"GTA dans la vraie vie" à Vénissieux : un youtubeur allemand filme tirs de kalachnikovs, drogues et rodéo urbain au cœur des Minguettes

"GTA dans la vraie vie" à Vénissieux : un youtubeur allemand filme tirs de kalachnikovs, drogues et rodéo urbain au cœur des Minguettes
Lucky L 030

Fusils d’assaut, trafic de drogue, virée sans casque et menaces à peine voilées : le youtubeur allemand Lucky Luke 030 transforme les Minguettes et Bel-Air en décor de jeu vidéo, tandis que police et justice commencent à examiner les images.

Il fallait visiblement un youtubeur allemand pour apprendre que les feux rouges sont facultatifs à Vénissieux et que certains points de deal proposent aussi le goûter. Dans une vidéo publiée le 15 septembre et déjà proche des 100 000 vues, Lucky Luke 030 se livre à une visite guidée dans les Minguettes, avant une seconde escale à Bel-Air, à Saint-Priest.

Le vidéaste s’est spécialisé dans la visite des quartiers présentés comme les plus dangereux du monde. Après Marseille, Montpellier ou encore Grenoble en décembre dernier, le voici donc dans le Rhône, guidé par un fixeur et accueilli par des hommes ravis de présenter leur quotidien à la caméra.

Le titre annonce la couleur : “GTA real life”. La comparaison avec le célèbre jeu vidéo est appuyée par un avertissement invitant les spectateurs à ne pas reproduire les scènes montrées. Une précaution presque délicate avant trente minutes de romantisation méthodique du “lifestyle” de cité.

Drogue, Kalachnikov et tarifs d’un prétendu tueur

La visite commence dans ce qui est présenté comme un point de vente de stupéfiants, un “charbon” pour les initiés. Dans une cage d’escalier délabrée, plusieurs hommes entièrement dissimulés sous des vêtements noirs exposent de la résine de cannabis, de l’herbe et de la cocaïne, floutées à l’écran. L’un d’eux montre une arme dont la valeur est estimée à 4 000 euros et affirme que le commerce fonctionne “24 heures sur 24”. Il refuse toutefois de détailler davantage l’organisation : “C’est personnel”.

Le secret professionnel connaît malgré tout quelques accommodements. Les protagonistes expliquent qu’il existe deux points de deal dans le quartier et citent ouvertement les numéros des immeubles concernés. “Il n’y a pas de guerre ici. Celui qui vient au 129, on l’éteint”.

La vidéo franchit ensuite un nouveau palier lorsqu’un homme présenté comme un tueur expose ses tarifs. Selon lui, une exécution serait facturée entre 50 000 et 110 000 euros, “selon les têtes”. Impossible de vérifier la réalité de ces affirmations, mais la mise en scène, elle, ne laisse guère de place à la subtilité.

À l’extérieur, un homme tire en l’air avec ce qui ressemble à un fusil de type Kalachnikov, apparemment pour impressionner la caméra.

Lucky Luke 030 rencontre ensuite plusieurs habitants vêtus d’un tee-shirt portant les pseudonymes d’amis emprisonnés.

Après le coup de feu, place au Capri-Sun : l’immersion se poursuit avec une tournée du quartier à scooter, sans casque et à une vitesse avoisinant les 60 km/h. Le conducteur grille notamment un feu rouge en lançant un enthousiaste : “Vénissieux, 69200, ouais, ouais !”.

Lorsque des policiers apparaissent au loin, le vidéaste comprend soudain que l’expérience pourrait devenir moins divertissante. Il reconnaît qu’il vaut mieux ne pas chercher les ennuis alors qu’il circule vite, sans casque, à l’arrière du deux-roues. L’un de ses amis est d’ailleurs interpellé pendant le tournage, vraisemblablement pour une infraction liée au port du casque.

À Bel-Air, fumigènes et tirs pour terminer la visite

La seconde partie de la vidéo se déroule à Bel-Air, à Saint-Priest. Un homme masqué y décrit un secteur marqué, selon lui, par une forte criminalité et de nombreuses rivalités. Il assure que chacun “reste à sa place et fait son argent”, tout en prévenant que son groupe serait capable de “faire la guerre” et disposerait de nombreuses armes. La paix locale, mais sous conditions générales.

Le youtubeur est ensuite conduit dans un autre point de deal : “Bel-Air 2”. Les tarifs sont affichés sur les murs et une table garnie de nourriture attend les visiteurs. Un vendeur vante une marchandise “de qualité”, assure être bien payé et insiste sur le sens de l’accueil de l’établissement clandestin : “On ne dérange personne”.

La nuit tombée, fumigènes et tirs d’armes à feu viennent clore la visite. Les participants expliquent vouloir adresser un message à ceux qui se sentiraient capables de les “tester”. “C’est la hayat, c’est notre quartier”, lancent-ils, reprenant le mot arabe signifiant “la vie”.

Selon nos informations, au cours de la vidéo, l’un des participants se serait blessé à la main en manipulant ou en utilisant une arme. Des procédures ont été ouvertes du côté de la police et de la justice, tandis que les services de l’État ont également été alertés.

Toujours selon son récit, les forces de l’ordre lui auraient confirmé que la réalisation de son reportage était légale. Filmer l’espace public peut effectivement l’être. Tirer à la Kalachnikov, vendre de la cocaïne ou griller un feu rouge sans casque beaucoup moins. C’est précisément ce que les enquêteurs devront désormais démêler derrière ce reportage YouTube qui a le mérite de se montrer immersif.

2 commentaires
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6mon le 17/09/2026 à 06:19

Quand on vous dit sérieusement qu'il faut envoyer des bataillons de la légion nettoyer ces quartiers.

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Titus69 le 17/09/2026 à 06:18

Il aurait pu intituler son truc la "Nouvelle France Mélenchonienne"

Les quartiers... La situation n'est plus à prouver, elle est connue de tous.
Soit on ferme les yeux et on laisse de développer le cancer (ce que fait nos politiques et Macron depuis 2017),
soit on fait une chimio de choc (quitte au passage à stériliser les zones).

Même schéma qu'ailleurs dans le monde on a recréé les pays d'origine le "Bled" dans le pire de ses versions avec une alliance dealers - islamistes ... mais bon certaines religions sont très passives avec le commerce de la drogue car elles en profitent pour remplir les caisses.

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