Grand Parc Miribel Jonage : la Chambre régionale des comptes alerte sur une gouvernance "paralysée"

Grand Parc Miribel Jonage : la Chambre régionale des comptes alerte sur une gouvernance "paralysée"

Dans un rapport consacré au Grand Parc Miribel Jonage, la Chambre régionale des comptes salue des coûts de fonctionnement contenus mais pointe des tensions persistantes entre le Symalim et la Segapal, ainsi qu’une situation financière fragile à moyen terme.

Le Grand Parc Miribel Jonage accueille environ quatre millions de visiteurs par an sur 2 200 hectares, dont les deux tiers se situent dans la métropole de Lyon. Mais derrière l’un des plus grands parcs périurbains d’Europe, la Chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes pointe une organisation devenue difficile à piloter.
Dans sa synthèse portant sur les exercices 2019 et suivants, la juridiction financière estime que la gouvernance est aujourd’hui "paralysée par les dissensions" entre le Symalim, chargé de définir la stratégie du parc, et la Segapal, société publique locale chargée de sa gestion et de son animation.

Des tensions qui se sont aggravées depuis 2022

Selon la Chambre, les différends entre les deux structures se sont accentués depuis 2022, sur fond de situation financière tendue, d’absence de vision partagée et de difficultés du comité syndical à se concentrer sur les choix stratégiques.

Cette situation "entrave le développement du parc" et aurait également entraîné un contexte de travail dégradé au sein du Symalim.

La Chambre recommande donc de clarifier les relations entre le Symalim et la Segapal et de définir une stratégie plus précise et financièrement soutenable pour les prochaines années.

Elle invite également les collectivités concernées à mettre davantage en cohérence les missions du parc, ses effectifs et son financement.

L’épargne brute du Symalim s’est effondrée

La situation financière du syndicat constitue l’autre point d’alerte du rapport.

Son épargne brute est passée de 205 000 euros en 2019 à -144 000 euros en 2024, avant un retour dans le positif prévu en 2025 selon les projections du Symalim.

La Chambre estime que, sans correction, l’excédent de fonctionnement accumulé pourrait être entièrement consommé d’ici 2030 par les déficits annuels. À cette échéance, une hausse des participations versées par les collectivités serait nécessaire pour permettre au syndicat de poursuivre ses activités. 

La Métropole de Lyon reste de loin le principal financeur du Symalim. Elle représente 57% des contributions au syndicat et 90,8% des participations statutaires d’investissement mentionnées dans le rapport, contre 9,2% pour le Département de l’Ain.

Des investissements à venir, mais pas assez pour une berge à 9 millions d’euros

La hausse des contributions d’investissement doit permettre au Symalim d’augmenter ses dépenses entre 2025 et 2030 afin de rénover ou reconstruire une partie de son patrimoine vieillissant.

Elle ne suffirait toutefois pas, selon la Chambre, à financer la consolidation de la berge gauche du canal de Miribel, touchée par une érosion rapide. Le coût de cette opération est estimé à 9 millions d’euros.

La Chambre recommande donc, compte tenu de la situation financière, de privilégier les investissements susceptibles de générer des économies ou de nouvelles recettes.

La Segapal se diversifie pour équilibrer ses comptes

La Segapal a, de son côté, développé depuis 2019 des activités en dehors de sa délégation de service public, principalement pour le compte de la Métropole de Lyon dans le domaine des espaces verts.

Ces activités ont généré 113 000 euros de bénéfice en 2024 et contribuent à absorber une partie des coûts de structure.

Car l’activité directement liée à la gestion du Grand Parc s’est dégradée : le résultat net correspondant à la délégation de service public a atteint -75 000 euros entre 2019 et 2024.

La Chambre note cependant que la situation financière globale de la Segapal reste correcte fin 2025, avec un bénéfice annoncé de 87 000 euros, après 57 000 euros en 2024. Elle souligne toutefois que ce résultat repose désormais sur des activités extérieures au parc, elles-mêmes soumises au risque de non-renouvellement des marchés.

Les centres équestres également dans le viseur

Le rapport s’attarde enfin sur les trois centres équestres du Grand Parc.

L’un est fermé et abandonné depuis 2018, un autre s’est reconverti dans l’achat-vente de chevaux, tandis que le troisième poursuit son activité malgré une fréquentation en baisse.

Après avoir investi 1,3 million d’euros TTC dans l’un d’eux, le Symalim cherche notamment à réhabiliter le centre abandonné via un bail emphytéotique confié à un opérateur privé.

La Chambre demande désormais de vérifier qu’une coexistence économiquement viable des trois activités reste possible et formule au total neuf recommandations pour redresser la gouvernance et les finances du Grand Parc.

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