Saint Jacques de Fourvière !

Saint Jacques de Fourvière !

Le saint patron des Playboys a déroulé son prêche iconoclaste de presque deux heures, mercredi soir au grand théâtre antique, devant plus de 4 000 fidèles. Jacques Dutronc, dernière grosse tête d’affiche de la session 2010 des Nuits de Fourvière, a donné sa leçon d’élégance si particulière. Pour son troisième passage à Lyon en quelques mois, après dix-sept ans d’absence, le dandy a enchanté.

Noir total sur la scène des Nuits. La clameur du public commence à envahir le site. Un spot s’allume. Côté jardin, Dutronc est alangui sur un fauteuil club. La clameur laisse place à la furie, le concert peut commencer.  Les Cactus, les Playboys, Comme elles dorment, le chanteur de 67 ans au répertoire corrosif a gardé le même timbre. Anecdotes sur ses compos saoulographes avec Gainsbourg lors des tournées qu’ils firent ensemble dans les années 70, confession improbable de sa rencontre avec François Mitterrand pour lui remettre un texte militant qu’il écrivît avec Etienne Daho, c’est un Dutronc survitaminé qui n’a pas hésité à partager avec son public. Qui lui a bien rendu en reprenant à l’unisson ses plus grands standards ! Jeunes, plus âgés, Dutronc a cela des grands que sa discographie outrepasse les modes et les générations. La preuve sur cette réinstrumentalisation hip hop de Fais pas çi, fais pas ça, L’inclusion au spectacle du music-hall, avec ce danseur de claquette gigantesque et cette demi Betty Boop survoltée, distillant son énergie inversement proportionnelle à sa taille. Les privilégiés présents mercredi soir comprendront. Et ils sont drôlement chanceux !

1 commentaire
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Fan le 30/07/2010 à 09:41

C'était grandiose, on pourra dire "j'y étais". Merci pour "L'opportuniste" et "gentleman cambrioleur"

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