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Collomb au PS : “Ce n’est pas un revirement”

Difficile de suivre le parcours de Gérard Collomb dans le jeu des alliances au PS avant le congrès de Reims en novembre. Eclaircissements.

Pourquoi vous avez rallié Ségolène Royal ?
Gérard Collomb : Ce n’est pas du tout un ralliement. Simplement, nous avons interrogé différentes personnalités pour savoir si elles acceptaient de mettre entre parenthèse leur candidature au poste de premier secrétaire du parti, parce que ça nous semble une condition indispensable pour que le PS puisse travailler dans une certaine sérénité jusqu’aux élections présidentielles de 2012. Et seule Ségolène Royal a accepté ce préalable. Ce qui nous a amené à nous rapprocher d’elle.
Mais c’est un aveu de faiblesse !
Non, il suffit de comparer la contribution que Ségolène Royal avait rédigé au départ et la motion que nous avons présenté ensemble, pour constater que toute la première partie est une reprise du texte de notre motion.
Vous avez soutenu Strausss-Kahn, puis Royal à la présidentielle avant de lancer votre propre motion... C’est un peu difficile de vous suivre !
Ce n’est pas un revirement. Je suis toujours sur la même ligne politique, celle d’un réformisme assumé. Pour pouvoir développer une grande politique sociale et  écologique, il faut développer l’économie. Ce que nous avons fait à Lyon. Cette démarche peut être portée par un certain nombre de personnalités. A l’époque, si Dominique Strauss-Kahn avait été plus engagé dans sa candidature à la présidentielle, j’aurais pu continuer à le soutenir. Mais il fallait prendre en compte la dynamique suscitée dans tout le pays par Ségolène Royal.
Franchement, vous êtes pas tombé dans la politique politicienne ?
Ça n’a jamais été mon style et c’est pas aujourd’hui que ça va commencer. J’ai toujours été fidèle à la ligne claire que nous avons incarnée dès le départ avec Vincent Feltesse, Emmanuel Valls, Jean-Noël Guérini... Certains ont pu changer autour de nous, mais nous on n’a pas changé. Et je constate que nos convictions ont déteint sur l’ensemble des motions, qui reprennent désormais à leur compte qu’il faut changer le parti, en  s’appuyant davantage sur les réalités locales.
Ce qui vous différencie de Martine Aubry et Bertrand Delanoë ?
Je n’ai pas de problème de personne avec eux. Mais sur le fond, Martine Aubry refuse d’assumer une ligne réformiste, notamment sur la question des alliances. Et j’ai le même problème avec Bertrand Delanoë, qui refuse de dire vraiment quelles alliances il fera au deuxième tour des présidentielles. Alors qu’il faut avoir un discours clair et cohérent. Si on tient un discours gauchiste à l’intérieur du PS alors qu’on mène une action politique beaucoup plus responsable, ça finit toujours par se retourner contre vous. On l’a vu avec Lionel Jospin. Car le grand écart est une position inconfortable.
Et vous, quelles alliances vous prônez ?
Je pense que c’est mieux de gagner avec certrains élus du Modem que de perdre sans eux. A condition que cela se fasse sur des bases claires. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait à Lyon.
Et quand revenez-vous à Lyon ?
Mais je ne suis jamais parti ! Je dois passer à peu près une journée tous les 15 jours à Paris, on ne peut pas dire que ça soit beaucoup. Si les gens ont l’impression que je suis moins à Lyon, c’est tout simplement parce que les journaux parisiens parlent plus de moi.
Vous vous voulez devenir premier secrétaire du PS ?
Non, car on ne peut pas gérer en même temps un grand parti et une grande métropole. C’est incompatible. Moi ce qui m’intéresse, c’est Lyon et de developper cette ville et son agglomération Et je souhaite que cet exemple lyonnais puisse inspirer le Parti socialiste. Car je pense vraiment que si on se tournait davantage vers ce modèle, le PS se porterait mieux.
Qui vous soutiendrez alors pour le poste de premier secrétaire ?
Aucune motion n’obtiendra une majorité absolue. Le futur premier secrétaire sera donc une personnalité de consensus et de rassemblement.
Et pour l’élection présidentielle de 2012 ?
Je pense que le PS doit organiser une primaire ouverte à tous les sympathisants de la gauche plurielle. Exemple, on ne peut pas demander aux Verts de nous soutenir dès le premier tour et de leur imposer un candidat. Bref, une primaire ouverte ne rend pas la victoire inéluctable, mais ça la rend possible.
Et vous allez faire le ménage au sein du PS lyonnais, où des poids lourds comme Jean-Paul Bret vous ont laissé tomber pour soutenir Delanoë ?
Non, la politique ce n’est pas du caporalisme, les élus et les militants font des choix en fonction de leur convictions et il faut respecter cete démarche. C’est tut l’intérêt du débat actuel au PS. En revanche,ceux qui ont été élu à Lyon doivent respecter les engagements qu’il ont pris en n’oubliant pas le discours qu’ils ont tenu aux électeurs. Moi quand je m’engage sur une ligne politique, je m’y tiens. Et je souhaite que ceux qui sont à mes cotés respectent cette règle élementaire.

Propos recueillis par Thomas Nardone

Interview publiée dans le numéro d'octobre de Lyon Mag.



Tags : congrès ps |

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