"Je ne reconnais pas mon pays" : Grégory Doucet s'inquiète de la montée du racisme et appelle à l'union de la gauche

"Je ne reconnais pas mon pays" : Grégory Doucet s'inquiète de la montée du racisme et appelle à l'union de la gauche

Dans un entretien accordé à Mediapart ce jeudi 5 novembre, le maire de Lyon Grégory Doucet livre un constat particulièrement préoccupé sur la situation politique et sociale de la France. Dénonçant la progression du racisme et de l'extrême droite, l'élu écologiste appelle également les forces de gauche à dépasser leurs divisions en vue des élections de 2027.

Grégory Doucet ne cache pas son inquiétude face à l'évolution du climat politique français.

Interrogé par Mediapart, le maire écologiste de Lyon revient notamment sur les manifestations de militants d'extrême droite organisées ces dernières semaines dans sa ville et sur l'attentat raciste du 23 octobre à Trappes et La Verrière.

Des événements qui l'amènent à dresser un constat sévère sur la société française.

"Je ne reconnais pas mon pays", déclare l'édile, qui estime que le racisme et l'acceptation des discriminations ont fortement progressé.

Grégory Doucet réclame notamment une réponse ferme des autorités face aux actions de l'ultradroite et rappelle que sa municipalité prépare un plan de lutte contre les discriminations ethnoraciales.

Grégory Doucet critique certaines restrictions à Lyon

Le maire lyonnais revient également sur les mesures de sécurité adoptées après les violences survenues lors des manifestations d'octobre.

Il explique avoir exprimé son désaccord avec plusieurs décisions préfectorales, notamment les restrictions de circulation et les interdictions de manifester.

Il critique aussi la fermeture de plus de 50 kilomètres de lignes de transports en commun, décidée le week-end précédent, dont il assure avoir été informé le jour même.

L'édile reconnaît néanmoins son obligation de participer à l'application des décisions prises par les autorités compétentes.

Jusqu'à 25 millions d'euros de pertes budgétaires redoutées

Jusqu'à 25 millions d'euros de pertes budgétaires redoutées

Autre sujet de préoccupation : les finances municipales.

Selon Grégory Doucet, la Ville de Lyon pourrait perdre entre 20 et 25 millions d'euros de budget de fonctionnement en raison des restrictions budgétaires nationales.

"L'État nous taille des croupières depuis plusieurs années, mais cette année est particulièrement douloureuse", affirme-t-il.

Il compare cette somme au coût de l'ensemble de sa politique de sécurité ou de solidarité.

Pour autant, le maire refuse de considérer les collectivités comme impuissantes. Il met en avant le bilan de son action municipale, notamment les 30 hectares de nature qu'il affirme avoir regagnés en six ans et la part de produits biologiques dans les cantines scolaires, désormais portée à 65 %.

Une union de toute la gauche pour les législatives de 2027

À quelques mois de la présidentielle, Grégory Doucet appelle surtout son camp politique à retrouver une capacité de rassemblement.

Il considère les élections législatives comme l'objectif prioritaire pour permettre à la gauche de gouverner, et défend une alliance englobant toutes ses composantes, de La France insoumise au Parti socialiste en passant par Les Écologistes.

"Il faut que la personne pour qui on votera à la présidentielle soit capable de travailler avec toute la gauche", estime le maire de Lyon.

Sur son territoire, il annonce ainsi vouloir soutenir les quatre parlementaires sortants de gauche : Marie-Charlotte Garin, Boris Tavernier, Sandrine Runel et Anaïs Belouassa-Cherifi.

Concernant l'élection présidentielle, le maire réaffirme son soutien à Marine Tondelier, tout en refusant de fermer la porte à une évolution de la stratégie électorale.

Le vote des adhérents écologistes du 13 décembre sera, selon lui, déterminant.

La mobilisation des jeunes comme motif d'espoir

Malgré ses inquiétudes, Grégory Doucet voit dans les mobilisations lycéennes et étudiantes un signe encourageant.

"Ces jeunes nous donnent une leçon d'égalité et ça a quelque chose de très enthousiasmant", affirme-t-il.

Il salue leur engagement contre les discriminations et les inégalités, tout en jugeant insuffisantes les premières mesures gouvernementales sur l'éducation et Parcoursup.

Pour le maire de Lyon, la prochaine élection présidentielle doit permettre de dépasser la gestion immédiate des crises pour confronter de véritables projets de société.

Il cite notamment la lutte contre le changement climatique comme l'un des enjeux majeurs des prochaines années.

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