Délais d'intervention record, sous-effectifs, agressions : le cri d’alarme des pompiers du Rhône

Délais d'intervention record, sous-effectifs, agressions : le cri d’alarme des pompiers du Rhône
Délais d'intervention record, sous-effectifs, agressions : le cri d’alarme des pompiers du Rhône - LyonMag

Les pompiers du Rhône tirent la sonnette d’alarme.

Dans une interview, le syndicat SUD SDMIS évoque une situation devenue préoccupante pour les soldats du feu, entre manque d’effectifs, agressions et délais d’intervention en hausse.

Premier grief : des engagements qui, selon le syndicat, n’ont pas été tenus. "On regrette d’avoir retiré nos préavis de grève en février 2025. On nous avait promis : 'on va regarder les budgets, on va travailler ensemble… En attendant on vous donne une prime et on se donne rendez-vous en septembre avec le Beauvau de la sécurité civile' ", expliquent les représentants de SUD SDMIS.

Mais depuis cette échéance, les pompiers affirment n’avoir constaté aucune avancée. "Depuis septembre rien, double rien. On regrette tous mais vraiment tous d’avoir retiré nos préavis de grève". Le syndicat pointe notamment un déficit d’effectifs important dans les casernes du Rhône. "Le mal racine, c’est le manque d’effectifs dans les casernes. On est à moins 150 sans problème dans le Rhône."

Des promesses politiques dans un contexte électoral

Selon les représentants syndicaux, les promesses des responsables politiques se sont multipliées à l’approche des élections. "Là, en pleine période de campagne, on a entendu plein de promesses de toutes parts. Ce qu’on entend, c’est plutôt bien, mais il a fallu attendre les élections et la crainte de voir les pompiers à nouveau dans la rue pour que ça bouge un peu."

Lors d’un débat organisé par Tribune de Lyon et Lyon Décideurs, les pompiers avaient interrogé les candidats. Une initiative qui a suscité certaines critiques. "On nous a reproché d'être intervenu dans ce débat avec les candidats aux municipales en nous disant que les pompiers étaient du ressort métropolitain. Mais en réalité, un tiers du conseil métropolitain est composé d’élus de la Ville de Lyon."

Une manière, pour le syndicat, de rappeler que la question dépasse largement les jeux institutionnels.

Une agression par semaine dans le Rhône

Autre sujet d’inquiétude : les violences visant les pompiers. "On est sur une agression par semaine dans le Rhône, ce qui nous met dans le quatuor de tête au niveau national avec le Pas-de-Calais, le Nord et la Gironde", affirme le syndicat.

Selon les représentants, ces agressions ne se limitent plus à certains quartiers identifiés. "Avant, les agressions étaient plutôt localisées dans des secteurs identifiés comme plus sensibles. Maintenant ça peut être n’importe où. Il n’y a plus aucun endroit qui est préservé pour les sapeurs-pompiers. C’est partout, tout le temps."

Même constat sur le plan temporel. "Avant, on savait qu’à certaines dates on allait prendre cher : le 31 décembre, Halloween, le 14 juillet, la Fête de la musique ou certains matchs de foot. Aujourd’hui je le répète, c'est vraiment tout le temps et partout."

Face à la montée du danger en intervention, les pompiers doivent désormais intervenir équipés de protections spécifiques."On a des gilets pare-lames/anti-perforation qui viennent d’arriver dans les casernes. C’est une très bonne chose."

Ces équipements en cours de déploiement dans le Rhône "nous rassurent lors d’interventions dans des secteurs sensibles ou face à des personnes alcoolisées ou sous l’emprise de psychotropes."

Mais pour les pompiers, cette évolution illustre aussi un changement inquiétant des conditions d’intervention. "C’est dommage d’en arriver là, mais maintenant, on y est", regrette le syndicat. 

Face à ces violences, certaines mesures ont été mises en place. Les pompiers reconnaissent par exemple l’effet dissuasif des caméras piétons, "et surtout, en cas de problème, au tribunal ça ne laisse pas de place au doute."

Le syndicat milite aussi pour l’anonymisation des plaintes, estimant que de nombreux pompiers renoncent à porter plainte par crainte de représailles. Autre dispositif attendu : des caméras embarquées dans les véhicules, notamment pour documenter les caillassages. "La loi nous autorise à disposer de caméras dans nos véhicules depuis trois ans maintenant, mais pour l’heure aucun département n’en est doté."

Des délais d’intervention en nette hausse

Autre point particulièrement préoccupant : le temps d’intervention des pompiers. "Les délais d’intervention connaissent une hausse inédite sur l’ensemble du territoire national, et de manière encore plus marquée à Lyon."

Dans le Rhône, le délai moyen atteint désormais 12 minutes 30. "C’est quatre minutes de plus en dix ans. Une durée bien supérieure à la moyenne nationale. Ce n’est pas anecdotique", alerte le syndicat.

Pour illustrer l’enjeu, les pompiers rappellent la réalité des urgences vitales. "Quand quelqu’un saigne ou qu’il ne respire plus, chaque minute compte."

Selon eux, plusieurs facteurs expliquent cette hausse : l’augmentation du nombre d’interventions, le manque d’effectifs et les contraintes urbaines. "Quand tu es six pompiers pour faire un nombre d’interventions prévu pour douze, forcément, tu as besoin de renforts qui viennent de plus loin. Et les délais s’allongent."

Les travaux et les infrastructures routières sont également pointés, sans pour autant dénoncer directement une responsabilité politique due au fait que "c’est multifactoriel ! Le sous-effectif, les travaux, les infrastructures routières, tout cumulé bout à bout fait qu'on est dans le pire département en matière de délais d'intervention."

Alors que les campagnes électorales se multiplient à Lyon et dans la métropole, les pompiers attendent désormais des décisions concrètes. "Ils nous ont tous fait des promesses. On espère que très rapidement, une fois les élections passées, on pourra tous se remettre au travail."

Et d’ajouter, dans un message à peine voilé à destination des responsables politiques : "Qu’ils ne considèrent pas que maintenant qu’ils sont élus, ils ont six ans de repos sans être en danger vis-à-vis des sapeurs-pompiers qui pourraient revenir dans la rue."

1 commentaire
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saco697 le 14/03/2026 à 13:36

Lyon capitale française des bouchons ça amuse beaucoup Doucet l homme qui n’a qu un petit vélo dans la tête … mais le parisien joue avec la vie des lyonnais car Lyon a aussi le record des délais d intervention des secours … Doucet un mec qui joue avec la vie des lyonnais qu il n aime pas …

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