La France insoumise Lyon 8 veut remettre les questions sociales au centre du débat sur la sécurité dans le quartier des États-Unis.
Le mouvement revient sur les "fusillades, bagarres, conflits autour de l’occupation de l’espace public" survenus ces derniers mois et expose ses propositions sur le trafic de drogue, la consommation, la présence policière ou encore les barbecues dans l’espace public.
LFI veut cibler "les têtes de réseaux" et légaliser le cannabis
Sur le trafic de stupéfiants, LFI Lyon 8 estime que l’action publique doit prioritairement viser les organisations criminelles.
La section d'arrondissement propose de "concentrer les moyens sur les têtes de réseaux plutôt que sur les consommateurs ou les petits revendeurs » en renforçant notamment « les enquêtes judiciaires, financières et patrimoniales".
Il défend également une évolution radicale de la politique en matière de stupéfiants : "légalisation du cannabis et sortie de la logique répressive par des réponses sanitaires et sociales".
LFI réclame parallèlement davantage de moyens dans les quartiers populaires pour les services publics, les structures sociales et la prévention, ainsi que des rencontres avec les habitants après les épisodes violents.
Une "police de proximité, sans arme létale"
La France insoumise rejette en revanche plusieurs réponses sécuritaires défendues par ses adversaires politiques.
Sur la vidéosurveillance, le mouvement affirme qu’elle serait "inefficace puisqu’elle ne résout que 3% des affaires".
Concernant la présence policière, le mouvement explique vouloir "une police de proximité, sans arme létale, rassurante". Il dénonce aussi ce qu’il qualifie de "contrôles au faciès abusifs et racistes" dans le quartier, notamment à l’encontre de mineurs.
Le mouvement préfère également le recours à des médiateurs et le renforcement des structures sociales à la création d’une brigade de tranquillité publique.
Des espaces légaux pour les barbecues
LFI Lyon 8 consacre aussi une partie de son texte aux rassemblements et barbecues dans l’espace public, qu’il refuse de qualifier systématiquement d’"incivilités".
"Organiser une fête n’est pas une “incivilité”, au contraire cela participe à faire vivre le quartier. Ces pratiques doivent être acceptées et encadrées, pas réprimées", affirme le mouvement.
Parmi ses propositions figurent la création d’espaces légaux avec une heure de fin pour limiter les nuisances, l’aménagement de lieux similaires dans d’autres quartiers, la médiation entre riverains et participants, ainsi que la prise en compte de l’isolation sonore lors de rénovations de logements, notamment sociaux.
Le mouvement réclame enfin "plus de moyens pour le quartier des États-Unis", qu’il estime "laissé à l’abandon depuis des dizaines d’années", et met en cause la responsabilité de l’État et des municipalités dans ce qu’il qualifie d’"abandon social et économique".