Le problème du logement, faire de Lyon un modèle mondial

Le problème du logement, faire de Lyon un modèle mondial
Andréa Kotarac - DR

Mardi dernier se tenaient à Lyon les vœux des mal-logés de la fondation l’Abbé Pierre.

L’ensemble des candidats aux élections municipales étaient invités et presque tous étaient présents.  Malgré un signal haut et fort envoyé aux candidats, la tenue même de cette cérémonie des vœux avait quelque chose de malheureux.  60 ans après l’appel de l’hiver 1954, peu de choses semblent avoir vraiment bougées.

Par ce constat nous ne pouvons que comprendre, qu’au fond, la France et ses villes peinent encore à entrer dans le 21e siècle, le siècle de la fin de la pauvreté et de la misère nous avait-on promis à l’ONU. Nos villes aussi belles les voulons nous restent sous nos yeux gangrénées par des océans de misère. Si les Etats ne tiennent pas les engagements qui furent les leurs à l’ONU, alors impérieusement il nous revient, au niveau local, de montrer l’exemple et de reprendre ces engagements manqués.
Je veux faire de ma ville, Lyon, en ce domaine-là un modèle régional, français, européen, et pourquoi pas même mondial.

Alors esprit de clocher ou changement de son de cloche ? Ce sera aux citoyens de décider.

Hypocrisie et bousculades
Mais quelle ne fût pas ma surprise quand, après avoir signé le contrat d’engagement des candidats, la sincérité fit soudainement place au chahut. Des dizaines d’élus et candidats se bousculent pour avoir une bonne place sur la photo finale.

Est-ce le sort des mal-logés qui intéresse tant ? Ou est-ce le poids que pourrait prendre un temps cette photo pour la campagne ? Cette question reste pour moi posée, tant les mal-logés restent aujourd’hui trop nombreux.

Hypocrisie et bousculade, un scénario habituel qui ne peut qu’accroître la perte de confiance des citoyens en leurs élus. Ne faut-il pas avoir la modestie de la promesse et le courage des actes, plutôt que le courage de la promesse et la modestie des actes ?

Quoi qu’il en soit, cela valide un peu plus encore pour moi le fait que le retour de la confiance des citoyens envers leurs élus passera aussi par un changement d’attitude. C’est d’ailleurs quelques heures après ces vœux de la fondation et les bonnes intentions manifestées par chacun pour le droit au logement, que l’on m’appelle pour me dire qu’une nouvelle expulsion est en cours dans un quartier de Lyon...

Lyon, quels objectifs d’ici à 2020 pour le logement et l’hébergement ?
Plusieurs chantiers prioritaires doivent être pris à bras le cœur.   
Tout d’abord il faut rappeler qu’à Lyon, 4 à 5 ans d’attente sont nécessaires pour l’obtention d’un logement en HLM. Rappeler aussi que le 115 est débordé, et que pour les personnes sans logement, 2 mois d’attente sont nécessaires pour obtenir une chambre individuelle de 9 mètres carré dans un foyer d’hébergement, et que 5 à 6 mois d’attente sont de rigueur pour une résidence sociale et une chambre de 20 mètre carré.

Lyon est encore loin de disposer d’un nombre de logement suffisant de logements sociaux. Comme le rappelle la fondation de l'Abbé Pierre si la Ville de Lyon se targue souvent d'être un modèle en termes de logements sociaux et qu'elle devance la loi SRU qui fixe un minimum de 20% de logements sociaux pour une agglomération de 3500 habitants. Aujourd'hui, on compte cependant environ 50 000 demandes en HLM pour 13 000 places. Il y a 10 ans, c'était 25 000 demandes pour 13 000 places. De plus, à la taille de la future métropole et à l'échelle du département du Rhône ou de la Région Rhône-Alpes, les chiffres prétendus par la ville de Lyon font fi du report d'une grande part de la demande s'exerçant autour de Lyon et notamment dans certains bassins de communes qui ont des parts de logements sociaux beaucoup plus élevés que Lyon intramuros.

Selon le rapport 2013 de la fondation de l'Abbé Pierre faut-il rappeler que le grand Lyon représente une métropole dans laquelle la répartition territoriale des habitants selon leur statut d’occupation est particulièrement déséquilibrée. Les propriétaires occupants sont principalement présents à la périphérie de l’agglomération, ainsi qu’à l’ouest ; les locataires du secteur privé sont majoritaires dans les quartiers centraux de Lyon (le centre de l’agglomération concentre 70 % du parc privé de l’agglomération) ; et les quartiers d’habitat social sont concentrés dans les premières couronnes est et sud, malgré l’effort important de rénovation urbaine et une augmentation sans précédent de la production de logement social (elle a été multipliée par 3 au cours des 10 dernières années).

La mixité sociale doit-être repensée très rapidement, si nous ne voulons pas accentuer les mécanismes de ghettoïsation encore en cours.

C’est dans Lyon, autant de nouveaux logements sociaux qu’il faudra donc construire durant les 6 prochaines années. C'est aussi 6000 logements étudiants supplémentaires qui devront être créés pour atteindre la moyenne nationale, si nous voulons donner la chance à l'ensemble des étudiants issus de familles modestes d'étudier dans des conditions moins précaires et à leur famille de se trouver soulagées  du coût effectif qu'engendrent des études qualifiantes post-bac.

Nous devrons aussi mettre en place une régie publique du logement, à l’image de ce qui a été fait dans plusieurs autres villes françaises, afin de mieux maitriser à l'avenir le prix du logement à Lyon, et de créer plus de facilités pour l'accès des plus modestes à la propriété. Là aussi nous voulons rappeler qu'aujourd'hui à Lyon, seuls 6% des loyers privés sont au niveau des prix HLM, quand en 1990 50% des loyers du privé à Lyon étaient au niveau des prix HLM. Une vraie dégradation s'est opérée.

Enfin, la Métropole de demain ne pourra pas non plus seulement se contenter de récupérer la compétence relative au logement, elle devra aussi assumer ses responsabilités pour prendre en charge l’hébergement.  La différenciation entre ces deux qualificatifs ne devrait plus exister dans une situation si urgente, moralement et politiquement. C’est un véritable changement de cap qu’il faut mener ensemble pour préparer l’avenir solidaire et stopper les guerres de compétences entre collectivités suite aux désengagements de l’Etat.

Andréa Kotarac est militant Parti de Gauche et tête de liste dans le 8e arrondissement de la liste Lyon Citoyenne & Solidaire

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14 commentaires
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comm le 03/02/2014 à 11:20
scorplyon a écrit le 03/02/2014 à 10h51

Assez de ce misérabilisme! Ceux qui veulent acquérir un logement n'ont qu'à faire comme ceux qui sont propriétaires; se retrousser les manches bosser faire des sacrifices et prendre des risques! la Pauvreté est une faute, un manquement une insuffisance ! Cette injustice qui consiste à faire ^payer les bons élèves pour les nuls et les paresseux doit cesser sinon ce pays continuera sa descente aux enfers...

C'est le nivellement des classes moyennes et dociles qui payent pour ceux qui sont en grande difficulté économique.

Résultat des courses, ceux qui n’ont rien reçoivent tout et s'installent dans le confort de l'oisiveté. Quant aux classes moyennes elles sont devenu des vaches a lait que l'on surtaxe.

Quant aux ultra riches, ils défiscalisent tout et échappent a l’impôt massif.

Tous cela est digne d'un systeme communiste.

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scorplyon le 03/02/2014 à 10:51

Assez de ce misérabilisme! Ceux qui veulent acquérir un logement n'ont qu'à faire comme ceux qui sont propriétaires; se retrousser les manches bosser faire des sacrifices et prendre des risques! la Pauvreté est une faute, un manquement une insuffisance ! Cette injustice qui consiste à faire ^payer les bons élèves pour les nuls et les paresseux doit cesser sinon ce pays continuera sa descente aux enfers...

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Subventions subventions le 01/02/2014 à 21:27
Stop à l'hypocrisie a écrit le 31/01/2014 à 08h53

La gauche veut faire davantage pour les mal logés. Mais il faudrait déjà sucrer les immenses subventions qui ne font manger personne

De quelles subventions parle-t-on? S'il s'agit des subventions aux associations, elles "font manger" 1,8 millions de salariés en France. Mais la baisse du budget des collectivités territoriales - austérité oblige - menace 30 à 40 000 emplois dans le secteur. Et ce sont des emplois utiles puisque les associations servent en majorité l'intérêt général.

Par contre, s'il s'agit des subventions pour OL-Land...

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Gabi le 31/01/2014 à 09:47

Des propos justes, j'aime te lire.
Vive la jeunesse

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Stop à l'hypocrisie le 31/01/2014 à 08:53

La gauche veut faire davantage pour les mal logés. Mais il faudrait déjà sucrer les immenses subventions qui ne font manger personne

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Ecosocialiste le 29/01/2014 à 10:19

Prendre en main le problème du mal-logement, c'est aussi s'attaquer à la question écologique. Le chauffage est l'une des principales causes de la pollution sur Lyon.
--> La rénovation énergétique des logements sociaux est un objectif à atteindre!

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immos le 29/01/2014 à 09:10
xixi a écrit le 28/01/2014 à 18h35

Car par définition, aucun OPHLM, aucun service public culturel et aucun gestionnaire de résidence étudiante n'a les moyens d'entretenir ce type d'ouvrage de manière à conserver leur grandeur architecturale. Certains de ces bâtiments sont même classés et on connait déjà le résultat des monuments historiques + HLM = Marseille… Les locataires d'HLM et notamment les primo accédant n'auront jamais les moyens de rénover ces bâtiments qui nécessiteront à COURT TERME une rénovation thermique, sonore extrêmement coûteuse. Après, il est clair que la question de logements sociaux doit être réglée et surtout la question des logements sociaux insérés dans des programmes "normaux" type phase 1 Confluence où les primo accédant bénéficient de rabais et d'aides (crédits d'impôts, prêts facilités) pour acquérir des logements sociaux qu'ils pourront revendre sans contrainte avec une belle plus value financées par le contribuable… Et oui, la revente n'est pas encadrée donc un appartement de Confluence acheté 3200 euros/m2 en tant que primo accédant pourra être revendu sans aucun problème pour 4000 euros/m2 voire plus...

Je suis septique, revendre 4.000,00 € du M2 a Lyon confluence c'est quasi impossible dans un logement dit "ancien", même si le bâtiment a 5 ans.
Des 100 m2 a 400.000 euros, cela ne se vend quasiment plus a LYON.
Je précise que je suis dans l'immobilier depuis 20 ans a LYON.

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Duh le 28/01/2014 à 21:35
Sam a écrit le 28/01/2014 à 21h01

Hum, jeune homme, ne crachez pas si vite dans la soupe. Votre mépris pour les aficionados de la photo ne saurait effacer le fait que vous aussi vous étiez en train de prendre la pause le soir des voeux de la fonda Abbé Pierre. Détendez-vous c'est le métier qui rentre ! Jeune et interchangeable !

Un communiste qui veut poser pour les sans-abris, c'est plus logique qu'un UMP ou un FN !

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Ex sdf le 28/01/2014 à 21:03

Et si tous ces bobos Socialistes accueillaient un sans toit chez eux ?
Ils feraient un peu moins de déclarations et un peu plus d actions

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Sam le 28/01/2014 à 21:01

Hum, jeune homme, ne crachez pas si vite dans la soupe. Votre mépris pour les aficionados de la photo ne saurait effacer le fait que vous aussi vous étiez en train de prendre la pause le soir des voeux de la fonda Abbé Pierre. Détendez-vous c'est le métier qui rentre ! Jeune et interchangeable !

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Tovarich le 28/01/2014 à 19:56

Il va falloir mettre un grand coup de pied dans la fourmilière jeune ami !

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xixi le 28/01/2014 à 18:35

Car par définition, aucun OPHLM, aucun service public culturel et aucun gestionnaire de résidence étudiante n'a les moyens d'entretenir ce type d'ouvrage de manière à conserver leur grandeur architecturale. Certains de ces bâtiments sont même classés et on connait déjà le résultat des monuments historiques + HLM = Marseille… Les locataires d'HLM et notamment les primo accédant n'auront jamais les moyens de rénover ces bâtiments qui nécessiteront à COURT TERME une rénovation thermique, sonore extrêmement coûteuse. Après, il est clair que la question de logements sociaux doit être réglée et surtout la question des logements sociaux insérés dans des programmes "normaux" type phase 1 Confluence où les primo accédant bénéficient de rabais et d'aides (crédits d'impôts, prêts facilités) pour acquérir des logements sociaux qu'ils pourront revendre sans contrainte avec une belle plus value financées par le contribuable… Et oui, la revente n'est pas encadrée donc un appartement de Confluence acheté 3200 euros/m2 en tant que primo accédant pourra être revendu sans aucun problème pour 4000 euros/m2 voire plus...

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Lina S. le 28/01/2014 à 18:31

Belle plume, propositions concrètes vers la justice sociale et l'équité. Le tout sans langue de bois ! Merci à vous !

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Damien le 28/01/2014 à 17:30

Au lieu d'offrir l'Hotel Dieu ou la prison vers Perrache à l'hotellerie et aux magasins de luxe, pourquoi la mairie n'en a pas fait des lieux HLM + lieux culturels ?

Sans parler de l'hopital Debrousse converti en appartements de luxe ?

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