La future brigade métropolitaine des transports ne convainc pas la CGT des TCL.
Dans un communiqué diffusé lundi 31 août, la coordination syndicale estime que les annonces de la Métropole de Lyon laissent encore trop de zones d’ombre, quelques jours après le décès d’un usager victime d’un vol à l’arraché.
"Assurer la sûreté des agents et des usagers est indispensable à l’utilisation et au développement du service public de transports de voyageurs", pose d’abord la CGT. Mais elle estime que la majorité métropolitaine ne précise "ni ses fonctions, ni son statut, ni ses financements" concernant la future brigade.
Public, privé, RATP Dev Lyon ? La CGT demande des réponses
Le syndicat pose directement la question de la composition de cette nouvelle structure.
"Quel serait le statut (public ou privé ?) et l’employeur (...) des agents qui composeraient cette brigade ?", interroge la coordination CGT, qui évoque plusieurs hypothèses : agents territoriaux, entreprise de sécurité privée ou renforcement du service de sûreté déjà assuré par RATP Dev Lyon.
Pour le syndicat, la mesure relève à ce stade davantage de la communication politique : "Cet effet d’annonce fait fi de la réalité afin de servir un discours politique qui ne répond pas aux besoins de sûreté exprimés par les agents TCL comme par les usagers victimes de violence sur notre réseau."
Le financement inquiète aussi le syndicat
La CGT demande également que les sommes consacrées à ces nouvelles mesures ne soient pas prélevées au détriment du fonctionnement et de la modernisation du réseau.
Elle cite notamment l’état de certaines infrastructures, comme les ascenseurs, escaliers mécaniques ou lignes aériennes, mais aussi le matériel roulant.
"Les financements utilisés ne doivent pas desservir le développement et la maintenance d’un réseau vieillissant", insiste la coordination.
La gratuité pour les policiers également critiquée
La CGT conteste par ailleurs la proposition de gratuité des TCL pour les policiers afin qu’ils puissent constituer "une veille de sécurité majeure".
Pour le syndicat, "les agents de police n’ayant pas vocation à assurer le rôle de maintien de l’ordre s’ils ne sont pas en poste", cette mesure constitue elle aussi "un effet d’annonce".
La coordination se montre également très critique sur l’éventualité d’un renforcement d’agents armés relevant de l’exploitant privé : "Une entreprise privée (...) n’a pas à constituer en son sein une milice privée autorisée au port d’armes."
Le syndicat défend plutôt le renforcement des effectifs permanents déjà présents sur le réseau. "C’est bien l’emploi pérenne et durable au sein du service de sûreté des TCL qui permettra la présence auprès des voyageurs", estime la coordination CGT.
Elle réclame également à RATP Dev Lyon de respecter les engagements d’embauches pris auprès des agents du PC Sécurité après un conflit social au printemps et demande le développement de la médiation sociale sur le réseau.