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Christophe Barbier juge Gérard Collomb

Directeur de la rédaction de L’Express, Christophe Barbier juge la démarche de Gérard Collomb pour réformer le PS.

Pourquoi Gérard Collomb n’a toujours pas réussi à s’imposer sur la scène politique nationale ?
Christophe Barbier : Jusqu’à sa réélection en mars dernier, je pense que Gérard Collomb a été victime d’un double complexe par rapport à ses prédécesseurs, Michel Noir et Raymond Barre. Un complexe de prudence vis-à-vis de Michel Noir, qui avait dynamisé et embelli Lyon sous son mandat, mais avec les dérives que tout le monde connaît. Du coup, la stratégie de Gérard Collomb était imprégnée de la fameuse discrétion lyonnaise.
Et pourquoi il complexait vis-à-vis de Barre ?
Parce qu’il souffrait d’un manque de notoriété. Et c’est vrai qu’il ne pouvait pas rivaliser avec un ancien Premier ministre. Ce double complexe a poussé Gérard Collomb à s’inscrire dans la proximité pendant son premier mandat. C’était un Lyonnais au service des Lyonnais. Sa priorité étant d’être réélu. Pas d’être une vedette médiatique.
Collomb peut devenir médiatique ?
Aujourd’hui, il n’est pas très à l’aise avec les médias. Or quand on veut avoir une notoriété nationale, il faut avoir un certain savoir-faire compatible avec le journal de 20h. Tout en marquant sa différence. Car pour exister, il faut incarner une voie originale.
Collomb est condamné à rester marginal au niveau national ?
Non, mais sa stratégie, c’est d’exister nationalement à travers ses réalisations à Lyon. Donc il avait besoin de faire un premier mandat. Et son bilan est bon, avec notamment les berges du Rhône et les Velo’v, qui ont attiré les regards des journalistes parisiens sur Lyon. Quand je suis descendu sur Lyon en septembre dernier, j’ai été frappé de voir à quel point les Lyonnais pensent que c’est un maire visionnaire, bâtisseur... Je me suis promené avec lui dans les rues de la ville, les gens l’abordaient pour le féliciter.
Vous pensez que son image est en train de changer ?
Oui, car il profite d’un bon bilan et d’une réélection triomphale, mais aussi d’une décantation du PS, qui le pousse à se situer au sein du parti. Trois facteurs qui lui donnent une audience nationale.
Ce que vous pensez de sa volonté de réformer le PS par la base, en prenant exemple sur le succès des élus locaux ?
S’il y a un domaine où ses prises de position seront écoutées, c’est tout ce qui relève de la politique de la ville. Un mélange de projets architecturaux forts et de mixité sociale mais aussi de protection de l’environnement. D’ailleurs, Lyon peut être une sorte de laboratoire pour le PS.
Mais vous pensez que sa démarche peut s’imposer au PS ?
J’ai un doute. Je pense que ce sera plus facile et plus intéressant pour Collomb d’être une force d’appoint, de Delanoë, Royal ou Aubry. Car pour le moment, l’opération Collomb-Guérini, c’est un peu du ni-ni. Ce qui n’est pas suffisant pour fédérer. Ils risquent donc de finir par soutenir une motion. A Collomb de bien négocier son ralliement pour faire partie de l’équipe dirigeante du PS.



Tags : congrès ps | christophe barbier |

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