Financés par le privé, les centres anti-cancer d’Auvergne Rhône Alpes traquent les cancers récidivistes

Financés par le privé, les centres anti-cancer d’Auvergne Rhône Alpes traquent les cancers récidivistes
LyonMag

Ils ont choisi un titre incompréhensible pour le commun des mortels : ERiCAN (pour Epigenetic Reprogramming of Cancer cell Plasticity and Resilience) et une maladie dont le vrai nom est à lui seul un problème : "le cancer du poumon non-à petites cellules".

Qui sont-ils ?

Autour de la table il y a Véronique Trillet-Lenoir, directrice du Clara, la structure régionale chargée de catalyser la recherche contre le cancer, entourée de Pierre Hainaut et de Patrick Melhen, qui dirigent deux gros centres de recherche contre le cancer (l’IAB de Grenoble et le CRCL de Lyon) et flanquée de Dominique Blazy, un dirigeant de MSD, branche française de l’américain Merck.

Tous les quatre sont des gens capables de comprendre des articles scientifiques dont les titres peu attrayants peuvent commencer par des mots comme : "Aberrant enhancer hypomethylation contributes to hepatic carcinogenesis…".

Mais malgré tout leur savoir, et malgré les intenses efforts de la communauté scientifique contre le cancer et les succès rencontrés dans la lutte contre la maladie, reste un mystère : pourquoi certains patients sont traités jusqu’à dix fois de suite contre un cancer qui ne cesse de revenir tout en se transformant ?

Pour aider à progresser en ce domaine, la fondation MSD Avenir a tout simplement offert 2,1 millions d’euros pour aider les équipes de recherche de l’IAB de Grenoble et celles du CRCL de Lyon à suivre en commun des pistes qui doivent les aider à comprendre comment les tumeurs cancéreuses se protègent du traitement pour revenir plus agressives et protégées. Grenoble est très fort en épigénétique, Lyon en biologie du cancer. "Entre nous il y a de l’émulation mais pas de compétition", jurent Patrick Melhen et Pierre Hainaut (les équipes vont partager leurs modèles et leurs données). Véronique Trillet-Lenoir parle presque en vers : "Forcer les équipes à travailler ensemble c’est salutaire, se faire la guerre c’est délétère".

Pendant au moins trois ans, donc, environ 150 personnes dans les deux centres vont se lancer à l’assaut de ce mystère avec un but assez simple : comprendre ce qui permet aux tumeurs cancéreuses de se protéger des traitements pour les empêcher de le faire et faire disparaitre le cancer sans crainte de retour.

La solution miracle n’est pas pour tout de suite, mais la course est clairement lancée.

@lemediapol

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cancer

1 commentaire
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Régression! le 23/01/2019 à 10:40

On donne des noms de rues ou d'équipements à des sportifs mais on ignore les savants du moment.
Triste époque!

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