Lyon : rattrapé par des soupçons de harcèlement sexuel, il renonce aux élections de 2020

Lyon : rattrapé par des soupçons de harcèlement sexuel, il renonce aux élections de 2020
Photo d'illustration - LyonMag

Yann Benhayoun, actuel adjoint au maire du 3e arrondissement de Lyon en charge de l'Education, se voyait bien repartir pour les élections de 2020.

Le socialiste avait d'ailleurs été choisi pour mener la liste de la gauche unie dans cet arrondissement clé de la ville. Preuve de son implication dans la bataille municipale lyonnaise, il avait également été promu directeur de campagne de Sandrine Runel, la candidate PS.


Mais à la surprise générale, Yann Benhayoun a annoncé sa décision de brutalement renoncer à être candidat en 2020 dans le 3e. A l'entendre, ce sont des raisons strictement familiales qui le poussent à se retirer du jeu.

Mais la vérité est en fait bien différente. Elle est en lien avec les soupçons de harcèlement sexuel qui planent sur sa tête. Les affaires en question ne datent pas d'hier, mais aux années 2000, lorsqu'il occupait d'importantes fonctions au sein de l'UNEF, le syndicat étudiant de gauche qui joue depuis longtemps les courroies de transmission du Parti socialiste.

Que ce soit à l'UNEF ou chez le MJS (Mouvement des jeunes socialistes), le droit de cuissage a été largement répandu chez les responsables nationaux, mais les affaires sont restées étouffées avant que les langues ne se délient enfin ces dernières années. Nos confrères du Monde avaient été les premiers à enquêter sur le sujet et à révéler l'ampleur du scandale. Et a notamment s'intéresser à un certain Yann Benhayoun.

"Nous sommes en 2006. (...) Ce soir-là, il faut régler une affaire sensible. La jeune camarade de la tendance trotkiste n'en peut plus des pressions insistantes - SMS, coups de fils tardifs - du responsable de la région parisienne de l'UNEF, Yann Benhayoun. Alors ses "camarades" l'ont convaincue : il faut lui faire comprendre qu'il doit la laisser tranquille. Un piège va lui être tendu. Delphine fait mine d'accepter un rendez-vous galant. Mais au lieu du tête-à-tête convoité, il se retrouve face à une dizaine de ses copains. Une première leçon a été donnée à celui que beaucoup de filles décrivent comme un "gros relou" selon l'expression consacrée en interne", écrivait le Monde.

Le quotidien rapporte un second témoignage tout aussi humiliant pour l'élu lyonnais. En 2007, une membre du bureau national de l'UNEF demande à Yann Benhayoun de se lever lors du centenaire de l'organisation étudiante organisé au Palais des congrès de Lille. Puis réclame au public de l'ovationner, avant de glisser : "Mes chers camarades, vous venez d'applaudir le plus gros sexiste de l'UNEF".

L'affaire rapportée par le Monde n'avait visiblement pas ému Sandrine Runel qui avait conservé sa confiance en Yann Benhayoun. C'était sans compter sur les nouveaux alliés de la candidate socialiste à la mairie de Lyon, et notamment Renaud Payre, son pendant à la Métropole de Lyon. Le directeur de Sciences Po Lyon, à la tête de la Manufacture de la Cité, a exigé la mise à l'écart de l'adjoint au maire du 3e. Il était hors de question pour lui de partager une liste avec une personne soupçonnée dans une affaire de harcèlement sexuel. "Ce serait donner des armes à nos adversaires", avait expliqué Renaud Payre lors d'une récente réunion interne.

Une requête vite partagée par Génération-s et le Parti radical de gauche. Et qui entre dans la ligne réclamée par le patron du PS, Olivier Faure, qui refuse que son parti investisse des candidats soupçonnés dans de telles affaires.

Il faut toutefois rappeler que Yann Benhayoun ne fait l'objet d'aucune plainte et n'est donc pas inquiété par la police ou la justice. Ses détracteurs avaient seulement relayé leur témoignage. Mais pour Renaud Payre et ses amis, le silence de l'accusé après la publication des articles du Monde ne pèse pas en sa faveur. Yann Benhayoun n'avait, à l'époque, exigé aucun droit de réponse et n'avait pas engagé d'avocat pour intenter une possible action en diffamation.

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20 commentaires
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Jaurès le 14/01/2020 à 18:01
Calahann a écrit le 13/01/2020 à 09h18

Entre un souci familial et les réelles raisons de son abstention électorale , il existe un océan en vrai et , de toutes évidences pas favorables le concernant ..... Je ne sais pas comment il se définit entre l'abstinence sexuelle ou l'abstinence électorale, voir représentatif au vu de son parti politique ?
Pour agir de cette manière et répondre sur des doutes avérés, il faut qu'il soit vraiment fort pour ce justifier d'une manière ou autres ?

Cet article est creux et ne mentionne même pas la source de manière correct... Quel crédibilité peut-on donner à ce genre de contenu ?
Je trouve vos commentaires déplacés et immondes.
Je ne connais pas la situation exacte mais l'absence de contenu de cet article devrait vous amené à plus de retenue.
L'article semble être par ailleurs largement piloté par les autres candidats plus que par une réelle curiosité journalistique... Quel est vraiment le but de cet article ? De vos commentaires ?...

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Larutap le 14/01/2020 à 14:04

Tout cela respire la haine avec des comparaisons avec Benalla . Mr Benyaoun a droit à sa vie privée . Les mouvements étudiants sont des lieux d'intense activités militantes et sexuelles ....Personne n'a porté plainte contre lui . Il n'a pu être poursuivi et voila qu'il est écarté de candidature alors qu'il est un élu qui travaille ...
Merci Yan pour votre travail

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Le Petit Pop le 14/01/2020 à 10:20

Les dérives de la communication non stop et des réseaux sociaux: un seul article où des personnes ouvertement opposantes politiques témoigne sans jamais porter plainte, et un homme finit pendant des années en lynchage public...

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vrailyonnais le 13/01/2020 à 20:37

@sonia Vous avez raison, quand on ne connaît pas les personnes, mais il y a eu des articles d’enquête de journaux sérieux.... Il semblerait également que vous ne connaissiez hélas pas non plus Madame Orthographe!!!

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Rasle bol 69 le 13/01/2020 à 19:52

Et il est adjoint à l'éducation... comme d'autres sont mis en contct avec les jeunes scouts. Bravo l'éthique.

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Sonia le 13/01/2020 à 19:16

C'est très facile de parler des personnes surtout quand on ne les connaît pas . J'ai fait des fautes sur le poste de ce matin car j'écrivais avec de la tristesse.
Si chacun balayait devant sa porte, cela vaudrait mieux que de dénigrer sur les gens.
Cela me dérange lorsque l'on parle sur une personne correct et respectueuse.

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Salom666 le 13/01/2020 à 18:29

Triste qu'encore une fois, la dénonciation d'une femme suffit à mettre hors-jeux un homme, sur de simples allégations et sans le jugement d'un tribunal d'une quelconque culpabilité.
C'est ça la justice ?

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Armand le 13/01/2020 à 18:07

Rien d'étonnant d'un socialiste !
C'est leur marque de fabrique.

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lol66666 le 13/01/2020 à 15:27
Parti de Loi et d'Ordre a écrit le 13/01/2020 à 09h41

Le Parti de Loi et d'Ordre punira des sanctions les plus sévères ce genre de comportement auprès des politicards.

C'est quoi le parti de la loi et de l'ordre ?
Un parti de petits bobos lyonnais qui font les justiciers derrière leur écran ?

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Difesf le 13/01/2020 à 15:08

Il est coupable ça ce sent!

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le petit vaudais le 13/01/2020 à 13:46

Il est interdit de dire que Benhayoun le socialiste travaille à la mairie socialiste de vaulx-en-velin en compagnie d'autres amis socialistes embauchés par la mairie.
La centure de lyonmag ne le permet pas

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qui l'a poussé? le 13/01/2020 à 12:11

Benhayoun et Benalla sont dans un bateau

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sans souci le 13/01/2020 à 11:03

presomption d'innocence....

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Calahann le 13/01/2020 à 10:11
@Lam654 a écrit le 13/01/2020 à 09h39

N’importe quoi, c'est un ramassis de clichés, pour qu'il renonce ça doit être bien plus grave.
La drague et les compliments ne sont pas interdits, ce qui l'est c'est de ne pas comprendre le "NON" et de croire que lorsqu'une femme dit "NON" cela veut dire "OUI" et devenir lourd et menaçant ou grossier ou vulgaire...
NON c'est NON un point c'est tout.

Encore un vieux discours que tu tiens en vrai .....Si tu es sûre de toi et de ce que tu dis......Ne présente pas ta copine à autrui, car il existe des personnes de bonnes volontés !

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Une question du style, tout simplement le 13/01/2020 à 09:55
Sonia a écrit le 13/01/2020 à 09h53

Ratez de parler sur les personnes surtout quand ont ne l'ai connais pas

En français :

'Arrêtez de parler des gens surtout lorsqu'on ne les connaît pas.

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Sonia le 13/01/2020 à 09:53

Ratez de parler sur les personnes surtout quand ont ne l'ai connais pas

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Une question du style, tout simplement le 13/01/2020 à 09:47
@Lam654 a écrit le 13/01/2020 à 09h39

N’importe quoi, c'est un ramassis de clichés, pour qu'il renonce ça doit être bien plus grave.
La drague et les compliments ne sont pas interdits, ce qui l'est c'est de ne pas comprendre le "NON" et de croire que lorsqu'une femme dit "NON" cela veut dire "OUI" et devenir lourd et menaçant ou grossier ou vulgaire...
NON c'est NON un point c'est tout.

Seulement un imbécile aujourd'hui engagerait dans la drague et donner des compliments, surtout dans un cadre professionnel. C'est une nouvelle époque, acceptez-la.

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Parti de Loi et d'Ordre le 13/01/2020 à 09:41

Le Parti de Loi et d'Ordre punira des sanctions les plus sévères ce genre de comportement auprès des politicards.

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@Lam654 le 13/01/2020 à 09:39
Lam654 a écrit le 13/01/2020 à 09h19

Il a surement du dire à une collègue qu'elle portait de belles chaussures. Aujourd'hui ça suffit pour être poursuivi pour harcèlement sexuel

N’importe quoi, c'est un ramassis de clichés, pour qu'il renonce ça doit être bien plus grave.
La drague et les compliments ne sont pas interdits, ce qui l'est c'est de ne pas comprendre le "NON" et de croire que lorsqu'une femme dit "NON" cela veut dire "OUI" et devenir lourd et menaçant ou grossier ou vulgaire...
NON c'est NON un point c'est tout.

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Calahann le 13/01/2020 à 09:18

Entre un souci familial et les réelles raisons de son abstention électorale , il existe un océan en vrai et , de toutes évidences pas favorables le concernant ..... Je ne sais pas comment il se définit entre l'abstinence sexuelle ou l'abstinence électorale, voir représentatif au vu de son parti politique ?
Pour agir de cette manière et répondre sur des doutes avérés, il faut qu'il soit vraiment fort pour ce justifier d'une manière ou autres ?

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