard des informations dont elle dispose, notamment du comportement de l’animal et du temps écoulé depuis les premiers signalements. Cette appréciation est celle de l’association et n’est pas présentée comme une conclusion sanitaire officielle.
"La sécurité des personnes et les impératifs sanitaires doivent évidemment rester prioritaires. Mais nous pensons qu’ils peuvent être parfaitement conciliés avec la recherche d’une solution permettant, lorsque cela est possible, d’éviter la mort inutile d’un animal", défend le centre.
Un courrier adressé à la DDT dès le 9 août
L’association avait déjà saisi la Direction départementale des territoires dans un courrier daté du 9 août, également transmis à la DDPP et à la mairie de Tassin-la-Demi-Lune.
Dans cette lettre, son directeur Pascal Tavernier explique ne pas disposer d’éléments suffisants pour déterminer si le comportement du renard est réellement pathologique ou s’il peut s’expliquer par son jeune âge, la faim, un éventuel abandon ou une habituation à la présence humaine.

L’Hirondelle affirme également que la DDPP lui aurait indiqué qu’une quarantaine dans ses installations était possible, tandis que la DDT s’y opposerait. "Si vous considérez que l’abattage est la seule solution possible, sur quels éléments scientifiques précis repose cette décision ?", interroge Pascal Tavernier dans ce courrier.
Le centre assure disposer de plusieurs solutions : capture, quarantaine, relâcher loin des zones habitées ou placement en captivité si l’animal s’avérait trop imprégné par l’homme. Il précise ne pas exclure une euthanasie si celle-ci devenait nécessaire, mais souhaite qu’elle ne soit envisagée "qu’en dernier recours".
"Le renardeau aurait probablement pu être capturé depuis plusieurs jours"
L’association regrette surtout de ne pas avoir été autorisée à intervenir plus tôt. "Si nous avions été autorisés à intervenir dès le début avec les moyens dont nous disposons, le renardeau aurait probablement pu être capturé depuis plusieurs jours, placé en sécurité et soustrait au contact du public", estime-t-elle.
L’Hirondelle demande désormais au représentant de l'Etat et au directeur de la DDT d’accepter un échange direct avec ses équipes afin de rechercher une solution permettant à la fois de protéger la population et d’éviter, si possible, l’abattage de l’animal.
La dernière fois qu'un préfet du Rhône a voulu abattre un animal et a fait face à la mobilisation populaire, Jean-François Carenco avait dû reculer et laisser les éléphants Baby et Népal du parc de la Tête d'Or quitter Lyon avec Stéphanie de Monaco. Le petit renard de Tassin aura-t-il autant de chance ?