Politique 02-02-2010 à 12:07
Présentée lundi par Philippe Meirieu, la liste du Rhône d’Europe écologie fait la part belle aux représentants de la société civile, cornaqués par des conseillers régionaux sortants, comme Etienne Tête et Fatiha Benhamed. Philippe Meirieu, en quatrième position sur la liste, marque par ce choix la volonté de dépersonnaliser ce scrutin, et de mettre fin au rôle du chef. Le rhétoricien d’Europe écologie, qui conserve parfois une certaine verdeur enthousiaste, a bien voulu répondre aux questions de Lyon Mag sur ses objectifs pour les Régionales. Interview.
Lyon Mag : Comment se déroule cette campagne ?
Philippe Meirieu : Les électeurs sont libres et vont décider librement. Ils l’ont fait au moment des élections européennes. Nous pensons que nous pouvons emporter leur adhésion au niveau régional. La Région est un lieu où tous les problèmes, de l’emploi, de l’environnement, de la santé, de la formation, peuvent être traités avec le logiciel écologique.
En quoi consiste ce logiciel écologique que vous évoquez ?
Avec l’écologie, nous pouvons reconvertir les emplois, nous pouvons inventer de nouvelles formations, nous pouvons travailler à une meilleure santé. Nous pouvons renforcer les solidarités entre les citoyens, de tous âges et de toutes classes.
Avez-vous des exemples concrets ?
Prenons l’exemple de l’agriculture. Il faut forcer la solidarité entre les agriculteurs et les consommateurs par des circuits courts, en organisant une agriculture bio de qualité. nous pensons que c’est là que cela se joue. Alors, bien sur, il y a des décisions extrêmement importantes au niveau européen, et l’Europe fait des choix qui déterminent toute notre action. Mais quand vous voyez qu’autour d’une ville, on bitume des terrains agricoles qui pourraient faire d’excellents terrains maraîchers... Cela ne se joue pas au niveau européen, mais au niveau régional, en négociant avec les municipalités. Il faut s’associer avec les organismes existants qui peuvent préempter sur des terrains agricoles. Il faut voir comment concrètement on peut améliorer la qualité de l’eau. Comment concrètement on peut mettre des cantines bio dans les lycées dont nous sommes responsables. C’est cela les responsabilité d’Europe écologie.
Qu'en est-il des autres prérogatives de la Région ?
Je suis très attaché au levier extraordinaire que nous avons au niveau de la Région qui est la formation. La formation et l’éducation représentent 50% du budget de la Région. Avec cela, on peut faire des choses extraordinaire : créer des emplois nouveaux, assurer la reconversion des emplois menacés. Regardez l’aluminium dans les Alpes : on sait qu’un certain nombre d’usines sont gravement menacées. Il ne faut plus faire de la fabrication mais du recyclage d’aluminium. Il faut former les gens pour le faire. Et la Région a les moyens. La Région, c’est le bon territoire et la bonne échelle pour faire passer des choix fondamentaux auxquels je crois, et auxquels les citoyens sont très attachés.
Vous évoquez beaucoup le lycée, la formation, la campagne se base sur les jeunes essentiellement ?
Non. La campagne se base sur tout le monde. Quand je dis : «Gaspillez moins pour vivre mieux», je m’adresse à tous. Tout le monde est concerné par le discours d’Europe écologie. Les jeunes, les moins jeunes, les travailleurs, les gens de la culture. Nous avons projet pérenne pour la culture. Il faut arrêter la culture événementielle. Il faut aider les amateurs dans le domaine de la culture, pour qu’ils ne vivotent pas dans de tous petits hangars mal chauffés. Ils faut qu’ils puissent pratiquer leur art au plus prêt des citoyens, au plus prêt des territoires.
L’ennemi d’Europe écologie, c’est l’abstention ?
Nous avons envie de mobiliser tout le monde. On prévoit un taux de 50% d’abstention, ce qui est énorme. Nous voulons mobiliser les abstentionnistes, et nous voulons leur dire qu’il y aune manière de faire de la politique qui va les réconcilier avec la politique. En dehors des partis traditionnels, de la technocratie traditionnelle, nous allons essayer de mettre de l’humain partout. C’est à l’échellon régional que l’on doit le faire.
Vous vous êtes placé en ennemi de l’État Sarkozy. Pouvez-vous préciser ?
Je trouve que la France file un mauvais coton. Elle est un peu fascinée par une espèce de dérive monarchiste de la politique, Je trouve cela extrêmement grave. Un certain nombre de droits fondamentaux, comme la santé, le travail, le logement, sont aujourd’hui menacés par le pouvoir tel qu’il s’exerce. Je crois que l’éducation nationale, que je connais bien pour y travailler depuis de nombreuses années, est menacée de démantèlement. Tout le monde est placé en concurrence. C’est moins Nicolas Sarkozy que le système qui est en jeu. Le système est basé sur la concurrence. On met les gens en concurrence, on organise la concurrence, y compris au sein des banlieues avec les quotas d'accès aux Grandes Écoles. Nous pensons que la solidarité doit être mise au coeur du projet politique. La solidarité, c’est l’inverse de la concurrence. Nous nous battons pour que cette solidarité gagne partout. La concurrence, c’est has been, c’est vieux, c’est un truc qui est passé.
Un mot sur votre possible ralliement à la liste de Jean-Jack Queyranne ?
Nous ne pensons pas à des ralliements aujourd’hui. Nous sommes au premier tour. Cela fait du sens, et donne la possibilité au citoyen d'exprimer sa préférence. Nous ne voulons pas que ce soit les partis politiques qui donnent les perspectives de vote au second tour. Ce n’est pas aux partis de définir cela, mais aux citoyens. Les citoyens le diront le moment venu. Ce n’est pas à nous de le décider dans les secret de nos appareils. Nous laisserons les citoyens décider.
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Commentaires 8
Déposé par justine le 04/02/2010 à 19h24 Citer
Déposé par Denise nature le 04/02/2010 à 18h09 Citer
Déposé par LorenzoM le 04/02/2010 à 00h07 Citer
Déposé par Christophe le 03/02/2010 à 19h32 Citer
Déposé par Antoine le 03/02/2010 à 19h32 Citer
Déposé par nicov le 02/02/2010 à 18h41 Citer
Déposé par Jeannot le 02/02/2010 à 15h18 Citer
Déposé par Amaury le 02/02/2010 à 13h13 Citer