Depuis sa présentation début janvier, le projet de nouveau tunnel de contournement de Fourvière défendu par Jean-Michel Aulas et l’élue LR Véronique Sarselli fait l’objet de nombreuses critiques, notamment de la part des écologistes lyonnais, qui en dénoncent le coût, la faisabilité et l’efficacité supposée.
Lors de son meeting du samedi 17 janvier, le maire sortant de Lyon, Grégory Doucet, a une nouvelle fois attaqué frontalement cette proposition, évoquant "un projet qui fera les poches des automobilistes et la ruine de la collectivité." Une charge reprise par plusieurs élus écologistes, qui se sont également appuyés sur une déclaration récente du ministre des Transports pour tenter de fragiliser le camp adverse.
Invité le 13 janvier sur le plateau de Public Sénat, Philippe Tabarot avait en effet reconnu : "Je vais être franc avec vous, je ne connais pas le détail du projet. Je n'ai pas vu M. Aulas, il ne me l'a pas présenté", avait-il déclaré, avant de tempérer en soulignant les également les contraintes financières et environnementales de ce type d’infrastructure. Le ministre s’était même laissé aller à une formule ironique : "Je pense qu'il y a plus de chances que Lyon remporte avant la Ligue des Champions qu'on soit à l'inauguration du projet (rires)."
Des propos dont se sont aussitôt saisis les écologistes lyonnais, y voyant un désaveu du projet de méga-tunnel.
Une lecture que Jean-Michel Aulas conteste fermement. Ce lundi 19 janvier, le candidat aux municipales a tenu à remettre les choses à l’heure dénonçant "une méconnaissance de la réalité" autour du dossier. "Il y a une méconnaissance de la réalité depuis que le projet a été présenté par Véronique et moi-même, par la plupart des grands intervenants sur ce projet," a-t-il affirmé.
"Une déclaration hâtive"
Sur la question centrale du financement, Jean-Michel Aulas assure avoir d’ores et déjà engagé des discussions avec plusieurs acteurs majeurs. "J'ai mobilisé, en liaison avec Véronique, la plupart des grands financeurs. J'étais la semaine dernière à la Caisse des dépôts, on a vu du côté de l'Europe et avec un certain nombre d'autres grands financeurs.", explique-t-il, avant de conclure : "Contrairement à ce qui a été dit, ce projet de tunnel est non seulement finançable sur le plan de l'investissement, mais aussi sur le plan de l'accompagnement sur le long terme."
Véronique Sarselli, candidate à la présidence de la Métropole de Lyon et partenaire politique de Jean-Michel Aulas, a de son côté rappelé les objectifs affichés du projet. "La première annonce que nous avons faite ensemble, le 5 janvier, c'était ce projet de nouvelle traversée de Fourvière. Un projet important, un projet ambitieux", souligne-t-elle, en insistant sur ses effets attendus : "L'objectif de ce projet, c'est d'enlever les voitures de la surface pour récupérer plus de 45 hectares qui pourront être transformés en espaces verts et donc qui pourront améliorer la qualité de vie des Lyonnais."
Quant aux propos du ministre des Transports, Jean-Michel Aulas assure les avoir directement évoqués avec lui. "J’ai eu directement le ministre. Il va s'exprimer cette semaine pour dire exactement quel est le fond de sa pensée", assure-t-il, invitant à relativiser les déclarations passées. "Oubliez cette déclaration qui a été faite un peu de manière hâtive", insiste-t-il.
Et de conclure, en réponse aux doutes persistants : " Pour nous, ce n'est absolument pas un problème de financement. Alors, je conçois que des gens qui n'ont pas l'habitude de ce genre d'ouvrage puissent imaginer que ça pose des problèmes. Mais quelquefois, ce sont des réponses politiques. Moi, je vous fais une réponse pragmatique. Quand j'ai voulu construire le stade à Décines, on m'a dit aussi que ça n'était pas possible. Et puis, en fait, aujourd'hui, je crois qu'en dix ans, il y a 18 millions de personnes qui sont venues au stade..."
je ne sais pas si quelqu'un a fait le calcul d'un emprunt à 7% (rentabilité super minimum des capitaux privés dans ce type d'infra) de 2 Md€ avec différé d'amortissement de 5 ans (durée du chantier au vu des aléas) et 25 ans de remboursement annuel... cela donnera une petite idée du loyer annuel d'investissement.
Signaler RépondreIl faudra y ajouter les coût d'exploitation annuel, ... dont la sécurité...
Et ensuite on regarde qui veut venir financer .... sans doute pour une faible part par des recettes de péage et pour le solde ???
le problème est d'abord un pb de financement... en sachant que les privés ne viendront pas sans une garantie publique
M. Aulas est justement trop informé pour ignorer cette réalité : pour son stade, il a à l'époque bénéficié d'une garantie bancaire du département du Rhône, mais pour un tunnel au moins dix fois plus cher - si cette garantie n'est pas locale (trop grop), si ce n'est pas l'Etat (trop endetté et d'autres priorités...), c'est le père noël ???
Vous êtes sévères. Il avait fait une étude technico-économique très solide sur les pissotières dégenrées.
Signaler RépondreQuand je vois ces projets, j’ai peur : des mégas travaux, un méga projet de transport pour : le stade de l’OL… j’espérais mieux. Bien mieux…
Signaler RépondreIl promet quoi au juste ? Encore des années de travaux ?
Signaler RépondreD'un côté la gestion des finances de la ville par des militants ayant un CV qui tient en 4 lignes.
Signaler RépondreDe l'autre la vision éclairée d'un homme gestionnaire qui a fait ses preuves dans le monde de l'entreprise et celui du foot
Tout est dit..
C'est sûr que ça change pour Doucet qui se limite question economie aux épiceries solidaires et autres friperies...
Signaler Répondre2 milliards qui augmenteront à 6 milliards d'euros au final pour quelques centaines de bagnolards venus de l'ouest, c'est NON.
Signaler RépondreCette idée va je pense plomber la fugace tentation pour certains de voter pour cet attelage " Mairie Métropole " renouvelé.
Signaler RépondrePourquoi insister sur un projet qui est inutile et cher.
C etait un " ballon d essai " .
Loupé
FAut pas insister
Ça sent la relégation en D2