Actualité 22-10-2010 à 08:25
Malgré quelques débordements durant la matinée, la journée de jeudi a marqué un tournant dans les affrontements entre les casseurs et les forces de l’ordre. Ces dernières, selon la technique de la souricière, ont utilisé cette grande esplanade pour stocker certains des fauteurs de troubles, en bloquant tous ses accès. Le renfort de la vidéosurveillance devrait permettre de faire le distingo entre les manifestants, et les autres. La préfecture, qui a tenu en début de soirée une conférence de presse, assure qu’elle maintiendra la pression jusqu’au tassement du mouvement, et demande aux parents de prendre leurs responsabilités.
Il y a bien eu quelques affrontements jeudi aux abords de la place Bellecour mais rien de comparable à ce que la ville a connu en début de semaine. Des voitures ont été retournées et des commerces touchés, notamment rue Saint-Hélène dans le 2e arrondissement. Mais la plupart des casseurs sont restés cloisonnés par les forces de l’ordre dès le début de la matinée sur Bellecour. Des CRS qui ont d’ailleurs utilisés des camions équipés de canons à eau. La méthode a porté ses fruits, même si une centaine de manifestants contre les retraites, présente jeudi en fin d’après-midi sur la place, s'est insurgée contre la technique de stockage, qui ne fait pas la différence a priori entre les casseurs, les badauds et les manifestants. Les contrôles d’identités ont toutefois pu permettre un premier écrémage. Les mineurs sans papiers, amenés au poste pour des contrôles plus poussés, ont aussi pu être libérés en fin de soirée. Aussi, le concours de la vidéosurveillance devrait également permettre de cibler avec plus de précisions ceux qui sèment le chaos en marge des manifestations. « Nous sommes sur la voie publique, où nous avons enregistré un certain nombre d’évènements. Nous n’allons pas les exploiter dans l’urgence immédiate. Il faut pour l’instant que nous soyons présents sur le terrain. Mais je peux d’ores et déjà vous dire que je vais constituer à la sureté départementale un groupe de recherche et d’investigation qui travaillera peut être pendant trois ou six mois. Mais toutes les personnes qui seront identifiées sur les bandes vidéos, qui ont commis des actes de pillage et des exactions auront à rendre des compte à la justice », précise Albert Dourtre, le directeur de la sureté départementale. L’ouverture de cette cellule d’enquête spécifique devrait permettre d’identifier les fauteurs de troubles actifs jeudi, mais également les jours précédents.
Au total, la Préfecture indique que 47 personnes ont été interpellées hier, plus de 250 au total depuis une semaine. La plupart d’entre eux sont des mineurs, âgés de 12 à 16 ans, déscolarisés et qui viennent des banlieues difficiles de l’est lyonnais. Une réalité qui interpelle le préfet Gérault, qui appelle à plus de vigilance de la part des parents : « j’en appelle à la responsabilité des parents. Il est incroyable de voir que ces jeunes, de 13 ans à 14 ans, continuent à agir comme ils le font, alors qu’ils devraient travailler dans les établissements scolaires. On les retrouve à des dizaines de kilomètres du lieu où ils sont censés travailler. Je pense que les parents seraient bien inspirés de regarder précisément ce que font leurs enfants. C’est aussi leur destin qui est en jeu. S’ils sont incarcérés, ils auront un casier judiciaire qui va les suivre longtemps, et qui peut complètement compromettre leur départ dans la vie. » Le dispositif policier qui a été mis en place ces deux derniers jours à Lyon est reconduit pour cette journée de vendredi.
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Commentaires 4
Déposé par Diego le 28/10/2010 à 09h23 Citer
Déposé par éd. le 22/10/2010 à 13h11 Citer
Déposé par Delphine le 22/10/2010 à 12h19 Citer
Déposé par lab le 22/10/2010 à 10h22 Citer