La Puissance
Aux temps antiques, le général victorieux rentrant dans Rome pouvait se voir récompensé de l’honneur d’une parade triomphale. Que les lycéens qui planchent en ce moment le sachent, leur baccalauréat si convoité vient de là : le héros du jour était paré d’une couronne de lauriers (Bacca Lauréa) tenue par un serviteur au-dessus de la tête du triomphateur suprême. Et pour l’inciter à garder l’effort, à se préparer aux joies comme aux déceptions, à l’existence qui se défile avec le temps et à la raison, le couronneur répétait, comme nous l’apprend Tertullien, une phrase Respice post te! Hominem te esse memento! (Regarde autour de toi, et souviens toi que tu n'es qu'un homme !). Pendant des siècles la République et l’Empire firent régner une domination sans partage sur la méditerranée. Puis les héritiers de ces grands généraux et patriciens sombrèrent dans la décadence et la destruction. L’histoire finie sous les épées des barbares et la réédition de Romulus Augustule.
La vie en rose
Les Français ne font plus les choses à moitié. Cette nouvelle alternance, comparable à celle de 1981, démontre qu’ils ne voulaient plus de la cohabitation, déjà expérimentée dans des mandatures précédentes. Cette victoire très importante du parti socialiste et de ses alliés était déjà en germe dans le succès des primaires de l’automne dernier, décrite dans ces colonnes comme "un essai transformé."
Face aux appareils, le souverain c’est le peuple
Il y aura dans le Rhône un second tour entre l'UMP et le FN dans la onzième circonscription. La gauche n'est pourtant pas moribonde dans ce bout du département qui compte, faut-il le rappeler, la communiste Givors et des conseillers généraux socialistes de qualité.
Une mère et ses enfants
Un temps de télé. Un zapping je crois. Une mère seule et ses deux petits. Un témoignage. Un repas. Maigre. Les deux jolis enfants qui mangent. La mère qui les regarde.
Une mauvaise impression
La première impression est la bonne, proclame la sagesse populaire. Nicolas Sarkozy aurait du méditer ce dicton en mai 2007 avant d’organiser sa fête de victoire présidentielle au Fouquets, puis de gagner le yacht de Bolloré pour quelques jours de repos. Ces deux images le poursuivirent tout le temps de son mandat, servant même de support récurrent à ses opposants pour le discréditer aux yeux de l’opinion publique. Il est d’ailleurs étonnant que l’entourage du président sortant n’ait jamais pu effacer ces deux faux symboles du quinquennat naissant, démontrant par exemple que le coût de location de la très chic Maison de l’Amérique latine par Ségolène Royal était largement supérieur à celui du cocktail offert pour 60 personnes par les amis du vainqueur. Mais ceci appartient désormais à la petite histoire de la République.
"Emmeeeeenez-moi à Geoffroy-Guichard, emmeeeenez moi au pays…"
Un jour de 2010 à Brive... Finale de rugby de pro D2 entre le Lou et La Rochelle. Avec l’adjoint aux Sports de la Ville Thierry Braillard, dans une voiture bariolée du rouge et noir des gones ovales, nous voila égarés aux alentours du stade.
De l'intertemporalité des Nuits Sonores et des barbes de trois jours en milieu urbain
Quoi de plus installé dans la modernité que les Nuits Sonores, "forme contemporaine de communication et modification réelle du réel", comme le dirait Raoul Vaneigem.Cette année encore, Vincent Carry et son génie de la communication, Mathieu Gallet, auront réussi à faire bouger la Ville dans tous les sens avec des Nuits Sonores au rayonnement européen et désormais mondial.
La passation
S’il y a un événement auquel nous ne pourrons pas assister, c’est bien celui de la passation de pouvoir entre le président sortant et le président élu. Les chaînes de télévision nous ont désormais habitués à tout voir en direct, en temps réel, nous offrant de surcroît le don de l’ubiquité comme le soir de l’élection où nous passions de Tulle à la place de la Bastille, en un éclair de télécommande.
Place de la Bastille
31 ans que le peuple de gauche n’avait pas fait la fête à la Bastille. Ce très long intermède expliquait la liesse, les chants et les rires alors qu’une autre France défaite, ravalait son amertume et observait le camp adverse fêter sa victoire avec selon un regard triste, intrigué ou incrédule. Cette soirée aura pourtant marqué une alternance apaisée, pas de discours revanchards des ténors socialistes (même de Mélenchon !), une allocution de départ digne et sincère de Nicolas Sarkozy qui sortira grandi de cette campagne, un nouveau président exprimant une joie mesurée sans triomphalisme, soucieux déjà, selon son expression, des énormes défis à relever. La République est solide et le peuple est souverain.
Les tomates anciennes
Avec les beaux jours arrivent les légumes de l'été. Symbole des symboles de ces brillances qui s'annoncent, resplendissant du pourpre des évêques ou de la verdeur de ces temps printaniers, la tomate est l'éclatante reine des temps du soleil. Mais attention malheureux, prenez garde !Tout comme il y existe des degrés de noblesse entre les barons et les ducs, l’ambiguë fruit connaît lui aussi la distinction, au sens bourdieusien du terme,ou disons au sens Lahirien puisque nous sommes à Lyon. Il ne faut en effet surtout pas confondre la tomate banale, la lycopersicon esculentum vulgaris comme l'aurait dénommée Gérard Collomb lorsqu'il était professeur de latin, avec le Graal renouvelé chaque été des prétendants au bon goûts dans tous les sens du terme : la tomate ancienne.La salade de tomates ordinaire, avec sa vinaigrette toute simple, si elle peut être savoureuse, n'emporte en effet aucune sympathie. Avec ses airs de cantine scolaire, elle donne aussi peu envie qu'un pull mouillé qui gratte ou un second mandat de Nicolas Sarkozy. Mangée à la pause déjeuner au restaurant d'entreprise, la tomate ordinaire a au mieux des airs d'équilibre alimentaire, de raison plus que de passion. Il n'y a qu'à voir : elle n'est jamais invitée aux verres entre amis. On lui préfère sa petite sœur la tomate apéritif, qui donne, sans se fouler des airs de nature entre deux lampées de rosé.
Un débat beau comme l'Antique
Combien de téléspectateurs seront devant leur écran mercredi soir ?
Qualifié
François Hollande et Nicolas Sarkozy se sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle.
Drôle de fin de campagne
Les sondages de premier tour s’affolent comme les aiguilles d’une montre qui se croiseraient sans logique.
Quitter les rivages trompeurs de l'enfance
Dans ma précédente chronique, je parlais, j'évoquais la parentalité à la trentaine. Pour nombre de jeunes parents qui sont ainsi l'objet d'un heureux événement dans la famille, il s'agit, en passant au statut de parent, de passer à l'âge adulte. Un moment important, de plus en plus retardé et dont la série Bref, qui connaît un succès mérité est un révélateur : qu'il est donc difficile de devenir adulte !
Les parents trentenaires
Allongement des études, précarisation de plus en plus grande des emplois sous le sarkozysme éclairé ou simple envie d’être installé dans son travail avant d’avoir tous les moyens d’acheter un porte-bébé en coton bio du Brésil, le parent se fait de plus en plus tardif . C’est aussi l’âge dans lequel un certain nombre d’individus déclarent avoir suivi suffisamment de thérapies et de voyages de découvertes et être désormais prêts à devenir parents. En plus désormais, juré, dans cet objectif de vie, ils feront attention à leur santé. Désormais d’ailleurs ils se sont mis au jus d’orange frais.
Collomb n’a pas peur de Mélenchon
Il y a une chose que l’on ne peut pas reprocher à Gérard Collomb c’est son franc-parler.
Hollande ou le fardeau du favori
François Hollande se trouve aujourd’hui dans la situation délicate d’un compétiteur en charge de gagner une épreuve dont il est favori depuis plusieurs mois.
L’ennemi intérieur
Il faudra bien admettre un jour qu’une infime catégorie de la population française vit, travaille, se déplace sur notre territoire comme le commun des citoyens, tout en poursuivant clandestinement un projet belliciste à l’encontre de leur propre pays.



















