Nouveau virage de la Métropole de Lyon sur le dossier du Lyon-Turin. À l’occasion de l’assemblée générale du Comité pour la Transalpine, réunie mercredi 16 septembre à la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes, sa présidente Véronique Sarselli a annoncé la volonté de la collectivité de réintégrer l’association.
La décision doit encore être soumise au vote du Conseil métropolitain le 28 septembre. La Métropole, membre fondateur du Comité, avait quitté la structure en 2022, sous l’ancienne majorité écologiste.
"Ce renouvellement de l’adhésion au Comité traduit un engagement fort en faveur de ce grand projet stratégique, porteur d’enjeux d’attractivité, de décarbonation, de souveraineté et de rayonnement international de la Métropole", affirme Véronique Sarselli dans le communiqué.
"Je ne voudrais pas que le Lyon-Turin devienne le Dijon-Turin"
Le nouvel exécutif métropolitain veut notamment peser sur la question des accès français au tunnel transfrontalier. Il faut dire que Véronique Sarselli a fait de Stéphane Guggino, ancien délégué général du comité pour la Transalpine Lyon-Turin, son conseiller spécial.
Selon la Métropole, le tunnel de 55 kilomètres sous les Alpes est désormais creusé à près d’un tiers et sa mise en service est programmée en 2033. Elle s’inquiète en revanche du calendrier des quelque 110 kilomètres de voies nouvelles prévues entre Lyon et la Savoie, qui pourraient, selon elle, ne pas être livrées avant 2045.
Véronique Sarselli met notamment en cause la priorité actuellement accordée par l’État à la modernisation de la ligne historique passant par Chambéry et Dijon.
"En tant que présidente de la Métropole je ne voudrais pas que le Lyon-Turin devienne le Dijon-Turin", prévient-elle.
Une première phase à 7,2 milliards d’euros
La première phase des accès français, articulée avec la partie nord du Contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise (CFAL), est évaluée à 7,2 milliards d’euros dans le communiqué.
La Métropole indique que l’Union européenne pourrait financer cette étape à hauteur de 50% et estime qu’il reste moins de deux ans pour sécuriser les financements nécessaires auprès de l’État et de l’Europe.
Elle annonce vouloir se mobiliser sur ce dossier aux côtés de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, des départements concernés et des acteurs économiques.
Le nouvel exécutif entend également relier ce retour dans le dossier Lyon-Turin au développement du Service express régional métropolitain (SERM), le futur RER lyonnais, dont les accès ferroviaires du projet transalpin doivent, selon la Métropole, faciliter le déploiement.