Entre 2021 et 2026, de nombreux éléments convergents dessinent le tableau d’un climat social durablement dégradé au sein des services municipaux, sur fond de fragilisation politique de l’exécutif local dirigé par le maire Christian Duchêne.
Loin d’incidents isolés, les faits recensés — alertes syndicales, droits de retrait, arrêts maladie, départs massifs d’agents, signalements écrits et contentieux — concernent plusieurs services de la commune, au premier rang desquels la police municipale et le Centre communal d’action sociale (CCAS). Une situation qui interroge la capacité de l’exécutif à prévenir et traiter les risques psychosociaux dans la durée.
21 policiers municipaux ont quitté la collectivité
Dès 2021, la police municipale est secouée par une vague de départs sans précédent. À l’époque, près de la moitié des effectifs envisagent de quitter le service. Si la mairie évoque alors des choix personnels, des agents contestent publiquement cette lecture, dénonçant un manque de reconnaissance "salariale et humaine".
Au fil des mois, le discours évolue. En septembre 2021, l’exécutif reconnaît des "dysfonctionnements internes", puis engage plusieurs enquêtes administratives. Les syndicats, eux, alertent à de multiples reprises sur des problèmes structurels de management et d’organisation, pointant une dégradation continue des conditions de travail.
Ces alertes culminent en 2024 avec la révocation du chef de service de la police municipale, décision finalement annulée par le tribunal administratif de Lyon fin 2025. Dans son jugement, la juridiction administrative sanctionne une procédure jugée irrégulière, infligeant un revers judiciaire majeur à la municipalité.
Le chef de la police municipale par intérim de la Ville de Saint-Fons fait de son côté l’objet de plusieurs procédures pénales distinctes. Selon les éléments recueillis, au moins trois plaintes pénales ont été déposées à son encontre entre 2024 et 2025. Elles portent notamment sur des faits présumés de harcèlement moral, de faux et de faux en écriture publique, ainsi que de diffamation. Ces plaintes s’inscrivent dans un contexte déjà marqué par des antécédents disciplinaires lourds dans une précédente collectivité, créant une succession de tensions internes au sein de la police municipale de Saint-Fons. À ce stade, ces procédures suivent leur cours judiciaire et aucune décision définitive n’a été rendue.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 21 policiers municipaux ont quitté la collectivité depuis le début du mandat, auxquels s’ajoutent plusieurs cadres intermédiaires. Malgré les changements successifs de responsables et la multiplication des enquêtes internes, le malaise persiste.
Sur le plan judiciaire, le maire de Saint-Fons, Christian Duchêne, est lui-même visé par plusieurs plaintes pénales, distinctes les unes des autres, mettant en cause la gestion municipale. Parmi elles figurent notamment une plainte pour prise illégale d’intérêts, ainsi que plusieurs plaintes pour harcèlement institutionnel, déposées par des agents municipaux. L’une de ces procédures a par ailleurs donné lieu à une requalification pénale en discrimination et exploitation de personnes vulnérables, visant non plus seulement des faits individuels, mais le fonctionnement de la collectivité.
Mais les difficultés ne se limitent pas à la police municipale. Au CCAS, un signalement collectif daté de mai 2025, signé par 14 agents, alerte sur une surcharge de travail chronique, un manque de moyens et une pression hiérarchique accrue. Quelques semaines plus tard, une dizaine d’agents sont simultanément en arrêt maladie, désorganisant un service pourtant central dans une commune confrontée à de fortes vulnérabilités sociales.
Si la mairie réfute publiquement toute crise, évoquant des "rumeurs" ou des "fake news", plusieurs mouvements sociaux font état d’un service en tension durable. Des agents décrivent une perte de sens du travail. Un décalage manifeste entre communication institutionnelle et ressenti interne.
Certaines informations internes, rapportées avec prudence, interrogent également sur les conséquences professionnelles subies par des agents contractuels après des arrêts maladie ou des mobilisations collectives, dans un contexte déjà fragilisé.
Une majorité municipale en lambeaux
Sur le plan des ressources humaines, la collectivité fait face à une fuite inédite de cadres. Entre novembre 2024 et début 2026, 18 postes clés — cadres A et B — ont été libérés à la suite de mutations, fins de contrats ou non-renouvellements, comme en attestent les annonces publiées sur le site Emploi Territorial.
Cette fragilité administrative s’accompagne d’une crise politique ouverte. Élu en 2020 avec une majorité confortable de 26 élus sur 33, le maire voit son socle se fissurer dès mars 2024, lorsque huit élus de sa majorité demandent publiquement sa démission lors du vote du budget. Le retrait de délégations, puis une recomposition de dernière minute avec des élus issus de l’opposition, sont présentés comme un retour à la stabilité.
Mais cette majorité reconstituée apparaît rapidement instable. Plusieurs élus engagés dans l’exécutif mènent désormais des démarches politiques concurrentes. À l’approche des municipales, seuls cinq élus de la majorité actuelle figurent sur la nouvelle liste du maire.
Symbole de cet isolement croissant : le dernier conseil municipal de la mandature a dû être annulé le 29 janvier, faute de quorum.
Pris dans leur globalité, ces éléments soulèvent une question centrale : celle de la responsabilité politique dans la gestion des ressources humaines et du climat social au sein d’une collectivité territoriale.
Aucune décision judiciaire n’est intervenue et toutes les personnes mentionnées bénéficient de la présomption d’innocence.
Ancien directeur d école autoritaire avec comme premier adjoint son gendre .Toit pour créer des problèmes,,,,,,la preuve.
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