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Mercier : une ambiance fin de règne

Même si Michel Mercier a sauvé de justesse son fauteuil de président grâce à l’UMP, il n’est plus le patron incontesté du conseil général, ni des centristes lyonnais.

Discrédité
Le président du conseil général s’est largement discrédité pendant cette campagne électorale. Tout d’abord parce qu’au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, il a tout fait pour casser le nouvel élan militant au centre suscité par le discours ni droite ni gauche de François Bayrou qui avait pourtant obtenu 22% des voix à Lyon. Dès le mois d’août, les rumeurs circulaient sur un pacte passé avec Nicolas Sarkozy pour bloquer toute liste autonome à Lyon pour l’élection municipale en échange d’un soutien de l’UMP pour conserver la présidence du conseil général. Et d’une entrée au gouvernement. Ce qu’il a démenti avec fermeté. Mais quand Anne-Marie Comparini, battue aux élections législatives, envisagera de se retirer, il ne fera rien fait pour la retenir. Au contraire. Puis quand Azouz Begag a tenté de prendre le relais, il s’est mobilisé pour bloquer sa candidature et imposer celle de son fidèle, Christophe Geourjon. Un candidat fictif qui rejoindra rapidement la liste UMP de Dominique Perben. Du coup, les militants centristes ont eu le sentiment d’avoir été trompés. Certains ont rejoint Gérard Collomb, comme Gilles Vesco, alors que d’autres ont présenté dans l’urgence une liste autonome. Bref, Mercier a aujourd’hui l’image d’un homme qui a cassé son parti pour défendre ses intérêts personnels.

Sans majorité
Michel Mercier a perdu quatre cantons au profit de l’UMP au cours des dernières élections cantonales : Ecully, Caluire, Brignais et Tassin. Des bastions centristes pourtant tenus par l’UDF depuis 30 ans. Du coup aujourd’hui, il peut aligner seulement 14 élus sur 54, contre 18 avant les élections cantonales. Alors que l’UMP est passée de 11 à 13 sièges. Du coup, la gauche est devenue la principale force politique au conseil général avec 25 élus grâce aux victoires du PS à Lyon et Décines. Et pourtant, Mercier a réussi à s’imposer grâce à son habileté avec le soutien de l’UMP et des deux élus radicaux. Mais il n’a même pas la majorité au sein de cette “majorité” fragile de 29 élus qui ont voté pour lui !

Chahuté
La première séance du conseil général a démontré les limites de l’autorité de Michel Mercier sur sa majorité. Il a tout d’abord dû négocier avec Dominique Perben, lui-même réélu vice-président du conseil général, la répartition des postes de vice-président. Il a même suffi que deux élus radicaux exigent un poste en échange de leur soutien pour que le processus soit bloqué pendant trois heures. Et la solution trouvée par Mercier et Perben a été rejetée. Du coup le conseiller général sortant UMP Georges Barriol qui devait laisser sa place s’est présenté contre Christophe Guilloteau et il a été élu vice-président grâce aux voix du PS mais aussi d’une partie des centristes. Tout un programme pour la suite dans une assemblée qui risque de vivre des débats animés. Avec un Mercier visiblement dépassé.

Surveillé
“Jusqu’à maintenant, on vous laissait faire comme bon vous semblait. Maintenant, ça va changer !” C’est la phrase qu’a lancée Bernard Rivalta à Michel Mercier en ouverture de la première séance du conseil général. Un signe que la gauche va désormais le surveiller de très près. Une gauche qui a renoncé à présenter un candidat, faute de majorité suffisante pour renverser Mercier. En revanche, elle a montré sa force en faisant battre Christophe Guilloteau ou en donnant ses voix à certains élus comme Danielle Chuzeville, élue d’Amplepuis. Mais l’affaiblissement de Mercier n’est pas limité au conseil général. Après avoir démissionné de la présidence départementale du Modem, il ne peut plus bloquer la reconstruction du Modem à Lyon. Ni même jouer un rôle dans une réunification du centre qu’il a fait exploser à Lyon.

Autres problèmes en perspective pour Mercier. Dans quelques semaines Michel Havard, qui a pris la tête de l’opposition UMP au conseil municipal, va devoir démissionner de son poste au conseil général pour cause de cumul. Et la gauche est bien placée pour reprendre son canton. Une élection partielle qui se déroule les 25 mai et 1er juin, ce qui permettra à la gauche de frôler la majorité avec 26 élus. De plus Mercier va avoir plusieurs caps difficiles à passer. Alors que le vote de son budget était jusque-là une formalité, il va devoir céder aux exigences de l’UMP. Et son fameux musée du Confluent dont le coût a dérapé semble menacé. Alors que les élus radicaux vont poser leurs exigences ! Car leur défection permettrait à la gauche d’être majoritaire. D’ailleurs Mercier vient d’embrouiller encore le jeu en annonçant à ses proches qu’il allait se retirer du conseil général !
S’il veut tenir encore trois ans, la seule issue pour Mercier est au fond de se soumettre à l’UMP. D’ailleurs cet “ami” de François Bayrou a pris contact avec Hervé Morin, patron du Nouveau Centre rallié à l’UMP pour lui offrir son ralliement dans les semaines qui viennent. Son seul atout aujourd’hui : il est président du groupe UDF au sénat, ce qui lui permet de jouer un rôle dans ce petit pôle centriste pro-Sarkozy où on se méfie cependant beaucoup de son habileté.

Lionel Favrot



Tags : mercier |

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