Lejaby : "A Rillieux, on a vu ni Wauquiez, ni Sarkozy"

Lejaby : "A Rillieux, on a vu ni Wauquiez, ni Sarkozy"
Nicole Mendez - LyonMag/JazzRadio

Nicole Mendez, déléguée CFDT de la corseterie Lejaby à
Rillieux-la-Pape, était l’invitée de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à
Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.

Alors que les 93 salariés de l’atelier de confection de Lejaby à Yssingeaux ont finalement trouvé une porte de sortie avec la reprise du site par le maroquinier auvergnat Sofama, du côté du siège social de Rilleux, c’est la soupe à la grimace. "Nous sommes heureux que les 93 personnes du site d’Yssingeaux ne soient plus privées d’emploi. Il ne faut pas nier le résultat. Mais l’année passée, il y a eu 193 licenciements chez Lejaby, rappelle Nicole Mendez. Les filles sont restées 15 jours à coucher devant le siège social. On a pas vu Laurent Wauquiez ni le président de la République se déplacer pour leurs emplois. C’est un peu opportuniste à mon sens." Une géométrie variable dans le traitement des enjeux entre le siège social de Rillieux et le site de production d’Yssingeaux. Les repreneurs sont certes différents. Lejaby a été reprise par Alain Prost, qui a délocalisé sa production en Tunisie. "Aujourd’hui, sur Rillieux-la-Pape, c’est mort, il n’y a aucune perspective, constate-t-elle. C’est pour cela que les salariés sont si mal à Rillieux." Des salariés qui "sont fatigués", selon la déléguée CFTC. "C’est le troisième plan social que nous avons. Nous sommes en bout de course. C’est terminé depuis un an et demi pour les salariés de Lejaby à Bourg, Bellegarde et au Theil. Et ça s’est mal terminé. L’accord négocié et diligenté par Estrosi n’a pas été respecté."

Pour les employés rilliards, la marge de manoeuvre est beaucoup plus étroite : "A Rillieux, nous ne pouvons pas mener un combat comme à Yssingeaux. Là-bas, c’est tout un atelier qui fermait. A Rillieux, ce sont des postes de travail qui ont été supprimés. Les salariés sont partis le jour où on leur a signifié leur licenciement, le soir même, cartons sous le bras, et on ne les a plus revus." Au regard de la situation particulière de Lejaby, Nicole Mendez, qui se dit "catastrophée du fait que le métier de mécanicienne en confection est en train de disparaitre sur le territoire", ne veut plus entendre parler du "Made in France", pourtant dans toutes les bouches des candidats à la présidentielle de mai. "Je milite pour du Fabriqué en France. Le Made in France est galvaudé", assure-t-elle. "Une femme avait réfléchi à cet enjeu, c’était Agnès B, rappelle Mendez. On l’a souvent prise pour une folle, mais c’est elle qui avait raison sur le Fabriqué en France." Et la déléguée syndicale de tordre le cou à certaines idées reçues sur les productions délocalisées. "Même si le produit est fabriqué avec un coût du travail moindre, du fait des délocalisations, le consommateur paye son produit de la même manière que s’il avait été fabriqué sur le territoire. Il faut arrêter de mentir à tout le monde."

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2 commentaires
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jm le 03/02/2012 à 18:53

Lejaby est une aberration sous perfusion qui aurait du fermé depuis plus de 10 ans !

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Fanfan le 03/02/2012 à 14:45

Et vous avez vu Montebourg ??! En Haute-Loire, Laurent Wauquiez a fait son boulot d'élu local, comme il l'avait fait en sauvant l'entreprise il y a un peu plus de deux ans, une première fois, loin des caméras et des enjeux présidentiels ! Montebourg et Hollande, à l'époque, ne connaissaient pas l'entreprise, ni la ville d'Yssingeaux !
Que les élus de Rhône-Alpes fasse leur boulot ! Qui est l'acteur le plus compétent surle volet emploi ? La Région ! alors plutôt que de souligner l'absence de ceux qui ont pleins d'autres choses à faire, faites appel à monsieur Queyranne et ses acolytes pour sauver les usines locales !

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