Lyon : au tribunal ce mardi, Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet et Bruno Bernard attaquent en justice la presse locale

Lyon : au tribunal ce mardi, Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet et Bruno Bernard attaquent en justice la presse locale
Lyon : au tribunal ce mardi, Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet et Bruno Bernard attaquent en justice la presse locale - Montage LyonMag

Ce mardi, le tribunal correctionnel de Lyon va faire passer des journalistes à la barre, poursuivis en justice par les deux candidats principaux aux élections municipales lyonnaises 2026.

Des exemples de conflits, voire de haine, entre des médias lyonnais et des élus, on peut en citer à la pelle. Mais deux procès retentissants en pleine campagne des élections municipales, c'est plus original. Voire inquiétant.

Le 16 octobre 2023, la rédaction de Rue89Lyon ne pensait pas mettre le doigt dans un engrenage infernal et coûteux. La publication de l'enquête de Moran Kerinec et Raphaël Da Silva, "Les Aulas s'envolent en jet privé vers les paradis fiscaux", pointait du doigt les affaires de Jean-Michel Aulas et son fils Alexandre avec Embassair Group International, terminal de luxe réservé aux jets privés à Miami.

Selon le site indépendant, un "tortueux montage de sociétés offshores" reliait "les paradis fiscaux du Delaware, des Îles Vierges britanniques et le Luxembourg".

Le 16 octobre 2023, à la lecture de cet article, Jean-Michel Aulas, déjà ex-président de l'OL, décide de répliquer. Et donc d'attaquer en diffamation le média. Après tout, il a derrière lui une longue liste de prises de bec, publiques ou privées, avec des journalistes lyonnais et nationaux. On se souvient du jour où il a appelé RMC pour s'embrouiller avec Daniel Riolo, ou de sa passe d'armes, toujours à distance, avec Pierre Ménès sur Canal+.

Mais le temps de la justice n'est pas celui de la réaction à chaud sur X. Et qu'à force de réponses, conclusions et renvois, le procès s'est déroulé le 18 novembre, en pleine campagne des municipales, à laquelle Jean-Michel Aulas participe dans le costume du candidat favori. L'image de l'homme d'affaires qui défend ses intérêts et son honneur en 2023, est soudainement devenue celle d'un futur maire de Lyon qui tente de museler la presse de gauche indépendante.

C'est en tout cas la rare brèche dans laquelle s'est engouffrée avec plaisir l'équipe de Grégory Doucet, multipliant les communiqués de soutien à Rue89Lyon. "Ces schémas classiques de “procès-bâillon” ne reflètent pas notre conception du débat démocratique. On ne fait pas taire des questions concernant de potentiels montages financiers en envoyant les journalistes au tribunal. Dans un souci de transparence, M. Aulas doit pouvoir y répondre sur le fond, publiquement, afin que les Lyonnais puissent se faire un avis éclairé sur sa candidature", réagissait ainsi l'union de la gauche sortante dans un communiqué officiel.

Un euro symbolique

Pendant l’audience de novembre, Alexis Chabert, un des avocats du clan Aulas, a notamment avancé l’argument que "sans informations, un journaliste ne devrait pas écrire" et a également pointé du doigt la "mauvaise foi" de Rue89Lyon qui aurait eu la "volonté de nuire à l’image" de JMA. Au final, et au grand dam des écologistes, personne ou presque ne s'est intéressé au cœur de l'enquête, à savoir le montage financier présumé de Jean-Michel et Alexandre Aulas.

En proie à des soucis financiers depuis des années, multipliant les appels aux dons parfois infructueux, Rue89Lyon craignait de ne pas survivre à un procès coûteux, voire à une défaite et des milliers d'euros de dommages et intérêts à verser. Heureusement pour eux, Jean-Michel Aulas a tenté de limiter la casse face à ce dos d'âne dans son parcours jusque-là sans faute. Et n'a réclamé qu'un euro symbolique assorti d'une publication du jugement sur le site du média. Dans le milieu, on appelle ça un cadeau. Rue89Lyon espère tout de même gagner le procès et obtenir le remboursement de ses frais de justice engagés depuis deux ans.

Réponse ce mardi avec le jugement attendu, date à laquelle la campagne a encore pris davantage d'ampleur.

Ce mardi, ce sera justement le moment pour un autre média lyonnais de passer devant les juges de la chambre de presse du tribunal correctionnel de Lyon. Et cette fois, il n’y aura pas d’euro symbolique demandé. Car Grégory Doucet et Bruno Bernard semblent déterminés à faire payer à Lyon People la couverture de leurs mandats depuis 2020. Nos confrères, pour avoir titré "Accident mortel à Lyon. Doucet et Bernard ont deux nouveaux morts sur la conscience" le 16 février dernier, après un accident tuant deux jeunes à trottinette dans une zone en chantier avenue Félix-Faure, ont donné aux Verts le bâton pour se faire battre qu’ils attendaient tant.

"Les écologistes veulent s’offrir mon scalp, alors que je n’ai jamais été poursuivi pour diffamation en 25 ans de carrière à la tête de la rédaction de Lyon People. Je ne me laisserai pas dépuceler judiciairement à l’insu de mon plein gré", nous glisse le rédacteur en chef Marco Polisson, qui avait récolté pour son titre un peu plus de 10 000 euros via une cagnotte en ligne.

Un procès aux frais des Lyonnais

Si Jean-Michel Aulas pouvait facilement se défendre d’attaquer Rue89Lyon en tant que candidat à la Ville de Lyon, Grégory Doucet n’a pas ce luxe. Officiellement candidat à sa succession depuis janvier 2023, l’édile veut faire taire la voix la plus virulente à son égard depuis 2020. Et ce, aux frais des Lyonnais puisqu’il a fait voter le conseil municipal le 27 mars dernier pour bénéficier de la protection fonctionnelle, c’est-à-dire la prise en charge intégrale des frais de justice par la Ville de Lyon.

Dans l’entourage du maire, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation à torpiller Lyon People, tant chaque titre, article ou montage du magazine n’a fait qu’accentuer la haine que lui vouent les écologistes. Car s’il y a bien quelque chose que Grégory Doucet exècre par-dessus tout, en le prouvant à maintes reprises durant le mandat, c’est qu’on puisse penser autrement, voire qu’on conteste ses choix et mesures

Ce 20 janvier donc, à un peu moins de deux mois du premier tour des élections municipales, l’avenir de deux médias locaux se jouera au tribunal face aux deux candidats principaux du scrutin. Et si 2020-2026 n’aura pas été un beau mandat pour la diversité d’opinions médiatiques à Lyon, ce double épisode ne laisse rien présager de bon pour les six prochaines années.

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Oyé braves gens le 20/01/2026 à 07:28

Quand la presse accuse quelqu'un, il faut apporter des preuves ou alors se contenter de parler de soupçons.

Après, on voit bien que nous sommes entrés dans une période où certains voudraient museler la presse. C'est ce qu'on appelle la censure.

Ce qui est grave, c'est quand France Inter du service public, payé par nos impôts, défend ouvertement la censure. Le monde à l'envers...

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Lyontoujours le 20/01/2026 à 07:14

La se voit la différence de valeurs des candidats. Aulas, lui ne réclame que l euro symbolique alors qu'il y a diffamation et que sa défense est assurée par ses fonds propres.
Doudou et les gauchos eux non seulement réclament de l argent mais en plus ils font payer aux contribuables lyonnais leurs egos démesurés. L' habitude de ne vivre que de subventions publiques sans doute....
On n oublie rien.....
JMA ❤️ ❤️ ❤️

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Obsdu9 le 20/01/2026 à 07:12

"Car s’il y a bien quelque chose que Grégory Doucet exècre par-dessus tout, en le prouvant à maintes reprises durant le mandat, c’est qu’on puisse penser autrement, voire qu’on conteste ses choix et mesures".

Tout est dit.

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Marrant le 20/01/2026 à 07:06

Moi ce que je retiens ici c'est que les frais de justice engagés par Mr Doucet seront sur le dos du contribuable.
On a des personnalités depuis des années qui pensent pouvoir se servir de l'argent public à leur guise... d'où les caisses vides.
Ici Doucet
Mais NVB à la cours des comptes c'est la même logique.

Pour eux on n'est que les nouveaux serfs sous la coupe de cette caste de parasites qui pompent depuis des décennies l'énergie et la richesse de ce Pays.

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