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Le MBA rend hommage au sculpteur Etienne Martin

"Etienne Martin n’a pas encore tout à fait trouvé sa place dans l’œil du grand public", regrette Sylvie Ramond, directrice du Musée des Beaux-Arts de Lyon.

C’est sans doute pourquoi, après la grande exposition de 2011 "l’Atelier d’Etienne Martin", le public lyonnais se voit proposer un parcours original d’une quinzaine d’œuvres du sculpteur ancien étudiant à Lyon en 1930, de "Hommage à Brown" à "Ecce homo".

Suivez le guide

"Hommage à Brown" est en bois, peint en noir, bleu et blanc, et doit faire 2,5 mètres. Sculpté grossièrement - on peut voir les marques des ciseaux à bois -  il ressemble à un totem indien troué en longueur à la figure incertaine. Pas si incertaine que ça, puisque le fils du James Brown, dont la sculpture porte le nom, présent à Lyon il y a quelques jours, a confié à Sylvie Ramond combien la figure de la statue lui faisait penser aux  yeux de son père. Ici comme plus loin, il est beaucoup question des relations père/fils.

En 1945, le père chéri d’Etienne Martin meurt : c’est la fin de l’innocence, l’artiste dit adieu à Loriol où il a grandi. Le monde découvre les horreurs des camps, Etienne Martin sculpte dans du tilleul une Pietà déchirante et émaciée. 50 ans plus tard, l’artiste au terme de sa vie, sculpte une pièce incroyable qui clôt le parcours : "Ecce homo". L’histoire de cette sculpture est raconté par le fondateur du Cercle de Poussin, qui a financé les achats d’œuvre d’Etienne Martin pour le Musée : "Le fils d’Etienne Martin après un orage sur Paris, découvre dans un parc un oranger déraciné. Il observe les racines qui dépassent du sol, et demande à la Mairie s’il peut récupérer cette racine. ‘Pas question’, répond la Mairie. Mais le fils d’Etienne Martin a travaillé aux Eaux et forêts qui acceptent d’intervenir. Le fils d’Etienne Martin récupère donc  la racine de l’oranger et l’apporte à l’atelier de son père, qui frappé par l’œuvre déclare immédiatement qu’il peut en faire une œuvre majeur". Elle l’est.
Toutes les œuvres exposées n’ont pas la force "d’Hommage à Brown" ou d’"Ecce homo", mais ensembles, elles dessinent le parcours d’un artiste qui a maitrisé les codes de la sculpture classique avant de se lancer sur un chemin créatif personnel, de Loriol à Paris, en passant par Lyon.

@lemediapol



Tags : Musée des Beaux-Arts |

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