Lyon : Kamel Kabtane réclame des comptes à l’État sur les 10 millions d’euros promis à la Fondation de l’islam de France

Lyon : Kamel Kabtane réclame des comptes à l’État sur les 10 millions d’euros promis à la Fondation de l’islam de France
DR

Après le retrait de la reconnaissance d’utilité publique de la Fondation de l’islam de France, Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon, met directement en cause l’État. Il réclame notamment des explications sur les 10 millions d’euros de soutien annoncés par Emmanuel Macron en 2020.

Le retrait de la reconnaissance d’utilité publique de la Fondation de l’islam de France provoque une vive réaction à Lyon.

Kamel Kabtane, secrétaire général de la Fondation, recteur de la Grande Mosquée de Lyon et président de l’Institut français de civilisation musulmane, dénonce "l’échec d’une promesse républicaine".

Dans un communiqué diffusé jeudi 13 août, il refuse que les difficultés de la Fondation soient uniquement présentées comme une incapacité à réunir les ressources nécessaires à sa survie. "Son extinction financière était annoncée depuis longtemps", affirme-t-il.

Les 10 millions d’euros annoncés en 2020 au cœur des critiques

Kamel Kabtane revient notamment sur l'annonce d’Emmanuel Macron. Lors de son discours des Mureaux en octobre 2020, le président de la République avait promis la mobilisation de 10 millions d’euros pour soutenir les initiatives de la Fondation.

Or, la somme n'est toujours pas parvenue aux intéressés.

"Comment peut-on annoncer solennellement le soutien de l'État à une institution, la laisser progressivement privée des moyens nécessaires à l'accomplissement de sa mission, puis constater son incapacité à poursuivre son objet ?", interroge Kamel Kabtane.

Il réclame désormais à l’État "toute la transparence sur les engagements pris envers la Fondation de l'islam de France", en particulier sur la nature des financements annoncés en 2020, leur éventuelle mobilisation et les raisons pour lesquelles ils n’ont, selon lui, pas permis de pérenniser l’institution.

"Une occasion manquée pour la République"

Créée comme une structure culturelle et laïque, et non comme un organisme cultuel, la Fondation avait pour vocation de développer la connaissance de l’islam, la recherche, l’éducation, la formation universitaire et l’accès aux cultures et civilisations de l’Islam.

Kamel Kabtane met en avant les formations universitaires, bourses, travaux de recherche, conférences et projets culturels menés pendant près de dix ans. Le recteur de la Grande Mosquée de Lyon voit dans la disparition de la Fondation une contradiction avec les objectifs affichés par les pouvoirs publics en matière de lutte contre les radicalités et les ingérences étrangères.

"On ne peut pas demander constamment aux musulmans de France de construire des institutions solides, transparentes, françaises et pleinement inscrites dans le cadre républicain, tout en laissant dépérir celles qui répondent précisément à ces exigences", estime-t-il.

"C'est une occasion manquée pour la République", poursuit-il appelant plus largement à clarifier la politique française à l’égard de l’islam et des citoyens musulmans, plaidant pour une stratégie de long terme fondée sur "la confiance, la responsabilité, la connaissance, la formation et le soutien aux initiatives".

"Nous refusons que la disparition annoncée de la Fondation de l'islam de France se résume à quelques lignes au Journal officiel. La République doit aussi rendre compte de ses promesses", conclut Kamel Kabtane.

3 commentaires
Laisser un commentaire
avatar
sacré kamel sans filtre le 14/08/2026 à 08:01

le Mozart va en faire rentrer 250 000 chaque année en France! ça va nous couter surement plus que 10 milliards 🤔🤔

Signaler Répondre

avatar
mains propres le 14/08/2026 à 07:58

Kabtane a été impliqué dans la défense du groupe scolaire Al-Kindi, un établissement privé musulman qui a perdu son contrat avec l’État en raison de la diffusion de manuels jugés ultra-islamistes
islamisme.org
islamisme.org
+1
. Il a également été critiqué pour ses liens supposés avec des figures ou mouvements liés aux Frères musulmans, bien qu’il conteste ces accusations et considère que certains rapports exagèrent l’influence de ce mouvement dans le Rhône

Signaler Répondre

avatar
Surprise le 14/08/2026 à 07:47

il ne savait pas que macron raconte tout et n'importe quoi et surtout au niveau des promesses

Signaler Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.
Les champs requis sont identifiés par une étoile *
Si vous avez un compte Lyon Mag, connectez-vous.
Nous ne vous enverrons pas d'email sans votre autorisation.

Le compte Lyon Mag est gratuit et facultatif. Il vous permet notamment de réserver votre pseudonyme pour les commentaires, afin que personne ne puisse utiliser le pseudo que vous avez enregistré.
Vous pouvez créer un compte gratuitement en cliquant ici.