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Photo d'illustration - LyonMag

Rythmes scolaires : parents et profs lyonnais, entre espoirs et craintes

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Il y a d’abord eu la confusion, et l’évocation d’une date qui a interloqué les syndicats enseignants : le 6 février dernier, à l’issue d’une journée d’action à Lyon, ceux-ci étaient reçus à l’Hôtel de Ville par l’adjoint au maire en charge de l’Education, Yves Fournel.

Yannick Le Du, secrétaire départemental du SNUipp, raconte : "M. Fournel nous a confié que finalement, la date à laquelle serait appliquée la réforme des rythmes scolaires à Lyon n’avait pas d’importance. Peu importe qu’elle se fasse à la rentrée 2013 ou 2014, tout devait être calé d’ici fin juin 2013. C’était apparemment une demande expresse du ministère". Depuis, Gérard Collomb a officialisé le report de la réforme à la rentrée 2014, le ministre Vincent Peillon s’est efforcé de calmer les inquiétudes des différentes parties, et, à en croire la mairie, cette échéance de juin 2013 n’a jamais été évoquée. A l’Hôtel de Ville, on se fixe la fin de l’année 2013 comme deadline.

L’ épisode illustre bien le manque de communication pointé jusqu’à présent par les syndicats d’enseignants comme de parents d’élèves. Tous se rejoignent sur un point : il faut se réunir d’urgence autour d’une table pour préparer la meilleure réforme possible. A ce sujet, la FCPE, qui militait pour une application dès la rentrée prochaine, se montre très critique envers la municipalité : "Nous sommes déçus, mais nous ne sommes pas surpris, vu la tiédeur avec laquelle Gérard Collomb s’est positionné depuis le début sur ce sujet, explique ce membre de la FCPE, Julien Delavernhe, par ailleurs membre du conseil d’école à Gilbert-Dru (7e), un établissement qui expérimente depuis trois ans la semaine de cours de 4,5 jours, avec école le mercredi matin pour les enfants. L’enjeu nécessite de dresser un cadre, au sein duquel on peut discuter. C’est à la mairie de mettre en place ce cadre, et elle n’a rien fait. Malgré les rendez-vous avec M. Fournel, on ne sait toujours pas avec qui l’on va travailler, quels seront les intervenants : centres sociaux, animateurs, personnel de la mairie ? De quels locaux pourrons-nous disposer ? Aura-t-on droit à la cantine le mercredi ? C’est la faute de la mairie, si nous ne sommes pas prêts".

Quid du financement?

Le nerf de la guerre, c’est l’argent, et l’inquiétude est forte au sein de la municipalité quant au financement de cette réforme. L’Etat avait promis aux collectivités locales, en cas d’une mise en application dès 2013, un coup de pouce d’au moins 50 euros par élève concerné. Visiblement, le deal n’a pas convaincu Gérard Collomb. Le sénateur-maire attend les conclusions des négociations qui doivent s’ouvrir en avril entre le gouvernement et la Caisse d’allocations familiales. Sauf que les dotations de l’Etat aux collectivités locales sont annoncées en baisse d’1,5 milliard d’euros en 2014 : il n’y aura donc pas forcément plus d’argent dans les caisses de la Ville de Lyon pour financer la réforme l’an prochain.

Du côté de la Peep, autre syndicat de parents d’élèves, on se satisfait de la "décision sage" de Gérard Collomb. "Cela aurait été très difficile voire impossible à Lyon, avec 34 000 enfants, d’arriver en si peu de temps à s’organiser, et à recruter le personnel nécessaire, estime son président, Luis-Georges Quintelas. Là, nous avons un an (sic) pour travailler sur la réussite de cette réforme".

"Il faut laisser toutes les portes ouvertes"

Reste maintenant à se mettre d’accord sur les modalités pratiques, et notamment sur ce fameux temps périscolaire qui fait débat. A ce sujet, les différents intervenants se disent prêts à "laisser toutes les portes ouvertes", comme le dit Luis-Georges Quintelas. Faut-il nécessairement que ce temps périscolaire soit mis en place durant une pause de midi "allongée" ? Pas forcément pertinent pour les enseignants, qui suggèrent de le décaler en fin d’après-midi, après les cours. Yannick Le Du regrette que "le décret gouvernemental prévoie un plancher à cette pause méridienne allongée, c’est-à-dire pas moins d’1h30, mais qu’il n’y ait pas de plafond".  Quant au contenu, il devra là encore être défini, entre activités culturelles, sportives, "temps calme", etc. Le tout étant d’arriver à "un consensus entre toutes les parties", selon Luis-Georges Quintelas. Pour y parvenir, Julien Delavernhe propose de faire du sur-mesure : "Il faut permettre à chaque groupe scolaire, ou chaque conseil d’école, de mettre en place une solution adaptée. Les problématiques sur l’aménagement du temps périscolaire sont liées en partie aux locaux et aux ressources qu’on peut trouver dans le quartier. Des réunions doivent se tenir avec les conseils d’arrondissements, pour mettre en place ce genre de micro-ajustements".

C’est un formidable défi qui attend les différents acteurs de cette réforme dans les prochains mois, avec, en toile de fond, la crainte que la question des moyens ne phagocyte le débat. Le tâtonnement paraît inévitable, d’autant que d’autres discussions pourraient s’ouvrir dans les mois qui viennent, notamment sur le contenu des programmes scolaires. "A Gilbert-Dru, explique Julien Delavernhe, nous avons vu depuis trois ans les effets bénéfiques du retour aux 4,5 jours de cours par semaine. Mais on a bien mis trois ans à se caler sur une organisation, et en plus, celle-ci est toujours améliorable". La phase de concertation tant attendue doit débuter en avril.



Tags : rythmes scolaires |

Commentaires 1

Déposé le 22/02/2013 à 13h44  
Par la panthère rose Citer

pour une fois qu'un maire de gauche écoute ses électeurs. Enfin oui, n'oublions pas les prochaines municipales ...
Hein monsieur le maire

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