Lyon se prépare à un "acte II" sous haute surveillance. La préfecture du Rhône a annoncé anticiper une mobilisation d'au moins 20 000 personnes ce samedi 24 octobre, avec une estimation pouvant atteindre 25 000 participants.
Des chiffres comparables, voire supérieurs, à ceux du 17 octobre, lorsque la mobilisation avait dégénéré en affrontements et en pillages dans la Presqu'île. Cette journée avait notamment donné lieu à 199 interpellations.
Cette fois, les autorités évoquent un "risque très élevé d'exactions" et entendent éviter de nouvelles scènes de violence.
De Bellecour à la Part-Dieu, les rassemblements interdits
Pour ce samedi, la préfecture a pris un arrêté interdisant les manifestations, cortèges et rassemblements revendicatifs de 10h à 23h dans une vaste partie de Lyon.
La mesure concerne notamment l'ensemble de la Presqu'île, de la place des Terreaux jusqu'au centre commercial de Confluence.
L'interdiction s'étend également à des secteurs des 3e et 6e arrondissements, comprenant les Brotteaux et la Part-Dieu, ainsi qu'à la Guillotière et au Vieux Lyon.
Pourtant, plusieurs appels à manifester circulent toujours sur les réseaux sociaux.
Des rendez-vous sont notamment annoncés à partir de 14h sur les places Bellecour, Carnot, des Terreaux, des Jacobins, de la Croix-Rousse et Jean-Macé.
Afin de jouer au jeu du chat et de la souris, plus d'une dizaine de rendez-vous ont été fixés, y compris dès le matin à la Part-Dieu et au parc de la Tête d'Or. Cela va obliger les forces de l'ordre à se démultiplier, parfois pour rien car certains rassemblements ont été annoncés uniquement pour leur faire perdre du temps.
Les centres commerciaux de la Part-Dieu et de Confluence, ainsi que les boutiques du 6e arrondissement, figurent parmi les secteurs jugés particulièrement exposés. Le Vieux Lyon fait également l'objet d'une attention particulière en raison de la présence du palais de justice historique.
La justice confirme les interdictions préfectorales
Plusieurs organisations syndicales souhaitaient pourtant organiser des cortèges déclarés. Solidaires 69 avait notamment prévu une manifestation entre la place Jean-Macé et la place Guichard, où un rassemblement devait également être organisé par la Confédération nationale du travail.
Mais ces initiatives se sont heurtées aux restrictions décidées par la préfecture. Saisis en urgence, les juges du tribunal administratif ont rejeté vendredi soir les référés déposés par Solidaires et la Ligue des droits de l'Homme.
Enfin, aucune suspension générale des transports en commun TCL n'est annoncée pour ce samedi. Métros, tramways et bus doivent fonctionner, mais des adaptations et des fermetures de stations pourront être décidées à la demande des forces de l'ordre, en fonction de l'évolution de la situation.