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L'oeuvre est à retrouver dès mercredi au MBA - LyonMag

‘L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint’ : le fameux tableau enfin présenté au musée des Beaux-Arts

L'oeuvre est à retrouver dès mercredi au MBA - LyonMag

"C'est un bien mince cadeau pour une si grande sottise".

La pique, adressée à "l'envoyé de Charles Quint", est signée Pierre l'Arétin (Pietro Aretino en italien, ndlr), écrivain et dramaturge toscan du 16e siècle. C'est cette anecdote et ce caractère insolent, que le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) dépeint dans l'oeuvre l'Arétin et l'envoyé de Charles Quint, un tableau dont le Musée des Beaux-Arts de Lyon vient de faire la présentation officielle. Il faut dire que l'homme réputé pour la légèreté de ses moeurs (les deux femmes nues, en arrière-plan du tableau en témoignent, ndlr), était coutumier de la chicane, grand amateur de satires... L'Arétin s'était notamment fait une spécialité de railler les puissants de l'époque, allant même jusqu'à s'attirer les foudres du Pape Léon X.
Pour museler celui qui se faisait surnommer "le fléau des Princes", beaucoup lui font des présents considérables... Deux des dirigeants les plus influents de leur époque n'échappent pas à la règle. Ce sont, François 1er roi de France et Charles Quint, archiduc d'Autriche et prince des Espagnes.
Ce dernier, soucieux d'éviter les railleries, avait envoyé un émissaire afin de soudoyer Pierre l'Arétin en lui offrant un collier d'or. Un présent que ce dernier aurait refusé avec dédain. Ulcéré, l'émissaire menace de châtier l'insolent dont la désinvolture témoigne de l'indifférence qu'il porte au pouvoir.

Une première pour le MBA

L’œuvre, commandée en 1848 par un mécène proche du peintre, Jean-Baptiste Marcotte-Genlis, avait été conservée par les descendants de la famille et n'était réapparue sur le marché de l'art qu'en 2010. Le Musée des Beaux-Arts de Lyon a fait l'acquisition de l’œuvre en décembre dernier, achetée 750 000 euros à la galerie de Bayser, à Paris. Pour la première fois de son histoire le MBA a lancé une souscription auprès du public pour finaliser l'achat du tableau. Un acte, inspiré par le musée du Louvre qui, en novembre 2010, avait également lancé une souscription auprès du public. Il s'agissait alors d'acquérir les Trois Grâces de Lucas Cranach l'Ancien. 7000 donateurs avaient répondu à l'appel pour finalement recueillir près d'un million d'euros.

Des dons de 1 à 12 000 euros

A Lyon l'engouement a été fort également. Ainsi, plus de 1500 donateurs "de 4 à 96 ans", comme le soulignait Sylvie Ramond, directrice du musée, ont permis de réunir les 80 000 euros manquant, pour l'acquisition de l'oeuvre. Des dons variés qui vont de l'euro symbolique, à 12 000 euros par personne. 5% des dons viennent de l'étranger, d'Italie le plus souvent. Un "geste pour le patrimoine" que ne manque pas de souligner Sylvie Ramond. Le tableau, qui sera visible dès mercredi par le public, rejoint d'autres oeuvres d'Ingres propriétés du musée lyonnais à savoir deux études peintes pour l'Apothéose d'Homère (1827) et cinq dessins dont une étude d'ensemble pour l'Âge d'Or (1848, œuvre inachevée).



Tags : ingres | Musée des Beaux-Arts |

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