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Les Restos du Coeur passent la surmultipliée

Sur le pied de guerre depuis le 30 Novembre, les 1500 bénévoles des "Restos du Coeur" ne connaissent pas l'accalmie. Et pour cause : hausse de la fréquentation des centres, nouveaux types de populations, les prévisions de Pierre Garel dans nos colonnes pour l'hiver 2010 sont , pour l'instant, tristement prémonitoires. Le directeur bénévole des "Restos" de Lyon fait le point pour Lyon Mag, après quatre semaines d'activité. Et s'inquiète ouvertement.

Lyon Mag : On note cette année une hausse de la fréquentation aux "Restos du Coeur". pouvez-vous nous en dire plus ?
Pierre Garel : Les chiffres tombent. Au vendredi 25 décembre, nous sommes à 9% de plus que l’année dernière. 9% de plus au bout de quatre semaines : jusqu’où va-t-on ?

Expliquez-vous cela uniquement par les conséquences de la crise ?

Il n’y a pas que la crise. Je pense que c’est un problème de fond, de société. Je crois que nous allons encore payer le chômage beaucoup plus cher l’année prochaine, avec les fins de droits. L’augmentation de la pauvreté se traduit par l’‘augmentation des familles monoparentales, des travailleurs pauvres. deux millions de gens qui gagnent moins de 910 euros par mois. Cet ensemble là constitue le terreau social des Restos du Coeur.

Quel est le profil des personnes qui viennent aux "Restos du Coeur" ?
De plus en plus de familles monoparentales. Particulièrement des femmes seules, qui se retrouvent dans des situations difficiles, avec parfois deux ou trois enfants à charge. Elles ont souvent des salaires très bas. Nous voyons aussi arriver une population que nous ne connaissions pas du tout il y a un an et demi : ce sont les retraités, qui ont de très petites retraites, et qui n’arrivent plus à faire face. Ils ont été obligés de pousser la porte des Restos. Pour eux, c’est très dur.

Les dons ont baissé ?
Non, et je remercie les donateurs. Les "Restos du Coeur" se portent bien grâce à eux. Nos donateurs ont été généreux depuis le début de l’année. Les dons sont en augmentation. Heureusement, car nous n’aurions pu faire face à la campagne d’hiver.

Êtes-vous pessimiste pour l’avenir ?
L’un des grands thèmes des "Restos du Coeur" cette année se résume en une seule phrase : «Jusqu’à quand ?» Cette une phrase qui veut dire tout ce que l’on peut imaginer. On pourra certes tenir quelques années, parce que nos donateurs sont là, mais nous sommes inquiets. Jusqu’à quand pourrons-nous tenir ?

Combien de personnes se présentent chaque semaine dans le département ?
Aujourd’hui plus de 20 000 personnes. On s’attend à plus de 25 000 personnes d’ici quatre à cinq semaines. Cela représente un petit peu plus de 10 000 familles dont nous nous occupons dans le Rhône. 50% de ces familles sont monoparentales.

Quelles sont vos satisfactions ?

On a de moins en moins d’immigrés de la couronne méditerranéenne, ce qui est positif. Tous les gens arrivés chez nous il y a une trentaine d’année commencent à s’intégrer.

Dans quel état d’esprit viennent les gens aux restos du Coeur ? Ont-ils honte ?

Oui, ils ont honte. J’étais l’autre jour dans un centre, une mamie de 92 ans a poussé la porte. Elle en pleurait. Pour elle, c’était affreux d’être obligé de venir aux Restos du Coeur à 92 ans. 



Tags : sdf | clochard | restos du coeur | precarite | pauvrete |

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