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Sophie Parimeros - LyonMag

Chauffard de la rue de Bonnel : “que le juge applique vraiment une peine exemplaire”

Sophie Parimeros - LyonMag

C'est ce lundi que se tient le procès en appel de l'homme qui, dans la nuit du 5 au 6 août 2016, avait causé la mort de Denis Goirand.

En première instance, l'auteur des faits avait été condamné à 3 ans de prison alors que ses passagers, eux, avaient été relaxés.

 

"Je prie le bon Dieu pour que le juge applique vraiment une peine exemplaire". C'est en substance le souhait de Sophie Parimeros. Dans la nuit du 5 au 6 août 2016, elle avait perdu son compagnon, Denis Goirand, alors âgé de 42 ans et chauffeur de poids-lourds, dans un accident causé par un chauffard. Aujourd'hui, Sophie vit "très mal le fait que [ses] enfants vivent sans leur père et la peine prononcée à l'encontre des responsables".

 

Et pour cause. En première instance, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné le prévenu à 3 ans d'emprisonnement. Une peine qui peut sembler légère, alors que le chauffard roulait ce soir-là sous l'emprise de cannabis et d'alcool, en grand excès de vitesse, sans assurance et qu'il avait auparavant grillé plusieurs feux tricolores. Et l'homme ne s'était pas arrêté. Il avait rapidement pris la poudre d'escampette jusqu'en Algérie, pays dont il est originaire. Ses deux passagers, eux, ne s'étaient pas non plus attardés sur les lieux de l'accident, ne portant aucune assistance à la victime. Des condamnations qui avaient poussé le procureur et Sophie à faire appel.

 

Faire appliquer voire évoluer la loi

 

Au-delà du traumatisme évident que cet accident a créé chez cette mère de deux jeunes enfants, se pose également la question de la loi. "C'est inacceptable pour moi de savoir que d'ici quelques mois ou dans un an ou deux, le chauffard sera dehors et que les deux passagers vivent aujourd'hui pleinement leur vie", déplore Sophie Parimeros. Et d'ajouter "je réclame que les faits puissent être requalifiés en homicide volontaire quand il y a des circonstances aggravantes. C'est ce pour quoi je me bats avec le collectif Et 6 c'était vous ?".

 

Ce collectif, né en octobre 2016, prend racines après un drame similaire à celui de Sophie et milite pour une application stricte de la loi voire son évolution. Éric Moreno, père d'une jeune femme dont le décès est à l'origine de l'association qu'il a rejoint, nous a expliqué que "les juges ont la possibilité d'appliquer 10 ans (la peine maximale en cas de circonstances aggravantes, ndlr.), mais ils ne le font pas. Nous notre combat, il est là. Tant que le projet de loi n'est pas abouti, on demande à ce que la loi actuelle soit appliquée." Un projet de loi non-adopté qui prévoyait que "les peines sont portées à trente ans d’emprisonnement et à 250 000 € d’amende lorsque l’homicide involontaire a été commis avec trois ou plus des circonstances mentionnées."

 

En attendant, la loi plafonne donc la peine à 10 ans d'emprisonnement dans le cas de ce chauffard. On en était loin lorsque la première décision a été rendue. Un état de fait qui faire sortir Éric Moreno de ses gonds. "Ceux qui prononcent ce genre de décisions, est-ce qu'ils arrivent à dormir ?, s'exclame-t-il. Les juges doivent se poser de vraies questions. Comment agiraient-ils s'il s'agissait d'un de leurs proches qui était victime ?" Un constat que la mère de famille fait aussi. "J'ai même souhaité qu'un juge ou quelqu'un de très haut-placé le vivent, afin qu'il puisse ressentir notre malheur, notre peine, notre colère. Qu'ils puissent comprendre notre combat. Parce que quand on ne le vit pas, on ne peut pas le comprendre", lâche-t-elle.

 

Son avocat, Maître David Metaxas, estime quant à lui que "manifestement, il y a une forme de laxisme judiciaire. La réponse des magistrats n'est pas adaptée à la gravité des comportements, il y a un moment où il faut taper". Aujourd'hui, Me Metaxas assure se présenter au tribunal "parfaitement confiant sur la décision qui sera rendue."

 

En plus de ce combat judiciaire, Sophie Parimeros en mène un second qui lui est aussi cher. Celui de se marier de façon posthume. Si elle porte aujourd'hui ce nom aux yeux de l'état civil, Sophie se considère d'ores et déjà comme l'épouse de Denis Goirand. "Je suis Madame Goirand, je suis sa femme. Nous avions prévu de nous marier et ça, ils ne me l'enlèveront pas", dit-elle. D'autant plus que ses enfants, eux, portent bien le nom de leur père.

 

C'est donc sur deux terrains que se bat Sophie Parimeros, qui espère ce lundi que "la Cour d'appel nous rende justice, à mes enfants et moi. C'est tout ce que je demande."



Tags : chauffard | rue de Bonnel | procès | appel |

Commentaires 9

Déposé le 08/11/2017 à 12h29  
Par Berneuil Citer

D'accord.

Mais pendant ce temps, que fait la mairie concernée pour sécuriser les carrefours et les chaussées pour minimiser ces comportements répréhensibles ?

à titre d'exemple, la mairie du 6ème arrondissement n'a toujours rien fait pour sécuriser le carrefour de la rue Garibaldi et du cours Vitton, un véritable "paradis" pour les chauffards.....Or, il y a eu un accident grave il y a plus d'un an, "marche blanche à la clef"....

Déposé le 06/11/2017 à 18h51  
Par Charolais Citer

Vous pouvez toujours rever.

Déposé le 06/11/2017 à 17h53  
Par Topaze Citer

Comme Patoche, que je permets de plagier car totalement d'accord avec elle.
l' homicide involontaire n'existe pas, on blesse,ou on tue, quelque soit les circonstances on est maitre de son véhicule quelqui'ils soient.
Sous l'emprise d'alcool et drogue c'est un assassinat.

Déposé le 06/11/2017 à 14h03  
Par jdc jdr Citer

Tiens, un algérien qui roule trop vite, sous l'emprise de l'alcool et du cannabis, et qui tue une personne...
Fait tristement banal.
Malheureusement...

Déposé le 06/11/2017 à 13h10  
Par Macron ne fera rien Citer

Justice complice! a écrit le 06/11/2017 à 12h15

Une peine qui peut sembler légère, alors que le chauffard roulait ce soir-là sous l'emprise de cannabis et d'alcool, en grand excès de vitesse, sans assurance et qu'il avait auparavant grillé plusieurs feux tricolores. Et l'homme ne s'était pas arrêté. Il avait rapidement pris la poudre d'escampette jusqu'en Algérie, pays dont il est originaire. Ses deux passagers, eux, ne s'étaient pas non plus attardés sur les lieux de l'accident, ne portant aucune assistance à la victime.

Ce classique depuis 30/40 ans en France

La justice la plus laxiste du monde, des juges au pays des bisounours.

Et Macron ne changera rien.

Déposé le 06/11/2017 à 12h15  
Par Justice complice! Citer

Une peine qui peut sembler légère, alors que le chauffard roulait ce soir-là sous l'emprise de cannabis et d'alcool, en grand excès de vitesse, sans assurance et qu'il avait auparavant grillé plusieurs feux tricolores. Et l'homme ne s'était pas arrêté. Il avait rapidement pris la poudre d'escampette jusqu'en Algérie, pays dont il est originaire. Ses deux passagers, eux, ne s'étaient pas non plus attardés sur les lieux de l'accident, ne portant aucune assistance à la victime.

Ce classique depuis 30/40 ans en France

La justice la plus laxiste du monde, des juges au pays des bisounours.

Déposé le 06/11/2017 à 10h56  
Par Macron ne fera rien Citer

Pourquoi Macron ne fait rien pour que ce genre d'anomalie ne se reproduise plus ? Posez vous la question !

Déposé le 06/11/2017 à 08h06  
Par ROYAL Citer

Quelle justice de clowns.

Déposé le 06/11/2017 à 07h42  
Par patoche69570 Citer

Homicide involontaire ? Je n'ai jamais accepté cette "appellation" lorsque qu'un individu criminel ,roule sous l'emprise de l'alcool et des stupéfiants ....Moi j'appelle ça un assassinat

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