Actualité 09-11-2010 à 18:11
On a parlé de manches de pioches, de manifestants extérieurs à l’université, cagoulés. Que s’est-il réellement passé sur le campus de la porte des Alpes mardi matin ? Alors que le maintien du blocage du site de Lyon 2 avait été voté la veille, tout à dégénéré lors du passage dans les couloirs de son président André Tiran. Et c’est visiblement l’appareil photo qui a mis le feu aux poudres. Un coup de genou et un dépôt de plainte plus tard, André Tiran a bien voulu apporter ses éclaircissements à Lyon Mag.
Lyon Mag : Que s’est-il passé mardi matin sur le campus de la porte des Alpes ?
André Tiran : Concrètement, j’ai été agressé. Mardi matin, dès 8h, j’ai été informé par le directeur général adjoint du campus Porte des Alpes qu’un groupe d’une cinquantaine d’étudiants bloquait les portes du campus en y installant des tables et des chaises, que nous avions préalablement déménagé dès 6h du matin. Je me suis rendu sur la campus avec un appareil photographique pour photographier ce qu’il s’y passait et pour avoir des preuves. J’ai commencé par la bâtiment A. Il y avait des étudiants qui étaient devant ces tables et ces chaises empilées. Lorsqu’ils m’ont vu arriver avec un appareil photo, ils se sont cachés. Nous avons pu débarrasser les tables et les chaises. S’ils s’y étaient opposés, je les aurais photographié pour les traduire en conseil de discipline. Nous sommes arrivés au bâtiment K, à l’amphi D. Il y avait un groupe que je ne peux pas identifier, plus âgés que des étudiants de 18 ans. Quand ils m’ont vu avec l’appareil photo, ils se sont jetés sur moi. J’étais accompagné de deux gardiens de sécurité. Il y a eu un échauffourée et des coups. J’ai pris un coup de genou sur le côté gauche. J’étais également avec cinq personnes de l’administration, qui m’ont extrait de cette mêlée. Je me suis ensuite rendu au bâtiment administratif où j’ai signé un ordre de réquisition de la police, pour faire interpeler et évacuer ces personnes. Le temps que la police interviennent, ils étaient partis du campus. Je vous passe les insultes et les menaces de mort. A la suite de quoi j’ai fermé le bâtiment K. Le reste du campus est resté ouvert.
Qu’en est-il des coups présumés de manche de pioche ?
Il y avait une personne que j’ai vu très disctinctement, qui avait une cagoule et un manche de pioche à la main. Il était à 60 cm de moi. Je n’ai pas reçu de coup de manche de pioche, mais j’ai pris un coup de genou. Les gardiens qui étaient avec moi ont pris des coups de pieds.
Quelle est la situation actuellement à Lyon 2 ?
A part le bâtiment K, le reste à fonctionné normalement. Nous avions pris des dispositions pour y parvenir. Notre position est très simple. Il est inacceptable, intolérable à tous égards que 80 personnes décident que 15 000 personnes n’accéderont pas à leur lieu de travail. Ce sont des méthodes de violence, qui relèvent d’une inspiration - et j’utilise le mot à dessein - fasciste.
Le syndicat UNEF a dénoncé ce type de vocabulaire pour évoquer le blocage...
J’utilise ce mot de manière très volontaire, même s’il est très fort. Je ne vois pas comment on peut qualifier des actions violentes, où des personnes empêchent les gens de passer. Le droit de grève et la liberté de grève existent à Lyon 2. Le droit d’assemblée générale existe. Je mets à chaque fois à disposition des salles. Nous avons même levé le contrôle des absences pendant la tenue des AG ou des manifestations. mais le fait de bloquer les bâtiments, de mettre en danger des personnes, ce sont des méthodes qui relèvent d’un totalitarisme. Ce sont des méthodes de violence.
Le syndicat UNEF dénonce votre méthode de débarquer avec un appareil photo pour prendre en photo les personnes qui bloquent. Il pense que c’est cette méthode qui engendre de la violence...
L’UNEF pense ce qu’elle veut. je suis président de l’université. Je suis dans mon université. Je prends les photos que je considère comme nécessaire de prendre. Si le fait de prendre une photo engendre de la violence, c’est parce que les gens sont en situation illégale, et qu’ils sont passibles de condamnation et de sanction. Je ne vois pas pourquoi ces sanctions ne pourraient pas s’appliquer. La question qui doit être posée aux militants de l’UNEF c’est de savoir si toute action doit relever de l’impunité.
Allez-vous demander une présence permanente des forces de l’ordre pour les heures d’ouverture de l’université ?
Non. En aucun cas. Ce n’est pas la position de la présidence. J’ai indiqué très précisément qu’il y avait deux circonstances qui nécessitent un appel aux forces de l’ordre : en cas d’occupation des locaux, et d'actions violentes menées par tel ou tel groupe. Ce cas de figure s’est produit mardi matin.
Vous craignez que ce type d’action se reproduise dans les jours qui viennent ?
Tout est possible. Mais je ne vois plus bien quel est le rapport entre ce type d’actions et les buts du mouvement social.
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Commentaires 8
Déposé par zigzag et flashballs le 10/11/2010 à 09h47 Citer
Déposé par ANCIEN EUDIANT le 09/11/2010 à 22h43 Citer
Déposé par geronimo le 09/11/2010 à 22h33 Citer
Déposé par UN ANCIEN ETUDIANT le 09/11/2010 à 22h23 Citer
Déposé par laugier aulagnier le 09/11/2010 à 21h17 Citer
Déposé par laugier le 09/11/2010 à 21h14 Citer
Déposé par actuel etudiant le 09/11/2010 à 19h53 Citer
Déposé par ancien étudiant le 09/11/2010 à 18h58 Citer