Hébergement d’urgence: "La même problématique que pour les gens du voyage"

Hébergement d’urgence: "La même problématique que pour les gens du voyage"
Alain Sitbon - LyonMag/JazzRadio

Le fondateur du village mobile de Villeurbanne, Alain Sitbon, était lundi l’invité de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.

C’est lundi que prend fin la trêve hivernale pour l’hébergement d’urgence. Alain Sitbon, fondateur du village mobile de Villeurbanne, avait mis a disposition pendant tout l’hiver un village de conteneurs, pouvant accueillir jusqu’à 80 SDF sur le site de l’usine ABB de Villeurbanne. "Je ne m’attendais pas à rencontrer autant de difficultés, de situations lamentables, regrette-t-il. La dignité n’existe plus et le système humain n’est pas du tout mis en avant." La gestion de l’état sur cette question spécifique n’est, selon lui, pas à la hauteur de l’enjeu humain que recouvre l’hébergement de personnes en déshérence sociale. "C’est intolérable de mettre les gens tous ensemble dans des dortoirs", peste-t-il. En quoi son village de conteneurs est-il plus à même de redonner à ces populations ce dont elles ont le plus besoin, c’est à dire un toit, mais également l’estime d’elles-mêmes ? "Chacun a sa chambre, chacun a sa clé, chacun à son lavabo, détaille-t-il. Chacun a son intimité et sa sécurité. C’est cela le plus important. Et nous n’avons eu quasiment aucun incident pendant les trois mois d’ouverture." Le coût quotidien : 8 euros pour le lit et 6 euros pour la maintenance. "Les SDF ne paient rien, précise-t-il. Tout est pris en charge par l’Etat."

Pour Alain Sitbon, la méthode pour optimiser l’hébergement d’urgence passe les initiatives privées et associatives, si elles avancent en bonne intelligence avec les services de l’Etat et les collectivités locales. "Regardez la problématique des gens du voyage. Elle n’a été assumée que par le monde associatif et le privé. On a baissé les tarifs, et la gestion est une gestion économique. C’est fait d’une façon professionnelle." Et le créateur du village mobile ne compte pas en rester là. "Nous recommencerons sur des friches industrielles, sur des terrains mis à disposition par les collectivités." Où, quand et comment ? "Je ne suis ni le maire, ni le président de la communauté urbaine, ni le préfet, glisse-t-il. Chacun me donnera des instructions, que je suivrai. Nous avons déjà des demandes pour plusieurs autres communes en France."

2 commentaires
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Sablizou le 02/01/2015 à 23:37

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Kamouna le 07/04/2012 à 23:10

C'est formidable

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