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Romain Meltz - DR

Triomphe IV

Romain Meltz - DR

Voilà ce qui s'est peut-être dit.

David Kimelfeld

Oui je dois, il le faut, continuer de régner

sur mes sens éprouvés par ce coup annoncé.

Paix ô mon âme troublée : compose-toi un masque

et demeure figée malgré la bourrasque.

Que ce visage se coule dans la cire, que mes traits 

se ferment. J’ai rompu le lien qui les unissait

aux lourds sentiments qui depuis lors m’animent.

Le tumulte est violent, ma fureur masculine

nourrit en noires pensées la baste où je rumine.

 

Mais de tout cela personne ne doit rien savoir

La cire que je coule sur mes traits a pris la forme

Du visage que ma suite vit et doit voir encore.

[dans un miroir]

Bonjour muscle jugal, pourrais-tu te tenir ?

Et toi, sillon marqué, contour de mes deux yeux

Je veux creuser tes ridules et faire un sourire.

Peux-tu de grâce : tendre donc mon front, muscle orgueilleux ?

Que l’irritation ridant ce lieu de ma peau,

soit un souvenir.

Chacun de ces muscles : qu’il faudra tendre pour sourire,

qu’il faudra actionner pour prendre sa main offerte,

qu’il faudra mouvoir pour feindre l'oubli (ou le rire).

Chacun sera compté et devra être réglé.

Je demanderai des comptes, je me veux remboursé

de toute cette machine que je vais mettre en marche

pour paraître l’obligé de celui que j’oblige

 

C’est son pas que j’entends. Autre moi : c’est à toi

 

[entre Gérard Collomb]

 

Gérard Collomb

 

C’est fait : la ville et toi avez su mon retour.

Je n’ai pu te prévenir plus tôt que les autres

J’ai voulu qu’Arthur te l’annonce, qu’il vole, qu’il court

Il fut freiné sur son chemin de bon apôtre

par les cris de joie et la liesse qu’a provoqué

l’annonce de mon retour parmi toi et les nôtres

David Kimelfeld

La liesse de la foule est certaine, tout comme la mienne.

Mais enfin, pour moi ...

Je n’avais nul besoin de savoir votre retour

Seul le fou, l’enfant, ou l’esclave athénienne

pensent croire ce qu’ils voient : ce n’est qu’un tour.

Le jeune chiot, à l’ombre, quand se couche le soleil

hurle à la mort de peur de ne jamais le revoir

l’angoisse le rend fou, il gémit la nuit, il veille.

Son père le rassure : il sait bien qu’après le noir

le jour revient. Je savais aussi cela, moi !

 

Gérard Collomb

 

Oui je suis ce soleil, et la nuit va finir.

Je reviens tout baigné d’un destin national

D’où je n’ai cessé de voir Lyon trop peu luire

face à la lumière d’un Paris hexagonal

 

David Kimelfeld

 

J’ai fait plus que mon devoir pour ne pas faire d’ombre

A votre action passée.  Je crois être parvenu

à embellir votre Lyon qu’on ne peut confondre

Avec celui qu’en partant vous m’avez vendu.

Votre oeuvre est là j’en ai raffermi les couleurs

Le fonds est le même, j’y ai déposé ma touche :

Des vieillards que je veux suivre en leur dernière heure.

Des femmes mères, si las, pauvres, que leur vie étouffe.

Des enfants seuls que vous chassez avec fureur..

 

Gérard Collomb

 

On le sait, David : tu as peut-être fait tout cela

En plus de ce que je te demandai en partant.

Souviens-toi de mon conseil d’alors : “attends-moi

Ne fais rien de plus, de moins, bref ne fais rien”.

L’inaction t’aurait pesé ? ton fauteuil trop perché ?

As-tu cru entendre la chanson de ton destin ?

As-tu voulu être dans les livres des historiens ?

Aurais-tu voulu faire de cette ville un tremplin ?

Peu importe quels ont pu être tes desseins.

Je suis là, de nouveau, pour longtemps, au-dessus.

Je reprends cette place, la première, parmi nous

Tu as pu changer Lyon : rien ne peut, moi, me changer.

 

[David Kimelfeld sort]

 

Romain Meltz

 

@lemediapol



Tags : Meltz | collomb | kimelfeld |

Commentaires 7

Déposé le 30/09/2018 à 11h37  
Par oui mais... Citer

Bien trop gentil pour décrire les 2 personnages !

En 2 lignes, moi je dirais :

en 2020 se présente une belle opportunité, celle de les dégager,
et hop, oublié les malfrats du passé !

Déposé le 29/09/2018 à 10h00  
Par Bonjour Citer

Et e David K. Qu’on voyait tous les jours sur Fr3 avec un avis sur tous les sujets, prêt à prendre le fauteuil... il a dû avaler son chapeau

Déposé le 28/09/2018 à 11h22  
Par Et la césure ?? Citer

@lemediapol a écrit le 28/09/2018 à 10h53

J'avais demandé à Jean Racine d'écrire ça, mais il n'a pas répondu à notre mail ;-)

Un coquin de plus en ce bas monde...

Déposé le 28/09/2018 à 10h53  
Par @lemediapol Citer

du vent ! a écrit le 28/09/2018 à 10h30

C'est subtil certes, mais bien trop indulgent !

Ces dérives de gens de pouvoir pour se maintenir dans leurs privilèges et leurs excès me font vomir

Je vais tout réécrire en plus méchant ;-)

Déposé le 28/09/2018 à 10h53  
Par @lemediapol Citer

Et la césure ?? a écrit le 28/09/2018 à 10h37

Non, pas la censure, la césure !
Hein ?
Parce qu'il y a des efforts dans ce travail, mais la césure n'existe pas, et les pieds sont respectés... de temps en temps...
Passons maintenant à la note.... o:)

J'avais demandé à Jean Racine d'écrire ça, mais il n'a pas répondu à notre mail ;-)

Déposé le 28/09/2018 à 10h37  
Par Et la césure ?? Citer

Non, pas la censure, la césure !
Hein ?
Parce qu'il y a des efforts dans ce travail, mais la césure n'existe pas, et les pieds sont respectés... de temps en temps...
Passons maintenant à la note.... o:)

Déposé le 28/09/2018 à 10h30  
Par du vent ! Citer

C'est subtil certes, mais bien trop indulgent !

Ces dérives de gens de pouvoir pour se maintenir dans leurs privilèges et leurs excès me font vomir

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