Près de 200 riverains vivant au sud de Lyon ont engagé une action civile inédite contre les groupes Arkema et Daikin Chemical. En cause : la pollution aux PFAS, ces substances surnommées polluants éternels, qui contaminent durablement l’environnement et suscitent de vives inquiétudes sanitaires.
Selon les associations accompagnant les plaignants, 192 requérants, dont 25 mineurs, ont assigné les deux industriels devant le tribunal judiciaire de Lyon. Chacun réclame 190 000 euros, soit un total de 36,5 millions d’euros pour divers préjudices subis. "C’est la plus importante action civile en justice en Europe sur ce sujet", a déclaré à L’AFP Emma Feyeux, juriste pour l’association Notre affaire à tous, à l’origine de la procédure.
Des risques sanitaires graves
Les plaignants reprochent aux industriels d’avoir rejeté environ 3,5 tonnes de PFAS par an dans le Rhône, entraînant une contamination étendue du territoire. Des risques pourtant "connus depuis les années 1990", selon les associations.
L’assignation fait état de plusieurs catégories de préjudices. Les requérants évoquent d’abord des atteintes à la santé, citant notamment des cancers, des dérèglements hormonaux, un taux de cholestérol anormalement élevé ou encore des retards de grossesse. Ils dénoncent également un préjudice psychologique, marqué par le stress et l’anxiété provoqués par la découverte de cette pollution durable. Enfin, les riverains font valoir un préjudice de jouissance, expliquant qu’ils ne peuvent plus consommer l’eau du robinet, les œufs issus de leurs poules ni les fruits et légumes cultivés dans leurs jardins.
Daikin Chemical France indique avoir "pris connaissance de l’assignation" et assure qu’elle analysera son contenu. L’entreprise affirme mettre "tout en œuvre depuis plusieurs années pour produire de manière responsable et maîtriser son impact environnemental." De son côté, Arkema n’a pas souhaité commenter, invoquant une procédure judiciaire en cours.
En parallèle de cette action civile, une enquête judiciaire est en cours pour des faits de "mise en danger de la vie d’autrui" ou encore "écocide". Une expertise indépendante a par ailleurs été ordonnée afin d’évaluer la responsabilité historique des industriels.
cela fait bientot 25 ans que nos élus savaient
Signaler Répondreje veux bien toucher un petit 200K aussi même si je suis pas riverain direct
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