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Immigration : Claude Guéant veut «augmenter les objectifs»

Le ministre de l’Intérieur était à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or vendredi pour décorer la 60e promotion des commissaires de police. Il en a ensuite profité pour faire un point sur l’immigration illégale à Lyon, à l’issue d’une réunion de travail à la Préfecture du Rhône.

Pourquoi ce déplacement dans la région pour parler d’immigration irrégulière ?
Je suis venu pour encourager les policiers et les gendarmes dans leur mission, qui est de maitriser les flux migratoires. Le gouvernement a une politique claire. Il veut maitriser ces flux pour une simple raison : il refuse une France des communautarismes, où les communautés s’additionneraient, se juxtaposeraient. Le gouvernement tient à la cohésion nationale, au respect de notre loi et aussi de nos règles communes, et pour cela il faut intégrer, en luttant contre l’immigration illégale. […] J’ai donc constaté avec plaisir l’esprit de coopération qui unit la justice, les services de police et de gendarmerie, et la Préfecture, ici dans le Rhône. Un pôle de compétences a d’ailleurs été organisé. Il obtient de bons résultats. De très bons résultats même, au plan national, en ce qui concerne les retours volontaires. C’est pour moi un élément de réflexion : les méthodes mises en place ici méritent d’être vulgariser sur l’ensemble du territoire.

Le pôle éloignement de Lyon respecte-il les chiffres imposés ?
Oui, ce pôle fonctionne bien. Il respecte les chiffres et le fait d’avoir un pôle permanent de coopération est un élément d’efficacité. Car il y a non seulement des retours forcés mais aussi, et en grand nombre, des retours volontaires.

L’objectif de 28 000 retours est-il toujours d’actualité ?
Cet objectif a été fixé par mon prédécesseur [NDLR : Brice Hortefeux, remplacé le 27 février 2011], comme l’an dernier, et ce malgré un certain nombre de difficultés juridiques qui sont apparues avant la promulgation de la loi « Immigration-Intégration ». Le rythme est tenu, les objectifs paraissent pouvoir être atteints sans difficulté. Mais il se trouve que cette loi nous donne de nouveaux outils pour être encore plus efficace. Et après quelques semaines de mise en œuvre, je me réserve la possibilité d’augmenter les objectifs.

Quels sont ces nouveaux outils que vous évoquez ?
Première nouveauté : le délai de rétention administrative était de 32 jours, il passe à 45 jours. Cela donne d’avantage de temps pour obtenir des laissez-passer consulaires qui sont la condition du retour dans le pays d’origine. Deuxième nouveauté importante : nous allons mettre fin à un conflit de compétence juridique. Avant, nous avions deux juges compétents : le juge administratif et le juge de la liberté et de la détention. Maintenant, pendant les 5 premiers jours de la rétention administrative, c’est le juge administratif qui sera compétent pour apprécier la légalité des décisions préfectorales. Et ensuite, c’est l’autre juge qui reprendra le dossier, pour savoir s’il faut prolonger ou non le délai de rétention.

André Gerin a déclaré sur son blog que « l’immigration n’était pas une chance pour la France. » Quelle est votre réaction ?
André Gerin est un élu qui est respecté au plan national. Et chacun sait que depuis longtemps, il affronte avec courage des situations sociales difficiles du fait de sa position locale. […] Pour ma part, j’ai dit qu’il était nécessaire de s’élever contre certaines idées reçues, par exemple, celle d’une immigration de travail supplémentaire. Nous avons en France 2 650 000 demandeurs d’emploi et chaque année, 110 000 actifs de plus arrivent sur le marché du travail. Ce n’est donc pas parce qu’il y a des hésitations des demandeurs d’emploi à aller dans telle ou telle profession qu’il faut absolument recourir à la main d’œuvre étrangère. Il faut savoir que les personnes originaires de pays hors-UE ont un taux de chômage de 14%. La France n’a pas vocation à faire venir des chômeurs supplémentaires. Mais elle a en revanche la capacité de former, d’orienter vers de nouvelles professions.



Tags : immigration | claude guéant |

Commentaires 1

Déposé le 24/06/2011 à 21h03  
Par maya Citer

La France a le droit de refuser les étrangers hors UE. nous pensons aussi qu'elle doit s'abstenir de jouer non seulement à l'avocat des pays d'origines de ces étrangers mais aussi et surtout au sapeur pompier piroman. Autre chose pourquoi faire des lois qui ne servent à rien pour les étrangers de bonne foi."immigration -intégration" ça veut dire quoi exactement? A quoi sert la signature d'un contrat d'accueil et d'intégration que la France impose aux étrangers? aucun avocat ni juge des liberté n'en parle lorsqu'un Préfet demande à un non UE de quitter le territoire? Maya

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