Politique 15-02-2010 à 12:10
Le Modem est en ordre de marche. Les listes déposées le 9 Février en préfecture ont été validées lundi matin. Mais que ce fût dur ! Une victoire en soi pour Azouz Begag, qui a su tenir bon, mais qui a laissé au bord de la route quelques unes des huiles du parti en région. C’est le cas de Philippe de Longevialle, désormais ex-président du Modem-Isère et auteur du mail qui a fait coulé tant d’encre, usurpant au passage l’identité de Thomas Rudigoz pour tirer la sonnette d’alarme sur l’état de la campagne du parti centriste. L’homme, qui a fait l’objet d’une procédure de suspension ayant aboutie positivement lundi, a préféré quitter le parti. L’interview pour Lyon Mag.
Lyon Mag : Du succès de la Présidentielle de 2007 jusqu’aux Régionales plutôt confuses de 2010, que s’est-il passé au Modem ?
Philippe de Longevialle : Pour l’élection présidentielle, les gens ont adhéré sur des idées sur un concept de vie politique. Il y a eu ensuite les Législatives, les Municipales, puis maintenant les Régionales. Ce sont des perspectives beaucoup plus concrètes, avec des choix à faire localement, avec des listes à constituer. C’est totalement différent. C’est une des raisons pour lesquels les gens ont plus de mal à passer d’une adhésion à des idées, à l’adhésion à une liste ou un candidat local.
Je pense qu’une des difficultés du Modem, c’est son manque d’organisation. Le Modem est un parti jeune, qui a peu de cadres, et qui fonctionne en amateur. C’est un parti qui n’a pas su se structurer pendant ces années pour avoir un modèle qui fonctionne et qui tourne correctement. On le voit bien dans la manière dont il aborde les campagnes et les élections. Nous sommes toujours les derniers à présenter nos candidats, à être en ordre de marche, à sortir notre programme et à lancer la campagne. On ne peut pas faire une campagne correcte si nous ne sommes pas suffisamment organisés en amont. Cela fait parti des raisons aggravantes.
Les querelles intestines sont-elles symptomatiques du manque de stratégie globale ?
Il y a également un problème de stratégie, et on l’a bien vu sur Lyon, avec trois tendances différentes qui se sont détachées au moment des élections municipales. La difficulté à choisir de manière claire une voix est un problème. On peut s’allier avec la droite ou avec la gauche, on peut trouver des formes différentes d’action politique, mais, à un moment donné, il faut agir suffisamment en amont pour que les électeurs comprennent la démarche. Et ça ne s’est pas passé comme ça.
Quels évènements vous ont décidé aujourd’hui à quitter le Modem ?
J’ai très vite vu que les choses ne s’enclenchaient pas comme nous l’espérions en 2007, avec cet élan qui s’est étiolé. D’autre part, nous avions du mal à faire vivre la démocratie interne au sein du parti. Cela s’est révélé clairement au moment des Régionales. Ce malgré des réunions avec les cadres régionaux du parti, où nous avions fixé des objectifs. Dans la pratique, rien ne s’est passé comme il l’a été décidé lors de ces réunions. Le Modem a préféré choisir un candidat pour sa notoriété. A aucun moment le processus démocratique a été suivi. Tout a été fait en dehors, avec des accords entre les uns et les autres. Il n’y avait rien sur quoi mobiliser les gens. Cela a été la goutte d’eau
Quel est, selon vous, le talon d’Achille du Modem ?
Arrive un moment où on ne peut pas seulement essayer, élections après élections, de faire des coups médiatiques pour survivre. Aux élections européennes, l’absence de stratégie claire avait conduit à un résultat assez moyen, 8% au niveau national, alors que nous nous attendions plutôt à faire de 12% à 14%. François Bayrou avait reconnu alors une erreur de stratégie. Il aurait fallu en tirer les leçons. J’ai constaté dès l’automne 2009 que les leçons n’avaient pas été tirées. Plutôt que de remettre le Modem en ordre de marche en lui fixant une stratégie claire, en choisissant son candidat et en déterminant son programme très tôt, pour permettre à l’ensemble du mouvement et aux électeurs de se mobiliser, nous avons continué à tergiverser. Nous avons fait un congrès à Arras complètement décalé par rapport à l’enjeu des Régionales. A quatre semaines du scrutin, la plupart des départements et des régions ne sont pas en ordre de marche pour cette échéance. Tout cela est le signe d’un parti qui, aujourd’hui, tourne à vide.
Cette campagne décalée d’Azouz Begag vous inspire quels sentiments ?
La campagne n’est pas décalée, elle est à côté de la plaque. D’ailleurs, il n’y a même pas de campagne du tout. On est à quatre semaines du scrutin, et pour l’instant il n’y a pas de campagne. C’est trop tard. Vous n’allez pas toucher quatre millions d’électeurs en allant vous asseoir sur des tabourets dans des bars. Tout cela me fait sourire, c’est très démagogique. Quand on dit qu’il faut des stages pour les jeunes, c’est très bien, mais ce n’est pas un projet politique. Ce n’est pas un projet pour la région. Quand on dit qu’on ne va pas faire de papier glacé, c’est du discours politique. Nous n’avons personne pour tracter ! Au delà de ça, nous n’avons absolument aucun fond. Il n’y a eu aucun débat sur la question. nous avions créé des comités de travail pour réfléchir sur les projets. Le candidat n’a pas voulu de ces réflexions. Moi qui me suis engagé depuis longtemps en politique pour le fond, pour les idées, pour le projet, pour l’idéal, me retrouver dans cette situation me fait très mal au coeur.
Quelle suite allez-vous donner à votre carrière politique ?
Je ne suis plus au Modem, j’ai démissionné. Pour moi, cette aventure est terminée. Mais les idées et l’idéal demeurent. Je vais continuer l’action politique. J’ai beaucoup d’amis autour de moi. Tous ont un peu la même réflexion que moi : soit ils se sont retirés, soit ils sont entrain de se retirer du Modem. Et la vie politique ne s’arrête pas à l’encartage. Je pense que les choses vont évoluer dans les années qui viennent. On approche de la présidentielle, il y aura sans doute des recompositions politiques. Je pense que c’est à ce moment là qu’il faudra recréer ce qui avait été l’élan de 2007, cette dynamique particulière. Alors dans quelles conditions et sous quel forme, aujourd’hui je n’en sais rien. C’est qui est sur, c’est que quand on a la politique chevillée au corps comme je l’ai, on ne peut pas s’arrêter et se désintéresser de tout ce qui a constitué nos idéaux. Au contraire, mais la forme sera différente.
Quel conseil donneriez-vous pour ces élections ?
Oubliez les idéologies et les appartenances, votez pour le meilleur projet régional, celui qui permettra à la r&ea
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Commentaires 10
Déposé par Michel le 18/02/2010 à 21h47 Citer
Déposé par Fred le 17/02/2010 à 13h23 Citer
Déposé par stop à l'opportunisme le 17/02/2010 à 12h36 Citer
Déposé par Azouzkelgag le 15/02/2010 à 22h18 Citer
Déposé par contexte le 15/02/2010 à 18h50 Citer
Déposé par steph le 15/02/2010 à 17h58 Citer
Déposé par AM le 15/02/2010 à 17h29 Citer
Déposé par citoyen42 le 15/02/2010 à 16h33 Citer
Déposé par José le 15/02/2010 à 13h30 Citer
Déposé par Et oui, c'est malheureu le 15/02/2010 à 13h22 Citer