Protéger à tout prix les commerçants, quitte à vider la Presqu'île ? C'est la stratégie déployée depuis le 24 octobre par les services de l'Etat. Et ce samedi encore, la préfecture du Rhône a demandé et obtenu des arrêts de l'exploitation du métro lyonnais.
Si le week-end dernier, seule la ligne D avait été coupée tandis que la station Part-Dieu n'était plus desservie, ce samedi a été noir sur le réseau TCL.
En effet, les lignes A, C et D du métro sont restées à l'arrêt pendant toute l'après-midi. La B ne desservait plus la Part-Dieu. Les funiculaires sont aussi restés au chaud tandis que les tramways étaient ponctuellement arrêtés.
Même les Vélo'v et les trottinettes Dott en libre-service étaient bloqués dans le centre-ville.
"Tout est prêt pour le fascisme"
Une situation largement dénoncée par les élus écologistes.
L'adjoint au maire de Lyon Valentin Lungenstrass a tiré à boulets rouges sur cette stratégie : "C'est du grand n'importe quoi. Chaque semaine, une atteinte de plus aux libertés et une paralysie du quotidien. C'est disproportionné".
"Comment expliquer les 58 km de lignes TCL coupées ? Couper le métro jusqu'à Vaise, Vénissieux et Feyzin pour 2,3 km de cortège, c'est proportionné ?", surenchérissait Solal Gendrin, conseiller métropolitain.
Matthieu Vieira allait encore plus loin : "Interdiction des Vélov. On a donc vraiment une organisation bien ficelée par la préfecture du Rhône pour empêcher les gens d'aller manifester. Tout est prêt pour le fascisme".
Interdiction des Vélov. On a donc vraiment une organisation bien ficelée par la @prefetrhone pour empêcher les gens d'aller manifester. #31octobre2026 Tout est prêt pour le fascisme.
— Matthieu Vieira (@MtthVieira) October 31, 2026
Adrien Drioli, adjoint au maire du 9e arrondissement, ou encore Laurence Boffet, ancien vice-présidente de la Métropole, y voyaient une "atteinte aux libertés".
Face à ces attaques, la préfecture a répondu. Et a apporté "un démenti catégorique à ceux qui font le lien entre les mesures de suspension entre les transports en commun et la manifestation".
Pour les services de l'Etat, "les suspensions de transport en commun comme la semaine dernière ont pour but de protéger plusieurs secteurs de la ville qui sont ciblés / menacés par des groupuscules qui souhaitent attaquer des commerces et bâtiments publics, comme détecté sur les réseaux sociaux".
En attendant, cela a clairement empêché des milliers de personnes de se déplacer samedi, dont certaines comptaient flâner voire consommer en ville.